Lecture La Tortue de Darwin, Février 2010.

Thursday 24 April 2014

Lundi 15 février à 20h

Pour le troisième rendez-vous du comité autour du motif La Catastrophe Joyeuse, le collectif Troisième bureau propose la lecture de

La Tortue de Darwin
de Juan Mayorga
Éditions Les Solitaires Intempestifs, 2009
traduit de l’Espagnol par Yves Lebeau

Ouvrage traduit avec le concours
de la Direction Générale du Livre,
des Archives et des Bibliothèques
du Ministère de la Culture Espagnol
et de la Maison Antoine-Vitez - Centre international
de la traduction théâtrale à Montpellier

Café restaurant la Frise
150 cours Berriat à Grenoble
Entrée libre, possibilité de dîner sur place

Avec Léo Ferber, Sophie Vaude, Nicole Vautier, Grégory Faive, Dominique Laidet

Une vieille femme, Harriet, se présente dans le bureau d’un professeur en train de corriger les épreuves de son Histoire de l’Europe contemporaine. Harriet lui révèle quelques inexactitudes dans ses précédents écrits, comme dans l’affaire Dreyfus, la bataille de Verdun ou encore lors du bombardement de Guernica. Les sources de son savoir proviennent du fait qu’elle a été témoin, selon elle, de tous ces événements. Elle se présente comme la tortue de Darwin, devenue humaine à cause d’une évolution accélérée. À l’approche de ses deux cents ans, elle propose au professeur un marché : lui révéler la véritable histoire des deux siècles passés en échange d’un billet pour les Galapagos, où elle voudrait mourir…
Laurence Cazaux, Le Matricule des Anges

HARRIET _ Les tranchées, ce n’était pas ce que vous décrivez.
PROFESSEUR _ Ça, c’est énorme ! Et de quel droit dites-vous cela ?
HARRIET _ Du droit d’avoir été là. […] Sur la photo, entre les pattes du cheval emballé, c’est moi.
PROFESSEUR _ Enfin, d’où sortez-vous ? Bon Dieu, qui êtes-vous ?
HARRIET _ Je suis la tortue de Darwin

Né en 1965‚ Juan Mayorga est docteur en philosophie et enseigne à l’École Royale Supérieure d’Art Dramatique de Madrid. Il est l’auteur d’une trentaine de pièces‚ qui ont quasiment toutes été mises en scène‚ publiées et traduites en plusieurs langues. Son œuvre lui a valu de prestigieuses distinctions en Espagne‚ dont le Prix Max 2006 de la meilleure pièce pour Hamelin. (NdE)

Après des études universitaires à Nantes, Yves Lebeau entre au Conservatoire national supérieur d’art dramatique. Acteur, auteur, metteur en scène, conseiller littéraire à France-Culture en 95/97, il a obtenu le Grand prix Paul Gilson et le Prix Radio de la SACD. Il a traduit Hamelin, Copito, Les Insomniaques, Himmelweg de Juan Mayorga, éditées aux Solitaires Intempestifs

Retours sur Regards croisés 13

Wednesday 6 November 2013

Du 13 au 18 mai, Troisième bureau a convié le public à découvrir les auteurs européens et francophones invités à la treizième édition de Regards croisés [lire l’édito]

Pour cette 13e édition, nous avons sollicité des voix très présentes sur cette question des écritures contemporaines – l’auteur Fabrice Melquiot, les metteurs en scènes Cécile Backès et Stanislas Nordey, la traductrice et comédienne Blandine Pélissier – pour accompagner cette treizième édition, la « parrainer ». Nous avons souhaité mettre à l’honneur deux maisons d’édition – les éditions Espaces 34 et les éditions Théâtrales.
Et nous leur avons demandé de réagir à la question de B.M. Koltès :
Comment voulez-vous que les auteurs deviennent meilleurs si l’on ne leur demande rien ?
Nous les en remercions et nous sommes heureux de partager avec vous leurs réflexions [lire les marrainage/parrainage]

Les rendez-vous de 18h dans différents lieux de la ville préludaient aux lectures des textes des auteurs invités au Théâtre 145.
Le public, l’équipe artistique, l’auteur, le traducteur ainsi que l’auteur-associé étaient ensuite conviés autour de la grande table pour poursuivre la soirée en discussion sur une thématique en lien avec le texte lu.
Didier Bouchet et Arash Sarkechik  finalisaient la rencontre et la soirée avec une composition au ukulélé à partir d’un autre texte de l’auteur : une ouverture sur l’œuvre de l’auteur, c’est la carte postale musicale.

Nous vous proposons de revenir sur chacune de ces soirées…


Gilles Granouillet – Hermann
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Lundi 13 mai
Stéphane Czopek, Léo Ferber, Bernard Garnier et Sylvie Jobert ont lu le texte Hermann de Gilles Granouillet
Gilles Granouillet et Magali Mougel ont échangés sur la thématique “Et si on réchauffait nos vies grelottantes?” inspirée du texte.
La carte postale musicale a été composée à partir du texte Zoom de Gilles Granouillet.

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Jonas Hassen Khemiri – J’appelle mes frères

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Mardi 14 mai
Stéphane Czopek, Grégory Faive, Léo Ferber, Hélène Gratet, Sylvie Jobert et Aurélien Villard ont lu le texte J’appelle mes frères de Jonas Hassen Khemiri.
Jonas Hassen Khemiri et Éric Pessan ont échangés sur la thématique “Tous suspects?” inspirée du texte.
La carte postale musicale a été composée à partir du texte  Nous qui sommes cent de Jonas Hassen Khemiri.

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Catherine Zambon – Mon frère ma princesse
Christian Lollike – La vie normale

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Mercredi 15 mai
L’équipe des Co-LecteurEs a lu le texte Mon frère ma princesse de Catherine Zambon, puis une rencontre sur Théâtre jeunesse, un théâtre à part [entière] a eu lieu au café restaurant la Frise avec Pierre Banos (édition Théâtrales) et Simon Grangeat (auteur).
Thierry Blanc, Stéphane Czopek, Léo Ferber et Sylvie Jobert ont lu le texte La vie normale de Christian Lollike.
Catherine-Lise Dubost et Laura Tirandaz ont échangés sur la thématique Quel “norme” sommes-nous en train de construire? inspirée du texte.
La carte postale musicale a été composée à partir du texte Angoisse cosmique, ou le jour ou Brad Pitt fut atteins de paranoïa de Christian Lollike.

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Éric Pessan
Tout doit disparaitre

Jeudi 16 mai
Regards Lycéens. Les lycéens des Lycée Ferdinand Buisson à Voiron et André Argouges à Grenoble rencontraient Nicoleta Esinencu, Pau Miro et Éric Pessan.
Thierry Blanc, Stéphane Czopek, Pierre David-Cavaz, Bernard Garnier, Hélène Gratet, Grégory Faive, Sylvie Jobert, Danièle Klein, Benjamin Moreau, Sarah Roux-Barrau, Philippe Saint-Pierre, Aurélien Villard ont lu le texte Tout doit disparaitre de Éric Pessan
Éric Pessan et Magali Mougel ont échangés sur la thématique I shop therefore Iam inspirée du texte.
La carte postale musicale a été composée à partir du poème Si seulement mes rêves de Éric Pessan.

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Hakim Bah – Le cadavre dans l’oeil
Nicoleta Esinencu – Antidote

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Vendredi 17 mai
une assembe de professionel s’est réunit autour de la grande table pour aborder le sujet Les auteures français à l’étranger, ces inconnus?. Nous avions ensuite rendez-vous à la bibliothèque du Centre ville avec Olivier Neveux et Magali Mougel Viens voir, les spectateurs.
Thierry Blanc, Stéphane Czopek et Léo Ferber ont lu le texte Le cadavre dans l’oeil de Hakim Bah et Antidote de Nicoleta Esinencu.
Hakim Bah, Nicoleta Esinencu, Gilles Granouillet et Laura Tirandaz ont échangéssur la thématique les échos de l’histoire inspirée des textes.
La carte postale musicale a été composée à partir du texte A(II) Rh + de Nicoleta Esinencu et du poème Sur les cendres d’un volcan de Hakim Bah.

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Pau MiròBuffles, Lions, Girafes
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Samedi 18 mai
Rodolphe Blanchet, Pierre David-Cavaz, Hélène Gratet, Danièle Klein, Benjamin Moreau, Clarice Plasteig dit Cassou et Jean-Philippe Salério ont lu les textes Buffles, Lions et Girafes de Pau Mirò.
Sabine Chevallier (édition espaces 34) Clarice Plasteig dit Cassou et Pau Miro ont échangés avec le public sur la publication de Buffles .
La soirée s’est poursuivie avec une rencontre entre Pau Miro et Magali Mougel sur la thématique selon que nous serez puissants ou misérables… inspirée des textes.
La carte postale musicale a été composée à partir du texte Buffles de Pau Miro.

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Chaque soir la Gazette du festival (interviews, commentaires, portraits…) réalisés par les étudiants en L3 arts du spectacle sous la conduite de Pauline Peyrade, auteure, et avec la complicité du photographe Jean-Pierre Angei est revenue ces rencontre. [lire l’Agit-presse]

Édito 2013

Friday 3 May 2013

Les « regards croisés » se sont développés au fil des ans comme un rendez-vous singulier et significatif, tisseur de réseaux, embrayeur d’échanges artistiques, passeur d’oeuvres et de projets. Cette initiative est née de la profonde conviction que la circulation des oeuvres – sans laquelle elles resteraient « lettre morte » – passe par l’écoute et la réception des différences, voire des différends qui trament internationalement la dramaturgie contemporaine. La présence de spectateurs curieux des nouvelles tendances de la scène contemporaine, d’artistes, de chercheurs, d’étudiants en pratique ou en études théâtrales, d’amateurs de théâtre, témoigne à chaque édition de ce festival de la nécessité citoyenne, artistique et intellectuelle d’un tel rendez-vous et de l’importance des enjeux du travail en profondeur où il prend sa source – lectures publiques, ateliers en lycées et collèges, collaboration à des manifestations littéraires, soutien à la traduction et l’édition, résidence d’écrivains, ateliers d’écriture, centre de ressources, implication dans les quartiers et les territoires ruraux, travail avec l’université et les écoles de théâtre.

On peut s’étonner de la récurrente difficulté que rencontrent, aujourd’hui encore, les auteurs « vivants » à voir leurs textes passer au plateau. Malgré les nombreux dispositifs mis en place pour soutenir l’émergence de nouvelles oeuvres et accompagner leur création, une sorte « d’inertie » – déplorée unanimement, ce qui devrait surprendre – tend à annihiler toutes velléités de monter les pièces d’auteurs forcément inconnus puisque ignorés. « Comment voulez-vous que les auteurs deviennent meilleurs si l’on ne leur demande rien ? » lançait Bernard-Marie Koltès il y a une trentaine d’années. Cette interpellation, nous pourrions la décliner indéfiniment sur le mode : comment voulez-vous que les comédiens, les metteurs en scène, les régisseurs, les techniciens, les boulangers, les garagistes… deviennent meilleurs si l’on ne leur demande rien ? En art, plus que partout ailleurs sans doute, il est vain d’imposer. Mais il est toujours possible de suggérer ou d’orienter. Et de prendre la mesure avant les mesures. À côté des dispositifs institutionnels, des initiatives, curieuses de faire vivre un théâtre dans la cité, agitent l’assemblée théâtrale pour porter à la connaissance tant des publics que des professionnels les textes de notre temps. Et pour prendre le temps ensemble d’en faire une lecture critique avec leurs auteurs.

Nous nous devons d’être vigilants. À force d’écouter les voix les plus puissantes, nous allons finir par perdre notre langue, la voir formatée par des discours uniformes où ne règneraient que consensus mous. Que nous soyons artistes, boulangères, maîtres de conférences en université, secrétaires médicales, lycéens… nous avons le besoin qu’on s’adresse avec douceur et exigence à notre intelligence. Cette « manifestation du texte » se veut un signe fort adressé aux différentes générations d’auteur/es, une marque d’intérêt à l’égard des écritures nouvelles.

le collectif troisième bureau

il est temps d’adopter une autre façon de regarder le monde

Plus que de raison, il semble normal de prêter de l’attention à ce qui fait histoire, à ce qui relève de l’ordre du spectaculaire, à ce que le monde qui nous entoure choisit de mettre de façon unanime sous les projecteurs. Comme des pies, nous sommes attirées par le clinquant d’un papier doré et nous prenons goût à ce qui relève d’une immédiate perceptibilité. Or, nous oublions que le monde n’est pas uniquement composé de parties (sur)éclairées ; il y a tout ce qui relève du domaine de l’ombre et que nous omettons par conséquent, non par faiblesse ni paresse, mais par habitude de regarder.


« Nous ne vivons pas dans un monde, mais entre deux mondes au moins. Le premier est inondé de lumière, le second traversé de lueurs. Au centre de la lumière, nous fait-on croire, s’agitent ceux que l’on appelle aujourd’hui, par cruelle et hollywoodienne antiphrase, les quelques people, autrement dit les stars – les étoiles, on le sait, portent des noms de divinités – sur lesquelles nous regorgeons d’informations le plus souvent inutiles. Poudre aux yeux qui fait système avec la gloire efficace du « règne » : elle ne nous demande qu’une seule chose, et c’est de l’acclamer unanimement. »*


Aussi, l’objet du théâtre est de cheminer aux marges : de nous apprendre, à nous spectateurs et lecteurs, à étendre nos capacités de perception, à voir ce qui n’est pas montré, à entendre ce qui n’est pas audible.


« Aux marges, c’est-à-dire à travers un territoire infiniment plus étendu, cheminent d’innombrables peuples [-lucioles] sur lesquels nous en savons trop peu, donc pour lesquels une contre-information apparaît toujours plus nécessaire. »*


Il est temps d’adopter une autre façon de regarder le monde. De réinventer un partage du sensible. De porter de l’intérêt à ce qui semble sans histoire. De revenir à ce qui est sorti de notre champ de vision et que l’on croyait disparu. Et de demander si le travail d’un intellectuel n’est pas de traquer les petites lumières de vie, si ténues fussent-elles. à l’image des lucioles que nous pensons écrasées et anéanties, les dramaturgies que nous présentons à Regards croisés sont comme autant de trouées de lumière qui éclairent l’époque. Chacun-e des auteur-e-s que nous avons choisi d’accueillir cette année pour cette 13e édition fonde son écriture à cet endroit d’exigence : faire parler les émeutes que l’on croit silencieuses, les trous que l’on pensait vides, les pages que l’on voyait blanches. visuel-2013-15petit1Chacun des textes qui sera lu prouve qu’un grouillement de vie et de pensées qui se fait aux marges des imageries toutes faites, continue à s’écrire avec des traits n’ayant pas peur de dépasser les cadres. Ces textes ne changeront peut-être rien au cours des choses, mais envisageons-les comme autant de menaces et de renversements possibles du monde qui nous entoure.
Un jour, les lucioles deviendront termites. En attendant, souriez, cette année, on arrête de se calmer.

Magali Mougel

* Survivance des lucioles de Georges Didi-Huberman, Éditions de Minuit (p.133-134).

les auteurs 2013

Friday 3 May 2013

hakim-bahNé à Mamou (Guinée), Hakim BAH est diplômé en licence Informatique à l’Université UNIC de Conakry et est Directeur de la compagnie Zone de Turbulence. A la fois poète et dramaturge, il a publié aux éditions Edilivre un recueil de Poésie intitulé « l’envers en vers ». Il a suivi des formations en écriture dramatique avec Roland Fichet, en mise en scène avec François Rancillac et Kouam Tawa. Son texte Sur la pelouse a été créé à la 7e édition des RECREATRALES au Burkina Faso. Ticha-Ticha, bénéficie du soutien du programme “Afrique et Caraïbe en créations” de l’Institut Français pour une résidence au Théâtre de l’Aquarium à Paris, où la pièce sera lue le 25 mai. Le cadavre dans l’oeil est une commande conjointe du Théâtre de Folle Pensée à Saint-Brieux et du CCFG dans le cadre du projet portrait avec paysage initié par le Théâtre de Folle Pensée.

Nicoleta Esinencu, née en 1978 en Moldavie, est auteure, dramaturge et metteure en scène. Après avoir reçu en 2003 une bourse nicoleta-esinencuà l’Akademie Scholss Solitude de Stuttgart, elle se fait connaître avec sa pièce FUCK YOU, Eu.ro.pa. Son travail au style volontairement provocateur a donné lieu à de furieux débats politiques en Roumanie et en Moldavie. Elle écrit Antidote pour « After the fall », commande européenne du Goethe Institut à une vingtaine d’auteurs en 2009. Elle participe à de nombreux programmes culturels comme celui organisé par l’Institut culturel roumain de Paris. En 2010, elle participe à la résidence ULNÖ (Autriche) où elle développe plusieurs idées pour ses travaux futurs. Elle fonde à Chișinău un espace artistique alternatif : le teatru-spalatori. Elle est invitée en 2010 au Festival Littéraire de Berlin et au salon du livre de Paris en 2013. Les textes de Nicoleta Esinencu sont publiés en français aux éditions l’Espace d’un instant.

gilles-granouilletNé en 1963 à Saint-Étienne, Gilles Granouillet fonde en 1989 la compagnie Travelling théâtre avec laquelle il réalise plusieurs mises en scène. Très vite, il se tourne vers l’écriture théâtrale. Il est l’auteur de plus d’une vingtaine depièces montées par Philippe Adrien, Jean-Claude Berutti, Gilles Chavassieux, Anne-Laure Liégeois, Carole Thibaut, Jean-Marc Bourg… ou par lui-même. Auteur associé à la Comédie de Saint-Étienne de 1999 à 2010, il y mène un travail autour de l’écriture contemporaine. En 2009 François Rancillac crée Zoom puis en 2013 Ma mère qui chantait sur un phare au Théâtre de l’Aquarium, et Odette Guimond Combat au Théâtre Prospéro à Montréal. Traduit dans une demi-douzaine de langues, il a été joué dans une dizaine de pays. Nous avons mis en lecture de nombreuses pièces de Gilles depuis une dizaine d’années, mais c’est la première fois qu’il est invité du festival, « invité d’honneur ».

Jonas Hassen Khemiri est né en 1978, d’un père Tunisien et d’une mère Suédoise. Il est l’un des auteurs suédois les plus prometteurs jonas-hassen-khemiride sa génération. Son roman Ett öga rött (Un oeil rouge) paru en 2003 fut un best-seller en Suède (plus de 200 000 exemplaires vendus) et c’est grâce à son deuxième roman Montecore – en unik tiger (Montecore, un tigre unique, éditions Le Serpent à Plumes) qu’il obtient le titre de meilleur auteur en 2006. Sa  première pièce, Invasion ! (éditions Théâtrales, 2008) écrite pour le Théâtre de Stockholm, est jouée pendant deux saisons à guichets fermés. Nous qui sommes cent et L’Apathie pour les débutants créées en Suède ont été  traduites en français par Marianne Ségol. Elle traduit actuellement son roman inspiré de J’appelle mes frères à paraître en 2014 chez Actes Sud. Son écriture, ludique et drôle, s’inspire de sa double origine pour aborder les thèmes de l’immigration, de la place de la femme dans la société.

lollikecscanpix-copieChristian Lollike est né au Danemark en 1973. Il a étudié la philosophie et la littérature à l’Université de Roskilde et la dramaturgie à l’école Nationale des Auteurs Dramatiques du Danemark (à Aarhus). Il est l’auteur de nombreuses pièces de théâtre, pièces radiophoniques, ainsi que de plusieurs scénarios et adaptations de pièces. Il a reçu le prix du meilleur auteur dramatique danois 2009 pour sa pièce Angoisse cosmique ou le jour où Brad Pitt fut atteint de paranoïa. Il est aujourd’hui l’auteur danois le plus joué à l’étranger. Christian Lollike vit à Copenhague où il est codirecteur de l’école Nationale des Auteurs Dramatiques liée au Théâtre d’Aarhus et directeur du théâtre Café Teatret. Ses pièces sont éditées aux éditions Théâtrales et traduites par Catherine Lise Dubost.
© Sanpix

Pau Miró, né à Barcelone en 1974, est auteur, metteur  en scène et comédien. Diplômé de l’Institut del Teatre de Barcelone, pau-miroil se forme à la dramaturgie au sein de  différents séminaires de la Sala Beckett. Il fonde la compagnie Menudos et crée de nombreux spectacles comme auteur-metteur en scène. C’est avec Barcelone sous la pluie qu’il se fait connaître du public. En 2008-2009, il écrit sa trilogie animale composée de Buffles, Lions et Girafes qui a reçu le prix de la critique dans la catégorie «meilleur texte théâtral». Pau Miró exerce aussi comme professeur de théâtre
et de dramaturgie. Ses pièces sont traduites et montées aussi bien en Europe qu’en Amérique du sud, aux états-Unis ou au Canada. Buffles est édité par Espaces 34 et sera prochainement mis en scène par Edouard Signolet.

c2a9jp-angei-2Magali Mougel est auteure, dramaturge et enseignante à l’Université de Strasbourg dans le département des Arts. Elle intègre le département Écriture Dramatique de l’ENSATT en 2008. Sa pièce Erwin Motor, dévotion a reçu l’aide à la création du CNT en 2011 (Éditions Espaces 34, 2012). En 2012-2013, elle est auteure associée au Préau – CDR de Basse-Normandie de Vire et rédactrice pour le Théâtre National de Strasbourg. Guérillères ordinaires paraît chez Espaces 34 en février 2013. Elle est membre du collectif Troisième bureau.
© Jean-Pierre Angei

Éric Pessan est né en 1970 à Bordeaux, il vit dans le vignoble nantais. Il est l’auteur d’une vingtaine d’ouvrages. eric-pessanc2a9patrick-devresseIl écrit des romans, des textes en compagnie de plasticiens ainsi que des textes de théâtre et des romans à destination de la jeunesse. Il est également membre du comité de rédaction de la web-revue : Remue.net et de la revue Espace(s) du Centre National d’études Spatiales. Paraîtront dans les mois à venir : Muette (roman) en août 2013 aux éditions Albin Michel et La négligence des hommes (théâtre) en décembre 2013 aux éditons de l’Attente, Tous doit disparaitre est édité à Théâtre Ouvert.
©Patrick Devresse


Pauline Peyrade paulinea étudié la dramaturgie et la mise en scène à la Royal Academy of Dramatic Art (Londres), puis les études théâtrales à la Sorbonne Nouvelle. En 2012, elle intègre l’ENSATT en écriture Dramatique. Auteure de plusieurs textes, elle co-écrit le scénario de Trois coeurs pour battre (court-métrage), lauréat G.R.E.C en 2012. La même année, elle fonde la revue « le bruit du monde revu(e) », avec Pauline Thimonnier et Clémence Bordier. Elle prépare une thèse de doctorat sur la dramaturgie de l’acteur, sous la direction de Jean-Pierre Ryngaert. Chargée de cours à Paris 3, elle enseigne aussi à Sciences Po Paris et anime des ateliers d’écriture à la Ménagerie – théâtre francophone de Berlin.

Pauline Peyrade est en charge de la Gazette du festival en partenariat avec les étudiants L3 Arts du spectacle de l’université Stendhal Grenoble 3.


Intégrant la Classe d’interprétation du Conservatoire de Grenoble, Laura Tirandaz joue sous la direction de Chantal Morel, c2a9jp-angei-460Laurent Pelly et Jacques Vincey. En 2007, elle crée la Compagnie Variations puis écrit et met en scène Variation I : Le Fils au Théâtre de Création de Grenoble. Après son cursus à l’ENSATT, elle travaille sur un cycle d’émissions consacrées à Arthur Adamov pour France-Culture. En 2012, elle réalise Phonurbaine, documentaire sonore sur le quartier Berriat (diffusé au Tricycle et sur Radio Campus Besançon). Elle écrit Hôtel Resort mis en scène par Hélène Gratet au Tricycle en février 2013. Son texte Choco Bé édité chez Théâtre Ouvert a été lu sur France-Culture, à Regards croisés et au festival Cap Excellence (Guadeloupe) dans le cadre du prix Textes en Paroles.

les traductrices 2013

Friday 3 May 2013

cldubost2Catherine Lise Dubost est traductrice du danois vers le français. Pour le théâtre, en lien avec la Maison Antoine Vitez, elle a traduit entre autres Le bout du Monde et Pieta d’Astrid Saalbach, ainsi que Chef d’oeuvre de Christian Lollike. En 2006, avec le soutien du Centre de littérature danois de Kunststyrelsen, elle fait la traduction de Comme nous étions heureux et Les Forêts noires, de Christian Grondahl. Depuis 2006, elle coordonne des comités de lecture pour lesquels elle s’attache à mettre en œuvre un réseau professionnel de théâtres, de traducteurs, et d’institutions culturelles entre le Danemark et la France. Par ailleurs, sa traduction vers le danois de Au Bord écrite par Claudine Galea a reçu le Grand Prix de littérature dramatique en 2011.

Alexandra Lazarescou est née en 1982 à Piatra-Neamt (Roumanie) et arrive en France en 1990. Suite à l’obtention d’un alexandra-lazarescou-photoDEA en philosophie de l’art, elle se dirige vers l’écriture en intégrant l’ENSATT. Comédienne, auteure, conseillère en  dramaturgie, elle se passionne pour les lettres. Par la suite, son travail à la communication de diverses structures culturelles (Éditions Théâtrales), l’amène à poursuivre autrement son travail d’écriture. Durant ses études, elle obtient un projet de recherches avec l’École Nationale Supérieure de Théâtre et Film de Bucarest. Véritable révélatrice, cette expérience la conduit en 2008 à se consacrer exclusivement à la traduction de textes roumains. Depuis 2010, elle est membre du comité roumain de la Maison Antoine Vitez.

cherb-cla-dsc_4571_1Clarice Plasteig dit Cassou est comédienne et traductrice. Formée au conservatoire du Xe arrondissement de Paris, en parallèle d’études théâtrales à Paris III, puis à l’Estudis del Teatre de Barcelone (Berty Tovias, Lilo Baur…), elle est titulaire d’un master d’espagnol à Paris III axé sur les problématiques de la traduction théâtrale. Elle joue au théâtre, pour le cinéma, la télévision, et participe à des ateliers de théâtre destinés aux lycéens. Elle a traduit plusieurs pièces de Pau Miró comme Barcelone sous la pluie, Des balles et des ombres et sa « trilogie animale », ainsi que Bleu de Ferran Joanmiquel Pla (commande en partenariat Théâtre Ouvert/Maison Antoine Vitez/Sala Beckett). En 2014, sa traduction de Noces de sang de Federico Garcia Lorca, sera mise en scène par Guillaume Cantillon.

Marianne Ségol-Samoy a suivi un double cursus de comédienne à l’école Théâtre en Actes et d’universitaire avec une maîtrise de scandinave Lettres et Langues segolà la Sorbonne, et une licence de Français Langue étrangère à Paris 8. Traductrice suédois/français, français/suédois, elle a traduit dans divers domaines des textes de Susanne Osten, Rasmus Lindberg, Lucas Svensson, Erik Uddenberg, Malin Axelsson, Henning Mankell, Jonas Hassen Khemiri, Sara Stridsberg… Depuis 1998, elle est lectrice pour plusieurs maisons d’édition. Elle est cofondatrice de LABO07 – Réseau qui vise à la circulation des écritures dramatiques contemporaines d’Europe pour l’enfance et la jeunesse et à la rencontre active de leurs auteurs.

Lundi 13 mai 2013 Gilles Granouillet

Friday 3 May 2013

LUNDI 13 MAI
19h30
Ouverture de la 13e édition
19h55 CHRONIQUE DU SOIR
20h Lecture HERMANN de Gilles Granouillet

Hospitalisé dans le service neurologie d’un hôpital du sud de la France, Hermann ne sait plus qui il est. Seuls indices pour le docteur Léa Paule, des mots russes et le nom d’Olia Maidana surgissent de sa parole. Pas à pas, les fils de la mémoire se délient. Olia et Hermann se sont connus en Russie, avant que leur pays n’entre en guerre contre l’Afghanistan en 1986. À son retour prématuré du front, Hermann en état de choc perd un pan de sa raison. De son côté Olia «vend» son amour et se marie au docteur Streiberg, neurologue, collègue du docteur Paule. à ce jeu de piste où l’obstacle le plus coriace s’appelle mémoire, s’ajoute le mystère d’un Hermann qui semble ne pas avoir vieilli, comme si le temps s’était interrompu avec la mémoire perdue…

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Avec Stéphane Czopek, Léo Ferber, Bernard Garnier, Sylvie Jobert, accompagnés par Thierry Blanc
22h Rencontre avec Gilles Granouillet et Magali Mougel

Et si on réchauffait nos vies grelottantes ?
Hermann est une plongée dans les limbes de la mémoire, dans ce qu’elle possède de complexe et peut-être d’insaisissable. Texte épique, à la narration éclatée, Hermann déploie une toile en forme de rhizome où chaque histoire en révèle une autre et où le plaisir que nous éprouvons à la lecture, à l’écoute de cette pièce, découle du fait que le destin d’autrui, n’a d’autre volonté que de réchauffer nos vies grelottantes.
La force de ce texte est notamment de renouer avec la dimension narrative du théâtre, qui nous rappelle combien nous avons besoin d’histoires, combien il est heureux de pouvoir avec naïveté, simplement, être à l’écoute d’une histoire, qui prend le temps d’avancer, de tâtonner, de s’en sortir un peu, de se construire, d’être en rupture avec le temps cravaché du quotidien.

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Mardi 14 mai 2013 Jonas Hassen Khemiri

Friday 3 May 2013

MARDI 14 MAI
18h [LIBRAIRIE LE SQUARE]
Rendez-vous avec… Jonas Hassen Khemiri et Éric Pessan

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19h55
CHRONIQUE DU SOIR par Laura Tirandaz
20h Lecture J’APPELLE MES FRÈRES de Jonas Hassen Khemiri
Traduit du suédois par Marianne Ségol-Samoy (2013) Avec le soutien de la Maison Antoine Vitez

Une ville en Suède. Un e explosion constitue le pont de départ de cette pièce à la tonalité tendue. On ne connaît pas les commanditaires de cet attentat présumé, et chacun est aux aguets, « suspects potentiels » comme « honnêtes citoyens » pris dans l’engrenage de la peur. La violence tapie semble prête à éclater à tout moment. Parce qu’ils sont étrangers, Amor et Shavi, deux amis de longue date ainsi que leurs « frères » se préparent au pire, à ce qui pourrait être une sorte de traque ou de chasse au faciès. Et parce que le contexte politique du pays semble inviter à la méfiance, les « suspects » vont se donner pour consignes de ne pas sortir, se rendre invisibles… Paraître le plus « normal » possible devient l’enjeu primordial de ces êtres qui iront jusqu’à contrôler la façon même dont ils doivent marcher dans la rue.

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Avec Stéphane Czopek, Léo Ferber, Hélène Gratet, Sylvie Jobert, Aurélien Villard accompagnée par Grégory Faive
22h Rencontre avec Jonas Hassen Khemiri et Éric Pessan

Tous suspects ?
Il semblerait que nous devions vivre sur nos gardes, avec sans cesse en tête cette bonne vieille rengaine new-yorkaise « If You See Something, Say Something ». J’appelle mes frères est comme une sonnette d’alarme, qui rappelle que les événements politiques, sociaux et économiques qui nous entourent, finissent toujours par assaillir nos quotidiens. Ils entrent par une oreille, se glissent dans nos corps comme des bactéries et modifient quelque chose de notre comportement, de notre rapport au monde, jusqu’à soulever et engendrer des soupçons sur ce que nous sommes. Identité qui se délite, identité fracturée et diffractée par le choc que pourrait causer la déflagration d’une bombe, nous voici forcés de redéfinir nos façons d’être, nos
relations sociales, nos destins, nos avenirs.
Dans J’appelle mes frères, Jonas Hassen Khemiri met en perspective comment le réel nous manipule et fait ressurgir paranoïa et suspicions.
Pourtant, face à ces processus, n’avons-nous pas à apprendre à nous défaire de ces états de choc qui travaillent à l’avènement de ce que nous pourrions nommer une société de la terreur ?

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Mercredi 15 mai 2013 Christian Lollike

Friday 3 May 2013

19h55 CHRONIQUE DU SOIR par Magali Mougel
20h Lecture LA VIE NORMALE de Christian Lollike
Traduit du danois par Catherine Lise Dubost (2012)

Sous nos yeux, A, B et C tentent de mettre en scène une histoire « ordinaire », de personnes sereines et pleines d’entrain, où règne la « joie de vivre ». Mais à chaque nouvelle tentative, c’est la même histoire qui revient – la femme se sent traquée et persécutée. À quoi un des personnages répond « STASI INTERIEURE » – organe qui [te] contrôle en sollicitant ton aspiration présupposée à une vie belle et pleine de succès, ton désir d’être une bonne citoyenne. Elle contribue à agir au mieux pour soi et son entourage avec le concours de la DDAS (direction des affaires spirituelles). En parallèle, le trio raconte le quotidien d’un  couple « sous observation », victime d’un contrôle provenant cette fois de l’extérieur. Le mari ne supporte plus l’obsession de sa femme qui voudrait à tout instant pouvoir le localiser. De son côté, la femme est, elle-même, surveillée par ses collègues qui ont remarqué qu’elle sourit beaucoup moins ces derniers temps et que sa productivité a chuté…

Avec Stéphane Czopek, Grégory Faive, Léo Ferber, accompagnés par Sylvie Jobert et Stéphane Czopek

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22h Rencontre avec Christian Lollike et Laura Tirandaz

Quelle « norme » sommes-nous en train de construire ?
Les obsessions, la paranoïa, les médias, la société, Big Brother, la différence, les maux de la société occidentale, en somme, sont épinglés, accumulés, mis « sous observation » dans la pièce de Lollike, La Vie normale. La folie des faits divers serait-elle la norme ? La pièce questionne plus qu’elle ne répond aux doutes de l’individu, à la peur de l’Autre, à une réalité mise à distance sur un ton grinçant. Ici, comme dans d’autres textes de l’auteur, le réel vient irriguer la fiction et engage la réflexion sur les liens que l’individu entretient avec son corps, sa liberté. Finalement, quelle place occupe-t-on dans la société ?

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Jeudi 16 mai 2013 Éric Pessan

Friday 3 May 2013

JEUDI 16 MAI
14h Rencontre regards lycéens
18h [LE PETIT ANGLE]
Rendez-vous avec… La SACD
19h55 CHRONIQUE DU SOIR par Laura Tirandaz
20h Lecture TOUT DOIT DISPARAÎTRE de Éric Pessan

Au Val Enchanté, c’est le premier jour des soldes et une foule s’amasse aux portes du centre commercial. L’attente d’abord, la pluie ensuite, puis une bagarre qui éclate font progressivement monter la tension jusqu’à créer un mouvement de foule. Les vitres cèdent sous la pression des corps agglutinés, certains sont piétinés, mutilés, tués… Plutôt que de plonger le lecteur au coeur du drame, l’auteur inscrit la fable dans l’après, dans le témoignage à posteriori. Plusieurs voix se superposent et s’entremêlent, allant de la mère de famille à l’adolescent en passant par le vigile ou la caissière, créant un effet fragmentaire, polyphonique, chacun des personnages-témoins nous proposant une voie, un regard sur cette catastrophe en forme de fait-divers où de tranquilles consommateurs s’adonnèrent au pillage. Une voix diverge, celle d’Andreas, présent le jour du drame, qui se souvient étant enfant des courses du samedi au « Val Enchanté »…

Avec Thierry Blanc, Stéphane Czopek, Pierre David-Cavaz, Bernard Garnier, Hélène Gratet, Sylvie Jobert, Danièle Klein, Benjamin Moreau, Sarah Roux-Barrau, Philippe Saint-Pierre… accompagnés par Grégory Faive

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22h Rencontre avec Éric Pessan et Magali Mougel

« I shop therefore I am »
De la fièvre acheteuse à la destruction, Tout doit disparaître raconte combien le désir de marchandise peut aussi se révéler être négation de celle-ci. La croissance économique et donc la consommation de marchandises auraient libéré nos sociétés de cette pression naturelle qui exigeait leur lutte immédiate pour la survie. J’achète alors je suis ? Oui, l’émeute est peut-être une manifestation bestiale. Mais ne peut-elle pas être envisagée comme la volonté ultime d’action politique, une forme de revendication collective face à la surdité d’une société consumériste exacerbée ? On croit que les émeutiers n’ont rien à dire. On croit que l’émeute – et plus encore lorsqu’elle est de supermarché – n’est que destruction gratuite, sans discours idéologique la supportant. Or, il convient de s’interroger sur le silence supposé des émeutiers et c’est peut-être là le rôle du théâtre.

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Vendredi 17 mai 2013 Hakim Bah / Nicoleta Esinencu

Friday 3 May 2013

VENDREDI 17 MAI
14h Rencontre professionnelle… Les auteurs français à l’étranger, ces inconnus?
18h [BIBLIOTHèQUE CENTRE VILLE]
Rendez-vous avec Olivier Neveux
19h55 CHRONIQUE DU SOIR
20h Lecture LE CADAVRE DANS L’OEIL de Hakim Bah

Proche du témoignage, un jeune homme raconte et déplie une partie de son existence, traversée de plein fouet par l’histoire de son pays, la Guinée. Né dans le camp de détention Boiro à Conakry, sous la dictature d’Ahmed Sékou Touré (leader de l’indépendance en 1958 puis premier président), d’une mère guinéenne et d’un père français, il verra celui-ci exécuté par pendaison le 25 janvier 1971 par le régime en place. Suite à l’indépendance de la Guinée, Sékou Touré entreprend d’éliminer opposants politiques, traîtres et toute personne hostile à son pouvoir. Témoin de la mort publique de son père, le personnage nous fait part de son regard, et du cadavre de son père qu’il a gravé au fond de son oeil, image qui ne le quitte plus. Le pont du 8 novembre, aussi appelé le Pont des pendus, où s’est tenu l’exécution collective, a été démoli le 10 mars 2012 pour y construire en lieu et place un échangeur routier. Dans un geste qui semble vouloir évacuer ce sinistre épisode, c’est une partie de l’histoire guinéenne que l’on a dérobée au visible.

Avec Thierry Blanc, Stéphane Czopek, Léo Ferber

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21h Lecture ANTIDOTE de Nicoleta Esinencu
Traduit du roumain (moldave) par Alexandra Lazarescou Avec le soutien de la Maison Antoine Vitez (2012)

Dear Mr. Andropov, My name is Samantha Smith. I am ten years old. Congratulations on your new job. I have been worrying about Russia and the United States getting into a nuclear war. Are you going to vote to have a war or not ? If you aren’t please tell me how you are going to help to not have a war. This question you do not have to answer, but I would like to know why you want to conquer the world or at least our country. God made the world for us to live together in peace and not to fight. Sincerely, Samantha Smith.
S’appuyant sur les réalités historiques d’un vingtième siècle à haute teneur en gaz – du Zyklon B utilisé dans les camps nazis, des menaces nucléaires de la guerre froide à l’explosion de la centrale de Tchernobyl – la pièce de Nicolea Esinencu dénonce l’utilisation d’un autre gaz suintant de toutes parts, invisible et inodore mais tout aussi mortel, qui entretient la haine envers l’Autre, qu’il soit juif, tchétchène ou moldave.

Avec Thierry Blanc, Stéphane Czopek, Léo Ferber

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22h Rencontre avec Hakim Bah, Nicoleta Esinencu, Gilles Granouillet, Laura Tirandaz

Les échos de l’histoire
Dans ces deux textes, la psyché de l’individu est traversée par l’histoire et si le personnage reste difficile à cerner, les sens – l’ouïe, la vue, le toucher et l’odorat – de celui ou celle qui parle rendent compte d’une autre manière des événements politiques. Dans une histoire tumultueuse, la mémoire d’une histoire personnelle re-surgit. Comment raconter ses ressentis face à la version officielle et « objective » de l’histoire ? Comment la subjectivité trouve-t-elle sa place face à la parole dominante ? Quelle sensualité reste-t-il en mémoire suite aux événements historiques ?

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