Les rencontres du festival 19

troisiemeregardRENCONTRE
Troisième regard, 7 pièces à lire et à jouer pour jeunes gens

RENCONTRE avec Pierre BANOS, Laura TIRANDAZ et Romain NICOLAS autour de la parution aux Éditions Théâtrales du recueil de textes courts commandés à des auteurs et autrices par Troisième bureau.

Troisième regard réunit des textes commandés par le collectif Troisième bureau, pour la pratique artistique dans les lycées ou les ateliers. 7 partitions chorales pour distribuer la parole, mâcher les mots… 7 manifestes qui disent le monde et montrent comment: atteindre les sommets ; aller à la rencontre de ses origines ; affronter la bêtise politique des adultes ; s’inventer une autre vie ; sauvegarder son futur ; s’entraider quand tout dérive ; digérer un fait divers…
Ce «troisième regard» est celui de l’adolescence sur le monde, qui n’est déjà plus celui de l’enfance, et pas encore celui des adultes. De cette génération qui veut faire bouger les lignes sur toutes nos urgences : climatiques, sociales, humaines…

Mercredi 15 mai 2019 17h [Librairie Les Modernes]

 

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TABLE RONDE
États Généraux des Écrivaines et Écrivains de Théâtre

« Nous nous rassemblons pour établir un état des lieux de nos pratiques, pour mettre en avant la diversité et la richesse des écritures dramatiques actuelles, la diversité des styles, des dramaturgies et pour revendiquer notre présence sur les plateaux de théâtre et dans tous les échelons de la société.
Nous nous rassemblons pour formuler les difficultés auxquelles nous sommes confronté·e·s, pour interroger les blocages et les résistances qui trop souvent empêchent la création de nos textes.
Nous nous rassemblons pour susciter le débat autour de nos écritures et impulser un travail de réflexion, pour créer de l’envie et du désir, de l’échange et du partage autour des textes de théâtre, pour réfléchir au lien entre réalité et fiction et mettre en avant l’indispensable accès de tous à l’imaginaire, ce dont la société a cruellement besoin.
Nous souhaitons dans nos conclusions être une force de propositions pour le théâtre contemporain. »

ET SI LE THÉÂTRE DE DEMAIN S’ÉCRIVAIT AUJOURD’HUI… À L’ÉCOLE ?

De l’école primaire jusqu’au lycée, le texte de théâtre d’auteurs vivants est peu visible dans les programmes scolaires. Les autrices, quant à elles, n’ont pas le droit de cité dans les manuels, quoi qu’elles écrivent.  Pour découvrir Lagarce ou Vinaver, il a fallu sortir de l’école. Et chercher Noëlle Renaude et Maryse Condé hors des chemins battus, loin des écoles et même des scènes de théâtre. Pourtant,  les textes d’aujourd’hui entrent en parfaite résonance avec les indignations et inquiétudes de notre temps. Les jeunes peuvent s’y retrouver, en débattre, en jouer, entendre les voix de femmes, d’hommes venus de loin ou du quartier d’à côté. Cette édition de Regards croisés en est une belle illustration.

L’occasion nous est donnée de réfléchir ensemble à la façon dont il conviendrait de faire une place :
– au texte  de théâtre d’aujourd’hui dans le parcours scolaire de chaque élève
– au matrimoine d’autrices
– à la transmission de l’écriture par les ateliers d’écriture ou la rencontre avec des auteurs et autrices,
– à la lecture à voix haute

Nous nous appuierons bien sûr sur les témoignages issus des différents  dispositifs qui existent sur le territoire français et à l’étranger et esquisserons ensemble une série de propositions.

Avec la participation des autrices et auteurs Julien Avril, Céline Delbecq, Samuel Gallet, Sèdjro Giovanni Houansou, Romain Nicolas, de Blandine Pélissier, traductrice, Marie-José Sirach, journaliste, Bruno Gallice, enseignant…

Vendredi 17 mai 2019 15h [Nouveau Théâtre Sainte-Marie-d’en-Bas]

Les Etats généraux des écrivains et écrivainnes de théâtres

Durée : 2 Heures 14 minutes
Lieu : Grenoble / Nouveau-Théâtre-Sainte-Marie-d’en-Bas
Participants/comédiens : Avec la participation des autrices et auteurs Julien Avril, Céline Delbecq, Samuel Gallet, Hurcyle Gnonhoué, Pasacle Henry, Sèdjro Giovanni Houansou, Romain Nicolas, de Blandine Pélissier, traductrice, Anne Courel, metteuse en scène, directrice de l’Espace 600, Bruno Gallice, délégué académique adjoint aux Arts et à la Culture….
Copyright : theatre-contemporain.net / Festival Regards Croisés
Le 17/05/2019

Pour en savoir plus sur les États généraux : https://www.facebook.com/egeetheatre/

 

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RENCONTRE
DES ADOS DANS LE MONDE avec Magali MOUGEL, Florent Barret-Boisbertrand et Luanne, Léa, Chloé, Guilhem, Ana, Mona, Salomé, Élise, Jules, Zoé, Léo, Émilie modératrice Marie-José SIRACH

Pendant trois journées, 12 élèves de seconde, accompagnés par le metteur en scène Florent Barret-Boisbertrand ont travaillé avec l’autrice Magali Mougel sur deux de ses textes. L’un parle de la guerre – Shell Shock – et l’autre de la vieillesse – Les Belles de Nuit. Deux pièces récente écrites entre octobre 2018 et février 2019.

Pour ce studio, je n’avais pas envie d’arriver avec un chantier d’écriture ancien, plutôt le désir d’emmener les élèves traquer ce que j’ai tenté de faire avec ces deux textes. Dans les deux cas, d’un côté le choc de la guerre et de l’autre la perte de la mémoire, la nature et la violence des sujets ont eu une incidence sur l’écriture, ont fait quelque chose à l’écriture. C’est à partir de ces éléments que je souhaite travailler, car nécessairement ça fait bouger quelque chose dans la façon d’envisager le passage au plateau.”

Comment, pour ces jeunes gens, parler d’une expérience singulière, personnelle et pourtant collective ? Comment rendre compte d’une action “d’éducation artistique” autrement que par un spectacle ? En prenant le temps de raconter cette expérience lors d’un échange public.

Samedi 18 mai 2019 11h [Bibliothèque Centre-ville]
 
Ados, citoyen·ne·s du monde rencontre Avec Magali Mougel, Florent Barret-Boisbertrand et Luanne, Léa, Chloé, Guilhem, Ana, Mona, Salomé, Élise, Jules, Zoé, Léo, Émilie. Modération Emilie Viossat

Durée : 1 Heure 27 minutes
Lieu : Grenoble / Bibliothèque Centre Ville
Copyright : theatre-contemporain.net / Festival Regards Croisés
Le 18/05/2019

 

LE STUDIO THÉÂTRE c’est quoi ?
C’est un temps de rencontre privilégié entre une autrice et un groupe de lycéen·ne·s sur trois journées. L’objectif de cette rencontre est de leur permettre d’aborder de façon progressive un travail de plateau avec l’autrice, une mise en jeu de ses textes. Apprendre à oser, faire sauter les barrières, oublier la timidité, jouer de la parole et du corps. Le studio s’adresse à des élèves curieux de théâtre et des écritures.

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RENCONTRE conference
Avec Valérie REY-ROBERT sur son livre Une culture du viol à la française

Culture du viol et féminicides ; des violences faites aux femmes

Les féministes sont régulièrement suspectées et taxées de vouloir lancer une guerre entre les sexes ; un procès d’intention sans fondement mais surtout une curieuse idée qui laisse entendre que nous serions en temps de paix. Mais qui est en temps de paix ? Est-ce que les opposants aux combats féministes ne seraient pas en train de dire, simplement qu’ils ne veulent pas d’une guerre contre les hommes mais s’accommodent fort bien de celle menée contre les femmes ?
Et pourtant. Vagins pénétrés de forces, bouches violées, pommettes éclatées, Clitoris excisés, bleus sur le corps, corps abimés, corps frappés, corps transpercés de balles et de couteaux. La guerre est bien là mais ne dit pas son nom. Un demi-million de femmes est victime de violences sexuelles chaque année. Une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son conjoint. Nous comprendrions immédiatement qu’il se passe quelque chose, quelque chose de grave, si autant de personnes étaient tuées chaque année au nom de leur ethnie, de leur religion ou de leur orientation sexuelle. Le fait que le meurtre se passe au sein du couple, entre un homme et une femme, nous empêche souvent de percevoir qu’il s’agit de misogynie, de haine des femmes. Comme le couple hétérosexuel est vanté, loué, comme l’accomplissement naturel des hommes et des femmes, alors les féminicides et les viols (60% des viols se passent au sein du couple) ne sont pas perçus pour ce qu’ils sont. Incapacité à percevoir que l’hétérosexualité signifie souvent possessivité masculine, incapacité à supporter la frustration en particulier sexuelle, violences lorsque l’épousée, celle qu’on possède ne fait pas ce que l’on souhaite au moment où on le souhaite. Meurtre lorsqu’elle tente de partir parce que le fait est que les femmes sont souvent tuées lorsqu’elles tentent de quitter un conjoint violent. Nous n’arrivons pas à admettre que la haine des femmes est si présente dans nos sociétés qu’on les bat, les tue et les viole et que cela a bien un rapport avec leur sexe, avec la misogynie sinon il n’y aurait pas autant de victimes et surtout l’immense majorité des coupables ne serait pas des hommes. C’est un point, lorsque je l’évoque, qui fait surtout souffrir… les hommes. Des hommes blessent, violent et tuent des femmes et ce sont encore des hommes qui sont blessés – moralement – qu’on l’évoque.
Il est difficile d’évoquer les souffrances féminines que sont les viols et les féminicides sans que les hommes, jusqu’au plus haut sommet de l’état, expliquent quel impact cela va avoir sur leur vie. Vont-ils pouvoir encore séduire, est ce qu’on les déteste, les prend-on tous pour des violeurs ? Il faut alors passer du temps à rassurer les hommes sans plus parler des violences faites aux femmes et c’est une nouvelle violence qui nous est faite. Comptons-nous si peu que nous devions toujours passer après, en second, en dernier ? Comptons-nous si peu que nos viols et nos morts ne sont que peu de choses ? Non, les féministes ne veulent pas entamer une guerre des sexes, mais dénoncer et mettre fin à une guerre des sexes normalisée dont les femmes sont massivement victimes.

Samedi 18 mai 2019 15h30 [Nouveau Théâtre Sainte-Marie-d’en-Bas]