PROGRAMME AU JOUR LE JOUR

Tuesday 18 April 2017

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les résidences d’écriture

Thursday 2 February 2017

Résidence d’écrivain 17 – 1er avril >30 mars

 

La MC2 : Grenoble et le collectif artistique Troisième bureau s’associent pour manifester publiquement leur curiosité et leur intérêt partagés pour les écritures théâtrales d’aujourd’hui en accueillant en résidence, avec le soutien du Centre National du Livre, l’autrice suisse Antoinette Rychner.

 

 

Antoinette Rychner, auteure suisse d’expression française, est née en 1979. Diplômée de l’Institut Littéraire, elle pratique des écritures destinées à la scène autant qu’aux livres. Parmi ses pièces publiées on trouve  De mémoire d’estomac (Lansman, 2011) ; Intimité Data Storage (Les Solitaires Intempestifs, 2013) et )à paraître en février 2017 Arlette. En 2015 paraît son roman Le Prix, chez Buchet Chastel, qui lui vaut le Prix Dentan 2015, et un Prix suisse de littérature 2016. Elle expérimente les lieux d’écriture lors de résidence dans un phare sur une île de Bretagne (2011), à Berlin (2012), en 2016 en Pologne à Ryn, au Panta Théâtre à Caen, puis elle est invité au Burkina Faso et au Bénin pour un « jukebox littéraire ». Elle produit également des performances scénico-littéraires.

 

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>>Le Tumblr de la résidence <<

 

> LECTURE PUBLIQUE  suivi d’une rencontre avec l’autrice

ARLETTE
de Antoinette Rychner
Éditions Les Solitaires Intempestifs, 2017

Avec Léo Ferber, Danièle Klein, Sarah Barrau, Sophie Vaude, Stéphane Czopek, Hélène Gratet, Bernard Garnier.
Lecture dirigée par Sylvie Jobert

Si Arlette est bien réelle, c’est toute la réalité qui l’entoure qui fuit, suinte, grince, glisse et se déplace. Arlette a peur d’arriver en retard pour dire un dernier adieu à son père mourant, mais elle tombe sur sa sœur qui ne sait pas quoi se mettre pour aller au remariage de leur père…

Antoinette Rychner propose face à toutes les virtualités qui nous entourent une situation de théâtre qui met en jeu les réalités concurrentes qui nous habitent. Antoinette créé avec Arlette une voyageuse de la conscience. Elle fabrique un personnage pétri de réel ; sa langue, sa vie, ses rencontres sont uniques et particulières, et pourtant, cette plongée dans un univers parallèle à sa propre vie nous entraîne à nous interroger nous-mêmes : que ferions-nous si nous pouvions revivre quelques instants et refaire mieux ces quelques actes manqués.

Date et heure : 13 mars 2017 à 19h30
Lieu : Le Petit Angle / 1 rue du président Carnot / Grenoble
Entrée libre

 

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>>Voir les photos de la lecture<<

 

> LE PROJET D’ÉCRITURE

Pièces de guerre en Suisse est un projet de trilogie théâtrale. Les trois pièces devraient s’intituler respectivement : Rétablissement de la peine de mort, Les ennemis et Grande paix.

Qu’on parle du rétablissement de la peine de mort, de la peur d’être « envahi » par les migrants qui affluent ou de situations de consumérisme paisible en apparence, la chose explorée travaille toujours autour des représentations de la violence dans l’esprit d’un peuple qui n’a, de fait, pas ou très peu connu de conflits armés, mais dont le pays, n’étant pas aussi étanche que l’appellent à l’être les discours politiques les plus populistes et isolationnistes, participe à générer de la violence dans le monde.
C’est un texte qui va travailler sur les contrastes, les frottements. C’est la Suisse qui sera explorée en priorité, et sa conscience, mais idéalement le texte devrait pouvoir concerner l’Occident dans son ensemble. Il y aura un mélange de particularités suisses et, on l’espère, de dimension universelle.

 

 

> LES « APÉROS » D’ANTOINETTE

Afin de faire connaissance avec l’autrice Antoinette Rychner, quoi de mieux que des apéros d’avant spectacle à la « cantine » de la MC2 : Grenoble.
Ces trois rendez-vous seront ponctués de lectures par l’autrice d’extraits de son texte en cours d’écriture.
Dates : Vendredi 24 mars, mardi 4 et vendredi 14 avril 2017 à 19h
Lieu : La Cantine / MC2 :Grenoble

 

> LES « IMPROMPTUS » D’ANTOINETTE

Des moments « surprise » seront offerts au public de la MC2 par de brèves lectures de textes d’Antoinette Rychner.

 

> ANTOINETTE RYCHNER AU PRINTEMPS DU LIVRE

Antoinette Rychner participera à un duo avec l’écrivain Serge Joncour dans le cadre de «Je lis donc j’écris»
Date : Vendredi 7 avril 2017 à 16h30
Lieu : Auditorium du Musée de Grenoble
(voir programme du Printemps du livre de Grenoble)

 

> LES RENCONTRES LYCÉENNES

Durant sa résidence, Antoinette Rychner participera à des rencontres avec des classes ayant travaillé sur sa pièce Arlette. ces rencontres se dérouleront dans des établissements de l’Académie de Grenoble dans le cadre d’une collaboration avec le Printemps du livre de Grenoble et la DAAC – Délégation Académique aux Arts et à la Culture.


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Résidences d’écrivains – 16
affirmer la place des auteurs dans les théâtres

grâce au soutien du Centre National du Livre,
deux résidences ont eu lieu de la mi-février à la mi-mai 2016

Troisième bureau, la MC2 : Grenoble et le Tricycle travaillent mutuellement à la présence des auteurs et des écritures dramatiques d’aujourd’hui dans les théâtres et dans la ville par la mise en œuvre de résidences d’écrivains.

L’écriture de Julie Aminthe se donne comme mission de réinterroger ce qui déclenche le rire chez nous et plus précisément la place de la comédie. Il y a chez Julie Aminthe un véritable souci de prendre la tangente et de regarder le monde par un bout dont nous n’avons pas l’habitude, et ce en commençant par dépoussiérer avec force un espace dramatique qui s’est éteint dans les comédies féroces de Feydeau.

Après un Master Sciences Humaines et Sociales mention Philosophie, Julie Aminthe intègre le Conservatoire d’Art Dramatique de Toulon. C’est à cette période qu’elle commence à se consacrer à l’écriture-pour-le-théâtre. de 2008 à 2011, elle est élève à l’ENSATT au département d’écriture dramatique dirigé par Enzo Cormann. Ses textes ont été mis en scène par Philippe Delaigue, Olivier Maury et Frédéric Borie. En 2012, elle reçoit les encouragements du CNT pour sa pièce Une famille aimante mérite de faire un vrai repas

La résidence de Julie Aminthe sera portée plus spécifiquement par le Tricycle et le collectif Troisième bureau.

 

 

L’écriture de Nicoleta Eisnencu est une écriture furieuse et saccadée, à mi-chemin entre la poésie et le récit, les voix s’entremêlent et s’entrechoquent pour reconstituer les fragmentes de notre histoire que l’on croit parfois connaître et dont pourtant nous en avons oublié les détails. Son processus de travail rassemble en son sein deux grandes esthétiques de l’histoire du théâtre : celle du mouvement in your face anglo-saxon et celui du théâtre documentaire tel que l’ont pensé Erwin Piscator et Peter Weiss.

Née en 1978 en Moldavie, Nicoleta Esinencu représente un courant dramaturgique très manifeste en Europe de l’Est où des auteurs jeunes s’exprimant dans une société en mutation n’ont plus besoin de dissimuler ce qu’ils ont à dire.
Les œuvres de Nicoleta Esinencu sont jouées en Europe. Elle a été titulaire d’une bourse d’études à Stuttgart en 2003 puis en 2005. Elle a été invitée en résidence d’auteur en 2006 au Centre International d’Accueil et d’Échanges des Récollets. En 2010, Nicoleta Esinencu a ouvert à Chisinau le Teatru-spalatorie (Le Théâtre-laverie), où elle met ses textes en scène et programme ceux d’autres jeunes auteurs.

La résidence de Nicoleta Eisnencu sera portée plus spécifiquement par la MC2:Grenoble et le collectif Troisième bureau.

 

 

En accueillant des auteur-e-s en résidence, les trois structures souhaitent contribuer à la naissance d’écritures dramatiques sans la contrainte d’une commande, œuvrer à leur représentation sur nos scènes et ailleurs et permettre la rencontre avec leurs auteur-e-s.
Moins repérées car méconnues, les écritures théâtrales contemporaines nécessitent une démarche d’accompagnement auprès des publics. Pour faire découvrir que tous les auteurs de théâtre ne sont pas morts et que le langage qu’ils portent dans leurs écritures est en phase avec notre époque et avec nos interrogations.

 


Résidences d’écritures – 15
Laura TIRANDAZ

En partenariat avec le Tricycle Théâtre et avec le soutien de la Région Rhône-Alpes,
nous accueillons en résidence d’écriture l’auteure Laura Tirandaz pendant trois mois. Dans le cadre de sa résidence, elle animera des ateliers à l’université de Grenoble (en partenariat Radio Campus), au Conservatoire à rayonnement régional de Grenoble, au lycée Les Eaux-Claires, et au Centre Hospitalier Alpes Isère.

 

 

  • ÉCRITURE DRAMATIQUE ET FAITS DIVERS

Atelier d’écriture – Conservatoire à rayonnement régional de Grenoble

Ce projet à destination des élèves du Conservatoire a pour objet de travailler l’entrée dans l’écriture dramatique contemporaine par le fait divers notamment à partir de la lecture et l’étude de deux œuvres : L’Apathie pour les débutants de Jonas Hassen Khemiri et Suzy Storck de Magali Mougel.
Cet atelier d’écriture sera suivi par un atelier de mise en jeu (à partir des textes produit en atelier d’écriture) avec Benjamin Moreau, Cie l’Atelier metteur en scène de Choco Be (éd. Théâtre Ouvert) de Laura Tirandaz, présenté en mars au Tricycle (coproduction Tricycle, MC2)

 

  • GÉOGRAPHIE POÉTIQUE : L’INVENTION D’UN TERRITOIRE

Atelier d’écriture – Terminales L du lycée Les Eaux-Claires à Grenoble, en collaboration avec les professeurs de philosophie et lettres, Thierry Chavanne et Valérie Gauthier

Il s’agira d’inventer la carte de la ville à l’instar du poème de Gatti, Le bombardement de Berlin. Ce poème représente la carte de la ville avec ses rues, ses fleuves, ses majuscules où le FEU qui brûle dans la cité éclaire et consume tout l’espace du poème. Dans un format A3, le poème devient un espace où la lecture – à l’instar – des calligrammes est multiple. Différentes entrées sont possibles et le lecteur « visite » la page, flâne entre les mots comme un promeneur dans une ville.

 

  • LABO : ÉCRIRE DES HISTOIRES RADIOPHONIQUES

Ateliers d’écriture – Radio Campus, et mise en voix avec Laura Tirandaz et Laurent Buisson

Écrire pour la radio, c’est utiliser l’absence d’images visuelles afin de se concentrer sur la langue, la métaphore ou la musique. Cet atelier sera l’occasion ainsi d’une exploration de ce genre, de l’élaboration d’une fiction commune, en plusieurs épisodes, ayant pour fin d’être enregistrée par les participants. Ainsi, les étudiants pourront expérimenter le geste d’écriture jusqu’au montage des différentes propositions, jusqu’à l’aboutissement d’une forme sonore (en lien avec un compositeur lors des dernières séances).

 

 

Magali MOUGEL

En partenariat avec la MC2 : Grenoble et avec le soutien du Centre National du Livre, nous accueillons en résidence d’écriture l’auteure Magali Mougel pendant quatre mois.
Dans le cadre de sa résidence, elle animera des ateliers avec des élèves du collège Münch, des internes des Lycées Argouges et Les Eaux-Claires, des étudiants en arts de l’Université Stendhal et de l’ESAD, et invitera des auteurs pour des rencontres croisées et lectures d’inédits aux Samedis . 17h à la MC2.

 

 

  • COLLÉGIENS EN JEU

Écriture au plateau – Collège Münch

Le projet central d’animation littéraire de cette résidence, collégiens en jeu, s’adresse aux collégiens de 5e SEGPA du collège Münch. Il mobilise l’auteure Magali Mougel, trois comédiennes, une mise à disposition technique d’un plateau au sein de la MC2 et se déroule sur trois journées. Chaque temps avec les collégiens sera précédé de moments « laboratoire » de préparation avec les comédiennes.

 

  • PAROLES D’INTERNES

Atelier d’écriture – Internats des lycées Argouges et des Eaux Claires

Le deuxième projet, paroles d’internes, concerne des lycéens « particuliers », celles et ceux vivant en internat. Le projet se déroule sur dix séances à raison d’une par semaine avec des élèves d’internat des Lycées Les Eaux-Claires et Argouges. C’est tout à la fois « hors » et « dans » le contexte scolaire que se fait cet atelier. Une invitation faite au participant à découvrir le coin cuisine de l’écriture.

 

  • ÉCRIRE SUR UN PLATEAU

Écriture au plateau – étudiants en arts
Le troisième projet « laboratoire », qu’est-ce que raconter une histoire, pose la question de l’écriture et de son rapport au plateau. Il s’adresse à un public étudiant qui se destine à travailler dans les établissements culturels (étudiants en arts du spectacle de l’Université Stendhal Grenoble III et de l’école supérieure d’art et de design de Grenoble). Le projet se déroulera « naturellement » sur un des plateaux de la MC2.

 

  • LES SAMEDIS.17H

Le quatrième projet, les samedis.17h, est une invitation faites aux publics à rencontrer des auteurs et des écritures en cours. Ces rendez-vous « brouillons » se déroulent les samedis à 17 h la MC2 près de la Cantine, lieu de croisements et de rencontres.
Magali Mougel invitera Claire Rengade, David Léon et Antoinette Rychner, échanges et discussions autour de leur écriture et lectures d’inédits…

 


Résidence d’écriture – 11
Samuel Gallet

avec le soutien de la Région Rhône-Alpes

Une résidence est d’abord pour un auteur l’occasion de poursuivre cette pratique profondément exigeante qu’est l’écriture, de la revendiquer comme métier en tant que tel, c’est-à-dire de pouvoir continuer à y consacrer la majeure partie de son temps. Autant dire que priorité absolue est faite à l’écriture, au temps fou qu’elle requiert. Mais il s’agit ici d’écriture dramatique, en appel, non close sur elle-même (ce qui est la spécificité des écritures romanesques ou poétiques en tant que formes pleines et définitives), écriture inscrivant son geste dans l’horizon théâtral, se nourrissant des rencontres avec les publics. Auteur en résidence implique donc un lien régulier avec les actions menées par la structure, mise en lecture, ateliers, dialogues multiples et confrontations diverses. Bien plus que de simples animations, que des initiations (par ailleurs légitimes) à l’écriture dramatique et à la théâtralité, ces ateliers et rencontres sont des moments de réflexions collégiales, de mise en examen de la multiplicité des regards que nous pouvons porter sur le monde, de nos manières d’appréhender le réel. La méfiance qui existe aujourd’hui envers l’écriture contemporaine tout comme celle qui existe envers l’art contemporain (même quand les propositions sont formellement plus simples d’accès qu’on voudrait le croire), l’enfermement de beaucoup, artistes et autres, dans leurs propres gestes, sont symptomatiques d’une société pour qui la question collective et le partage du savoir, l’interrogation commune et l’ouverture à l’autre, sont en passe d’être réglés. La crise que connaissent le théâtre et la culture dépasse largement la simple affaire culturelle. Ecrire en résidence, en dialogue concret avec un territoire, fait espérer de nouvelles occasions d’en débattre, afin d’inventer de nouvelles formes de confrontations pour penser en théorie et en acte ce qui fait encore la spécificité du théâtre et de l’écriture dramatique dans notre société actuelle hyper technologique. Samuel Gallet

galletNé en 1981, Samuel Gallet intègre le département d’écriture dramatique de l’Ensatt en 2003, après des études de lettres et de théâtre à Paris. Il rejoint en 2007 le collectif Troisième Bureau. En 2008, il bénéficie d’une résidence au CEAD de Montréal. Il est auteur en compagnonnage auprès de Lardenois et Cie en 2008-2009. Ses textes ont été mis en scène par Philippe Delaigue, Marie-Pierre Bésanger, Guillaume Delaveau, et Oswald de nuit, poème rock, mis en musique par Baptiste Tanné. Encore un jour sans a été pièce finaliste du grand prix de littérature dramatique 2009. Trois de ses pièces ont été diffusées sur France Culture et son texte Communiqué n°10 lauréat des Journées de Lyon des auteurs de Théâtre en 2010. En 2010-2011 il est écrivain en résidence avec le collectif Troisième bureau avec le soutien de la Région Rhône-Alpes. Autopsie du Gibier, Encore un jour sans (2007), Communiqué n°10 (2011) ont paru chez Espaces 34.

  • Ateliers d’écriture avec des élèves de la classe d’Émilie Viossat au lycée technique et professionnel André-Argouges,
  • Atelier  d’écriture avec un groupe d’habitants du quartier des Esssarts à Echirolles en amont de la manifestation Cité plurielle, suivi de la mise en lecture des textes pendant la manifestation avec un accompagnement artistique.
    CCAS de la ville d’Échirolles / Cité plurielle – Édition 2011
  • Atelier d’écriture avec les élèves de cycle 3 du Conservatoire à rayonnement régional de Grenoble, le travail d’écriture a été repris en atelier de jeu par les élèves de Cépi, engageant ainsi une dynamique inter cycle autour de la question de l’écriture. Les textes nés de ces heures d’atelier ont été présentés lors du festival Regards croisés 11 par ces jeunes comédiens sous forme de chantier sur le plateau du Théâtre 145.

Avec Florent Barret-Boisbertrand, Marina Bincoletto, Caroline Blanpied, Mathias Bonneton, Myrtille Borel, Jessie Chapuis, Ludivine Cochard-Lemoine, Fantin Curtet, Jean-Baptiste Cury, Charlène Girin, Gaspard Liberelle, Colin Melquiond, Tom Porcher, Claudine Sarzier, Louis Vasquez, élèves des classes d’art dramatique du Conservatoire à rayonnement régional de Grenoble. >>>Voir les photos<<<

 

Journée PREAC Littérature(s)
Ce que seul le théâtre peut dire

Sunday 6 March 2016

LUNDI 23 MAI

THÉÂTRE 145

 

 Ce que seul le théâtre peut dire[1]

Quelle place les écritures contemporaines ont-elles à l’école ? Dans quelle mesure les nouvelles générations sont-elles confrontées aux évolutions de l’écrit et aux écrivains vivants, qu’ils soient auteurs de théâtre, de romans ou poètes ? Tournée traditionnellement vers la transmission d’une littérature patrimoniale, l’école cherche encore de quelle façon accueillir les auteurs au sein de la classe. Ouvrir le cours à la littérature contemporaine pour un enseignant, c’est accepter de changer de posture, quitter une parole docte héritée de ses études universitaires et ouvrir avec les élèves le débat sur le Beau et la réception artistique. Cheminer en somme vers une terra incognita.

 

A l’initiative des Ministères de la Culture et de l’Éducation Nationale, les PREAC [Pôles de Ressources en Éducation Artistique et Culturelle] ont pour vocation d’accompagner enseignants et professionnels de la culture vers une meilleure compréhension des enjeux mutuels et des défis de la création artistique contemporaine. Le PREAC Littérature(s) de l’académie de Grenoble vise ainsi à renforcer les passerelles qui existent entre le monde littéraire, ses auteurs, ses acteurs et celui de l’école. Cette seconde journée d’études, en ouverture de la 16e édition du Festival Regards croisés, s’intéresse aux fondamentaux de la création littéraire, par-delà la division en genres littéraires, pour questionner ce que signifient dans la scène contemporaine les mots lire et écrire.

 

Cette journée trouve pleinement sa place dans cette “manifestation du texte” en s’inscrivant dans la continuité du travail que le collectif Troisième bureau mène depuis une quinzaine d’années avec les enseignants et les très nombreux élèves de différents établissements – lycées et collèges de l’agglomération grenobloise, du Département de l’Isère à Heyrieux, Villard-de-Lans, Saint-Laurent-du-Pont, Pontcharra, Morestel, Villefontaine, Vizille, Voiron, de la Région Auvergne-Rhône-Alpes à Annecy, Albertville…

 

La Délégation Académique aux Arts et à la Culture est un service de l’académie de Grenoble, chargé du suivi des projets d’éducation artistique et culturelle. Elle accompagne les établissements, conseille et forme les équipes éducatives dans les domaines artistiques.

 

L’Agence Rhône-Alpes pour le Livre et la Documentation se situe au carrefour des différents métiers du livre et des activités menées par les créateurs, les professionnels et les médiateurs.

 

Le PREAC Littérature(s) est un pôle de ressources qui offre aux participants issus du monde de l’enseignement ou de celui du livre et de la culture, des ateliers, des rencontres et des échanges à vocation professionnelle.

 

 

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[1] Ce que seul le théâtre peut dire (Considérations poélitiques), Enzo Cormann, Les Solitaires Intempestifs, 2012

 

DRAC

DDAC

ARALD

 

 

 

 

 


 

 

 

LA JOURNÉE

 

9h30   Accueil des participants

 

10h     Introduction de la journée par Laurent Bonzon, directeur de l’Arald et Bruno Gallice pour la DAAC de Grenoble

 

10h15 Causerie d’Enzo CORMANN suivie d’un échange avec le public

 

“Ce que nous attendons du théâtre aujourd’hui‚ ce n’est pas tant de nous représenter le monde tel qu’il est (ce que le cinéma et la vidéo feront techniquement toujours mieux que la scène) que de mettre à l’épreuve les possibles du monde – autrement dit‚ de proposer une représentation expérimentale (exploratoire‚ spéculative‚ en mouvement…) du monde tel qu’il n’est pas censé être ou devenir. Et de le faire dans le temps et l’espace d’une assemblée de curiosités‚ de sensibilités‚ de singularités […].”

 

11h30 Un auteur dans ma classe

À partir de partage d’expériences, Philippe Camand pour l’ARALD et Bruno Gallice pour la DAAC de Grenoble présenteront un document à destination des établissements scolaires et consacré à l’accueil des auteurs.

 

Avec la participation de Julie Aminthe, Nicoleta Esinencu, Magali Mougel, Laura Tirandaz, autrices, Carine Miletto et Cécile Moulain, documentalistes.

 

12h30 > 14h Pause

 

14h     Médiation des écritures théâtrales

par Bernard Garnier, coordinateur artistique de Troisième bureau

Partager avec élèves et enseignants des textes écrits par des auteurs contemporains de notre époque, prendre le temps de lire, d’analyser, de débattre en classe sur chaque texte, organiser le temps de la rencontre avec l’autrice ou l’auteur au CDI, en classe, au festival ou dans une bibliothèque, mettre en lien public, texte et auteur, telle est la nature de la démarche portée par le collectif Troisième bureau.

 

15h > 17h « Lire le texte contemporain »

 

“La langue est une matière vivante, qui se regarde, se goûte, qu’on doit mâcher, mettre en bouche, pour tenter d’en percevoir, d’en sentir la saveur, l’épaisseur, la fluidité, le chaos, l’intime dans l’écho de notre lien au monde”.

 

Six ateliers d’une durée de deux heures autour de la lecture à voix haute avec les comédien-ne-s Sylvie Jobert, Hélène Gratet, Danièle Klein, Dominique Laidet, Grégory Faive, Bernard Garnier sont proposés aux participants :

 

La lecture à la table : entrée dans une démarche théâtrale

La lecture-découverte : représenter une pièce à voix haute

De la poésie vers le théâtre : l’oralité dans tous ses états

 

17h > 19h Quartier libre

De la résidence à la création?

Sunday 6 March 2016

MERCREDI 25 MAI

THÉÂTRE 145

 

16h30 TABLE RONDE DE LA RÉSIDENCE À LA CRÉATION ?

 

Des structures culturelles et artistiques œuvrant sur le territoire métropolitain, départemental, régional – les Bibliothèques de Grenoble, la MC2 : Grenoble, le Tricycle, Troisième bureau, l’Hexagone de Meylan Scène nationale Arts Sciences, le festival Textes en l’air à Saint-Antoine l’Abbaye, le festival de l’Arpenteur en Grésivaudan… – invitent régulièrement des auteurs en résidence d’écriture, chacune définissant objectif et cadre à ces résidences entre projet d’auteur et commande d’écriture.

 

Comment sont financées ces résidences ? Quelles incidences ont-elles sur la vie des structures accueillantes, sur les publics et sur les territoires ? Que deviennent les textes écrits en résidence ?

 

Et les auteurs et autrices accueilli-e-s, qu’attendent-ils d’une résidence ? Est-elle un moment privilégié pour écrire ? Et le temps consacré aux ateliers et rencontres nourrit-il leur projet d’écriture ?

 

C’est pour partager ces questionnements, ces ‘pourquoi’ et ces ‘comment’ que nous réunissons autour de la table auteurs, responsables des structures et partenaires des collectivités territoriales et de l’État..

 

Table ronde avec Julie Aminthe, Blandine Costaz, Nicoleta Esinencu, Jérémie Fabre, Magali Mougel, Laura Tirandaz, autrices et auteurs,

Hélène Gratet, Marie-Christine Cuffolo pour le Tricycle, Jean-Paul Angot, Delphine Gouard pour la MC2, Annie Brigant, Carine d’Inca, Fanette Arnaud pour les Bibliothèques de Grenoble, Jacques Puech pour Textes en l’air, Antoine Choplin pour l’Arpenteur, Antoine Conjard, Eliane Sausse, Laurence Bardini pour l’Hexagone de Meylan… et les partenaires institutionnels.

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RÉSIDENCES D’ÉCRIVAINS présence des auteurs

 

Avec le soutien du Centre National du Livre

En partenariat avec la MC2 : Grenoble et le Tricycle Grenoble

 

La MC2 : Grenoble, Le Tricycle et le collectif Troisième bureau se sont associés pour manifester publiquement leur curiosité et leur intérêt partagés pour les écritures théâtrales d’aujourd’hui et œuvrer mutuellement à la présence des auteurs vivants et des écritures dramatiques contemporaines dans leurs projets et lieux respectifs.

En accueillant des auteurs en résidence, les trois structures souhaitent contribuer à la naissance d’écritures dramatiques sans la contrainte d’une commande, œuvrer à leur représentation sur nos scènes et ailleurs et permettre la rencontre avec leurs auteurs par des ateliers, rencontres, lectures…

Nos trois structures accueillent en résidence au premier semestre 2016 les autrices Julie Aminthe et Nicoleta Esinencu.

 

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Regards lycéens

Sunday 6 March 2016

JEUDI 28 MAI

THÉÂTRE 145

 

14h     REGARDS LYCÉENS

 

Des lycéens rencontrent les auteurs Emmanuelle Destremau, Gergana Dimitriva, Thomas Howalt. Pendant deux heures, élèves et auteurs se retrouvent autour de la ‘grande table’ pour lire, échanger, questionner…

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Quatre classes participent à ce projet

 

Lycée Argouges (Grenoble)

Julien Aït-Yahiatene, Aurore Balestra, Antoine Biancardini, Caroline Blache, Caroline Bœuf, Bastien Borde, Charlotte Botta, Manon Bounicaud, Nayan Bregard, Delphine Breysse, Clémentine Caussé, Celia Colic, Lucas Crozet, Clément Devrient, Alma Doyon, Ghozlaine Dridi, Ananabelle Felix, Emma Gautier, Auriane Gesmier, Océane Golliet, Cloé Lassagne, Julianne Laurent, Ludovic Leplanquais Bastien, Jérôme Lutz, Lynn Maurer, Sorya Mesnage, Michael Neang, Lucas Perez, Marine Pons, Éloi Richiero, Clémence Roux, Noémie Salesiani, Delphine Saphores, Mia Toffoli-Desmars, Rachel Vigier, Martin Villardier, Tiffanie Vinard

1ère STD2A, Nathalie Étienne-Maupouët, Carine Miletto, Assia Dib, documentalistes

 

 

Lycée Argouges (Grenoble)

Clothilde Bacon, Gwendoline Bellard, Julie Bellier, Cloé Besnard, Romane Boury, Marion Brisa, Fanny Ceccon, Jeanne Cerny, Alix Chassande-Mottin, Lohan Chaux, Lauria Chene, Yann Cistac, Élise Delamare, Lisa Denis, Thomas Dutrey-Grebert, Basile Frigiere, Zoé Jaffry, Jolan Jaladis, Laure-Lou Kolic, Camille Le Marcis, Clémence Maraval, Capucine Millot, Lucie Payen, Marion Prost-Tournier, Anaëlle Rassat, Habachia Soilihi, Lola Steinmetz

2nde GT5, Florence de Felice

 

 

Lycée Les Eaux-Claires (Grenoble)

Mohamed Bah, Lucas Baldini, Noémie Bernard, Marion Bourdel, Rémi Boutonnier, Laurie Brachet, Célia Chauche, Crespy Timothée, Timothée Doumeng, Ines Fabaron, Lucien Fabre, Clarine Garcia, Thomas Heinrich, Audrey Juchat, Ilies Kouri, Vincent Lange, Corentin Léger, Eléonore Marty, Jacques-Armel Mikouiza, Nina Naji-Desaymoz, Chloé Parisi, Mickaëla Pereira,Tahis Perez, Félix Perrier, Capucine Pichon, Bastien Pointel, Jasvanthy Ramesh, Marine Ré, Kilian Rouillon, Ilane Ryaira, Anis Sakhri, Morgane Sanchez, Adrien Troy, Armanda Tulomba Gitu, Jaiprakash Varadarasa

2nde 7, Laure Castell, enseignante, Sandrine Cotteverte, documentaliste

 

 

Lycée Edouard Herriot (Voiron)

Cloé Alves, Nolwen Belmont, Elsa Bombrun, Lucie Bovagnet, Pauline Bozonnier, Juliette Clarebout, Pauline Colomb, Pauline Delac, Théa Foort, Clara Froment, Eliott Kozma, Éléonore Lavallée, Anaïs Le Boudec, Morgane Malfait, Julie Poulard, Emma Pradet, Hélène Ribon, Émilie Richard, Fanie Schmidt, Elsa Schneider, Laura Seymarc, Thomas Sucre, Clara Uschanoff, Villard-Levy

2nde Arts du spectacle, Jean-Marc Pidoux

 

 

 

Lire le théâtre d’aujourd’hui

 

Entrer dans les classes, par le biais d’ateliers et comités de lecture engage un travail essentiel mettant en jeu l’esprit critique, la sensibilité poétique, l’épreuve du texte, de sa mise en voix, de son écriture. Faire lire à des élèves des textes dramatiques, contemporains de leur époque, qui plus est d’auteurs vivants, a cette particularité, cette vitalité, d’éveiller le regard à l’innommé, l’incertain, le mouvant, au sens où ces textes dramatiques, ni connus, ni commentés, appellent la critique contradictoire.

 

Le collectif Troisième bureau travaille depuis seize ans avec les élèves de plusieurs établissements de Grenoble Alpes Métropole ou du Département de l’Isère. De janvier à avril, des comédien-nes de Troisième bureau – Sarah Barrau, Thierry Blanc, Grégory Faive, Léo Ferber, Danièle Klein, Sophie Vaude – interviennent auprès d’élèves de lycées de l’agglomération grenobloise. La classe devient le temps des séances un comité et un atelier de lecture.

Étudier les textes des auteurs vivants offre la possibilité rare d’un échange avec celui qui a produit ce que les élèves ont tenté d’appréhender. La littérature, plus qu’un simple objet d’étude scolaire, devient une occasion de rencontres et d’apprentissages humains. Le théâtre, en particulier, parle aux adolescents de leur quotidien, du monde, et de tout ce qu’ils découvrent à cet âge où c’est si crucial. Si la culture est ce bien commun qui nous relie, il me semble que ces comités lycéens en sont la mise en œuvre active et un moyen réel de la faire vivre dans les classes.

 

Cette année, les lycéens travaillent sur trois textes – Protohérissé (BP : Unabomber), de Gergana Dmitrova et Zdrava Kamenova, traduit du bulgare par Marie Vrinat-Nikolov ; Le Secret de Thomas Howalt, traduit du danois par Catherine-Lise Dubost ; Inside Georges de Emmanuelle Destremau.

 

L’intérêt de ce travail est multiple, beaucoup d’élèves lisent peu ou avec réticence : la lecture d’extraits à voix haute, la mise en jeu avec un-e comédien-ne redonnent de l’intérêt à l’écrit et favorisent sa compréhension. L’écriture de critiques, la confrontation des points de vue permettent de développer l’argumentation et la prise de parole devant les autres.

 

Lors de ce temps d’échange « Regards lycéens », l’ensemble des élèves, des enseignants et des documentalistes sont réunis pour dialoguer avec les auteurs et les traducteurs des différents textes. Chaque classe sélectionne et lit des extraits avant de révéler sa pièce « coup de cœur ».

 

Ces pièces, qui montrent aux adolescents la manière dont un auteur peut évoquer le monde d’aujourd’hui dans sa complexité et avec toutes les interrogations qu’il peut susciter, ouvrent des prises de conscience et permettent d’évoquer au sein de la classe des sujets d’actualité comme des thèmes universels.

DRAC

argougesherriotles eaux claires

De nos histoires héritées,
faire un écart et penser notre monde

Sunday 6 March 2016

VENDREDI 27 MAI

BIBLIOTHèQUE CENTRE VILLE DE GRENOBLE

 

15h     CONFÉRENCE de Rachid Benzine

En partenariat avec les associations Interstices, Alterégaux, Asali et la revue Ecarts d’identité

 

À travers sa propre histoire, son enfance et son parcours, Rachid Benzine témoigne d’une démarche de conscience où les sciences sociales apparaissent nécessaires à la formulation de nos identités collectives et à la création d’un espace de vie commun, citoyen et responsable.

Dans son travail universitaire, Rachid Benzine cherche à re-construire le sens du vocable coranique à l’heure de son apparition. Dans sa place de citoyen et à travers ses nombreuses interventions publiques, il cherche à déconstruire les représentations contemporaines, souvent erronées et parfois fantasmagoriques, sur sa propre culture et sur l’Islam. Ce faisant, il place la question de l’altérité au centre de la réflexion. Qu’il s’agisse de religion, d’économie, d’organisation sociale ou d’idéologie politique, les idées qu’il développe font preuve du souci de relier l’Islam, d’abord à son environnement français immédiat, mais aussi aux interrogations de la société actuelle : le pluralisme des croyances, les droits et libertés des personnes… Aussi lui est-il indispensable de dépasser le cadre de la cognition musulmane pour faire s’interpénétrer les cultures. Sa méthode et son approche invitent chacun à s’interroger sur les chemins à créer pour (se) penser avec clarté et humanité. Et à en faire récit aux autres.

Nous remercions la Biennale des écritures du réel et le Théâtre La Cité (Marseille) pour leur contribution.

 

 

intersticesalteregauxasali10bmecarts

 

L’édition théâtrale, une exception française?

Sunday 6 March 2016

VENDREDI 27 MAI

LIBRAIRIE LE SQUARE

 

 

18h     RENCONTRE

Pour parler de cette question, nous convions cinq autrices dont les textes ont été édités dans des maisons différentes : Julie Aminthe (Quartett), Marion Aubert (Actes Sud), Emmanuelle Destremau (le Bruit des autres),  Nicoleta Esinencu (Espace d’un instant), Laura Tirandaz (Théâtre Ouvert)

 

En compagnie de Joëlle Gayot, journaliste et productrice à France Culture.

 

Il y a un, nous accueillions à la Librairie Le Square Sabine Chevallier, directrice des Éditions Espaces 34 pour échanger sur le renouveau de l’édition théâtrale, sur le constat qu’entre les années 80 et aujourd’hui, le nombre de titres de pièces de théâtre publiées par an était passé de 100 à 400.

Or, malgré le remarquable travail de ces nouvelles maisons d’éditions théâtrales, relayé par des librairies, le théâtre en tant que genre littéraire reste peu lu par le public. Est-ce pour cette raison que les suppléments livres des grands quotidiens n’en parle jamais ? Le texte de théâtre est-il un genre littéraire à part entière ? Est-il destiné à être lu ? Que représente pour l’auteur l’édition de son texte ? Favorise-t-elle le passage au plateau du texte ? Car il faut constater que malgré les dispositifs initiés par l’Etat ou les collectivités, la place faite aux auteurs contemporains sur les scènes subventionnées demeure encore aujourd’hui fort précaire.

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Scènes du travail, Utopies sociales

Sunday 6 March 2016

LUNDI 30 MAI

THÉÂTRE 145

 

18h     SCÈNES DU TRAVAIL, UTOPIES SOCIALES
Conversation avec Enzo Cormann, dramaturge et Alexis Cukier, philosophe

Modérateur Thomas Boccon-Gibod

 

La société de l’information et de l’image n’est pas avare de représentations du travail. Bien au contraire, celui-ci, présenté comme un vecteur de développement personnel, voire d’émancipation, est devenu un enjeu de légitimation majeur du capitalisme contemporain. Au monde archaïque du « vieux » travail salarié et contraint, succède ainsi l’univers indéfiniment flexible et dématérialisé d’un travail porteur d’initiative et de performance individuelles… un monde où les travailleurs, devenus en quelque sorte entrepreneurs d’eux-mêmes, se doivent d’être toujours plus efficaces, pour le plus grand bien-être de tous et de chacun. Mais le travail n’est-il pas aussi, et d’abord, la manière dont nous transformons le monde en nous transformant nous-même, sans que cela soit nécessairement comptabilisable ?

L’espace théâtral restant un lieu un peu à part dans la vie sociale, il paraît à même d’accueillir des représentations alternatives du travail et du monde. Comment le théâtre peut-il prendre en charge ces nouvelles représentations du travail ? Peut-il susciter d’autres émotions que la satisfaction du spectacle de la réussite individuelle ? Le fait est qu’on peut parfois avoir l’impression, devant certains spectacles, que des formes dramatiques actuelles ne font que laisser voir un malaise grandissant, une impression née de l’impossibilité de donner un sens à son travail. Le théâtre est-il condamné à représenter ce mal-être au travail, ou peut-il contribuer à inventer d’autres représentations de celui-ci ?

 

Enzo Cormann, auteur dramatique et théoricien du théâtre, et Alexis Cukier, philosophe et spécialiste des transformations contemporaines du travail, discuteront librement de ces questions des enjeux politiques de la représentation théâtrale du travail, au regard des pièces mises en lecture à l’occasion du festival.

 


 

Alexis Cukier

Alexis Cukier est chercheur en philosophie, post-doctorant à l’Université de Strasbourg dans le cadre de l’ANR “Approches philosophiques de la centralité du travail”. Ses travaux, dans le domaine de la philosophie sociale et politique, portent sur les dimensions subjectives et objectives de l’aliénation et de l’émancipation, la centralité du travail et les rapports entre travail et démocratie aujourd’hui. Il a dirigé, notamment, les ouvrages : avec F. Delmotte et C. Lavergne (dir.), Emancipation, les métamorphoses de la critique sociale (Le Croquant, 2013), avec V. Chanson et F. Monferrand (dir.), La réification. Histoire et actualité d’un concept critique (La Dispute, 2014), Travail vivant et théorie critique. Affects, pouvoir et critique du travail (PUF, à paraître en 2016).

 

 

Thomas Boccon-Gibod

Professeur de philosophie à Grenoble, Thomas Boccon-Gibod est spécialiste des institutions publiques modernes. Il a publié Michel Foucault, dire la vérité (Canopé, 2013) et Autorité et démocratie (Institut Varenne, 2014). Son intérêt pour l’imaginaire politique du théâtre l’a conduit par ailleurs à travailler aux côtés d’auteurs dramatiques comme Joël Pommerat (Je tremble, 2009 ; Cercles-fictions, 2010).

Les résidences d’écritures 16

Thursday 7 January 2016

Résidences d’écrivains
affirmer la place des auteurs dans les théâtres

grâce au soutien du Centre National du Livre,
deux résidences auront lieu de la mi-février à la mi-mai 2016

Troisième bureau, la MC2 : Grenoble et le Tricycle travaillent mutuellement à la présence des auteurs et des écritures dramatiques d’aujourd’hui dans les théâtres et dans la ville par la mise en œuvre de résidences d’écrivains.

L’écriture de Julie Aminthe se donne comme mission de réinterroger ce qui déclenche le rire chez nous et plus précisément la place de la comédie. Il y a chez Julie Aminthe un véritable souci de prendre la tangente et de regarder le monde par un bout dont nous n’avons pas l’habitude, et ce en commençant par dépoussiérer avec force un espace dramatique qui s’est éteint dans les comédies féroces de Feydeau.

Après un Master Sciences Humaines et Sociales mention Philosophie, Julie Aminthe intègre le Conservatoire d’Art Dramatique de Toulon. C’est à cette période qu’elle commence à se consacrer à l’écriture-pour-le-théâtre. de 2008 à 2011, elle est élève à l’ENSATT au département d’écriture dramatique dirigé par Enzo Cormann. Ses textes ont été mis en scène par Philippe Delaigue, Olivier Maury et Frédéric Borie. En 2012, elle reçoit les encouragements du CNT pour sa pièce Une famille aimante mérite de faire un vrai repas

La résidence de Julie Aminthe sera portée plus spécifiquement par le Tricycle et le collectif Troisième bureau.

L’écriture de Nicoleta Eisnencu est une écriture furieuse et saccadée, à mi-chemin entre la poésie et le récit, les voix s’entremêlent et s’entrechoquent pour reconstituer les fragmentes de notre histoire que l’on croit parfois connaître et dont pourtant nous en avons oublié les détails. Son processus de travail rassemble en son sein deux grandes esthétiques de l’histoire du théâtre : celle du mouvement in your face anglo-saxon et celui du théâtre documentaire tel que l’ont pensé Erwin Piscator et Peter Weiss.

Née en 1978 en Moldavie, Nicoleta Esinencu représente un courant dramaturgique très manifeste en Europe de l’Est où des auteurs jeunes s’exprimant dans une société en mutation n’ont plus besoin de dissimuler ce qu’ils ont à dire.
Les œuvres de Nicoleta Esinencu sont jouées en Europe. Elle a été titulaire d’une bourse d’études à Stuttgart en 2003 puis en 2005. Elle a été invitée en résidence d’auteur en 2006 au Centre International d’Accueil et d’Échanges des Récollets. En 2010, Nicoleta Esinencu a ouvert à Chisinau le Teatru-spalatorie (Le Théâtre-laverie), où elle met ses textes en scène et programme ceux d’autres jeunes auteurs.

La résidence de Nicoleta Eisnencu sera portée plus spécifiquement par la MC2:Grenoble et le collectif Troisième bureau.

En accueillant des auteur-e-s en résidence, les trois structures souhaitent contribuer à la naissance d’écritures dramatiques sans la contrainte d’une commande, œuvrer à leur représentation sur nos scènes et ailleurs et permettre la rencontre avec leurs auteur-e-s.
Moins repérées car méconnues, les écritures théâtrales contemporaines nécessitent une démarche d’accompagnement auprès des publics. Pour faire découvrir que tous les auteurs de théâtre ne sont pas morts et que le langage qu’ils portent dans leurs écritures est en phase avec notre époque et avec nos interrogations.

les rendez-vous de 18h

Friday 3 May 2013

DU ROMAN… AU THÉÂTRE… AU ROMAN ?

18H > LIBRAIRIE LE SQUARE
MARDI 14 MAI

RENDEZ-VOUS AVEC JONAS HASSEN KHEMIRI / ÉRIC PESSAN

Qu’il s’agisse de roman, de poésie, d’essai, de théâtre, la question première est avant tout celle de l’écriture. Pourtant comment passe-t-on d’un genre à un autre, qu’est ce qui motive le choix d’une forme plutôt qu’une autre ? Ce passage engage-t-il des différences dans le geste d’écriture ? Ce seront les questions que nous nous poserons en compagnie des romanciers et dramaturges Jonas Hassen Khemiri et Eric Pessan.

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Le théâtre jeunesse, un théâtre à part (entière) ?

18h00 > CAFÉ LA FRISE
MERCREDI 15 MAI
RENDEZ-VOUS AVEC PIERRE BANOS / SIMON GRANGEAT

à part, ce théâtre pour la jeunesse, ces écritures dramatiques qui s’adressent aux enfants, aux adolescents (et pas que) ? à part, ces mots qui résonnent chez les uns et les autres et rejoignent les expériences d’une vie de 5, 10, 30 ou 77 ans ? à part, ces mots inventés, inversés, engagés, qui jouent les uns avec les autres, ces mots de l’immédiateté, joyeux ou douloureux, ces mots qui avec des rêves construisent le monde, mêlent l’imaginaire et la réalité, donnent la dimension poétique de l’existence ? à part, ce théâtre aux formes inventives, ouvertes, cohérentes, qui devance l’écriture contemporaine ? à part, cette écriture née du désir des auteurs « d’écrire ce qu’il [leur] est nécessaire d’écrire » et de « l’envie de dire dans des mots et des images au poids signifiant qui rendent compte du monde » ? à part, ces enfants et ces adolescents à qui le théâtre donne rendez-vous pour mettre des mots sur ce qui traverse leur vie : l’amitié, l’amour, la solitude, le genre, la séparation, la mort… ? à part, cette écriture qui concerne les adultes curieux, éducateurs, parents, spectateurs, artistes ? Laisserons-nous à part cette écriture de la liberté, à découvrir tout entière ?

En partenarait ave les CO-lecteurEs

Simon Grangeat fonde en 1998 Traversant 3, équipe de création pluridisciplinaire jeune public. Il développe de nombreuses actions autour de la lecture et de l’écriture contemporaines. Sa pièce T.I.N.A – Une brève histoire de la crise, lauréat de l’aide à la création du CNT en 2011 est actuellement en tournée. Un caillou dans la botte, pièce jeune public, vient d’être mise en scène par Clément Arnaud.
Pierre Banos est directeur des Éditions Théâtrales, dont la collection Théâtrales Jeunesse contient plus de soixante titres. Auteur d’une thèse sur L’édition théâtrale aujourd’hui, enjeux politiques,  économiques et communicationnels, il s’intéresse aux conséquences du passage au numérique sur la diffusion et le statut du texte de théâtre. Il est membre du jury professionnel du prix d’Écriture théâtrale de Guérande et des Journées de Lyon des auteurs de théâtre.
Les CO-lecteures
Nous sommes un collectif de lecteurEs de pièces de théâtre pour la jeunesse qui nous réunissons régulièrement pour lire, discuter, critiquer ou apprécier ces textes de théâtre écrits par des auteurs et des  auteures du monde entier à destination des enfants et des adolescents. Enseignants, artistes, animateurs, bibliothécaires, libraires, programmateurs, professionnels de la culture et autres dévoreurEs de textes, nous nous passionnons pour ce répertoire protéiforme extrêmement dynamique, porteur de questionnements contemporains, et pourtant encore trop peu identifié.

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La SACD, à quoi ça sert ?

18h00 > LE PETIT ANGLE
JEUDI 16 MAI

RENDEZ-VOUS AVEC LA SACD

Le festival convie public, amateurs et professionnels à une réunion d’information et d’échange sur la Sacd. Qu’est-ce que la SACD, son fonctionnement, d’où vient l’argent, comment est-il redistribué et dans quelle proportion ? Y a-t-il des organismes similaires dans les autres pays européens ? Quels sont ses nouveaux enjeux face à la circulation des œuvres sur la toile dans une économie mondialisée et  transfrontalière ?


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Viens voir, les spectateurs

18h00 > BIBLIOTHÈQUE CENTRE VILLE
VENDREDI 17 MAI

RENDEZ-VOUS AVEC OLIVIER NEVEUX/ MAGALI MOUGEL

Tapons dans la taupinière, soyons généralistes disait Heiner Müller  “ça tourne à vide. Les théâtres sont là comme un trou, un vide qu’il faut remplir. On a peur que le trou devienne visible. C’est uniquement cet horror vacui qui soutient les programmations et fait fonctionner toute l’entreprise théâtrale.”  : force est de constater que le théâtre qui nous est trop souvent servi se voit reprocher les mêmes affres qu’en février 1988, comme le relate Heiner Müller. On produit de la littérature, de l’art jetable après usage, et ainsi le plaisir disparaît de la production artistique. Ça se consomme sans plaisir et il n’y a pas non plus de plaisir à le faire. Du moins, je ne parviens pas à me l’imaginer s’agissant de toute cette quincaillerie qui se produit et s’écrit. écrire, jouer ou voir de telles choses ne procure aucun amusement. Ça tourne à vide. Les théâtres sont là comme un trou, un vide qu’il faut remplir. On a peur que le trou devienne visible. C’est uniquement cet horror vacui qui soutient les programmations et fait fonctionner toute l’entreprise théâtrale. Or si les théâtres ne sont que des vases à remplir, qu’est-ce qui nous fait nous muer en ces lieux ? Un hiatus surgit dès lors que nous confrontons nos désirs et attentes de spectateurs avec ce qui nous est proposé sur les scènes des théâtres. Nous gémissons, nous spectateurs, devant la quincaillerie qui nous est présentée dans les salles de spectacle. Nous maugréons d’ennui et baillons aux corneilles et pourtant, en bon chien-badaud, nous ne brûlons pas la boutique, n’allons pas nous faire voir ailleurs, nous y courrons dans l’espoir d’y trouver encore quelque chose, puisque ce qui s’y trouve serait ce que nous voudrions. Qu’est-ce que c’est finalement que cette assemblée qui met en coprésence regardants et regardés ? Quelle est notre place aujourd’hui à nous, spectateurs de théâtre ? Quels pouvoirs possédons-nous, devrions-nous posséder ? à quoi servent nos attentes ? L’artiste doit-il se soucier de celui qui constitue une assemblée ? Qu’est-ce qui me fait courir à la représentation ? Comme une Elvire contemplant les larmes de Dom Juan, celui qui pleure, me fait-il penser ? Spectateurs, à quoi servons-nous et que servons nous ?
Voici les questions qui orienteront cette nouvelle enquête. Pour la mener à bien, Magali Mougel et Laura Tirandaz se plieront à un petit exercice de style journalier et répondront à cette question au pied levé dans le cadre d’une chronique qui sera rendue publique chaque soir. Puis nous clôturerons ce temps de réflexion avec une rencontre et discussion avec Olivier Neveux autour de la sortie de son ouvrage, Politiques du spectateur.

Olivier Neveux est professeur d’histoire et d’esthétique du théâtre à l’Université de Lyon 2 ; il enseigne à l’ENSATT (section écritures) et à l’école de la Comédie de Saint-Etienne. Il est l’auteur, en 2013, aux éditions La Découverte, de Politiques du spectateur. Les enjeux du théâtre politique aujourd’hui.

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