La Catastrophe joyeuse – Hé!Hé! 09/10

Thursday 2 December 2010

Un théâtre où l’on ne rit pas est un théâtre dont on doit rire, Bertolt Brecht

visuel-2010Avec ses cortèges de corps décomposés, ses danses et ses travestissements joyeusement morbides, la peste noire, maladie de l’apocalypse par excellence, provoque le désordre dans l’horlogerie sociale, libère les puissances instinctives et sauvages et fait resurgir le fond obscur de l’Homme. Pouvant se transmettre à celui qui vit à l’écart des malades et laisser indemne celui qui les veille, ignorant le criminel et anéantissant en une nuit un millier de justes, la grande farandole macabre rappelle aux hommes la fragilité de leurs raisons d’être, les ténèbres dont ils sont issus et l’aléatoire de toutes leurs catégories morales. Dans le fantasme du surgissement épidémique se fait toujours clairement entendre ce désir archaïque de destruction totale des édifices sociaux et de leurs mirages.

La peste (celle du moins qui reste à l’état de prévision) est ainsi un rêve politique. Car si la maladie concerne l’individu, l’épidémie interpelle la communauté et questionne essentiellement le lien entre les êtres. Quand les hommes ne savent plus très bien ce qui les fait tenir ensemble, quand le sentiment d’impuissance à agir sur le monde devient quasi-général, le rêve de peste peut être lu comme le désir d’une immense liquidation, celui d’une vengeance contre l’immuabilité de l’ordre social et la lenteur complexe des affaires humaines. Fêtes purificatrices, lois suspendues, interdits levés, frénésie du temps qui passe, corps se mêlant sans respect, le rêve de peste peut être à l’inverse synonyme d’une surveillance généralisée, d’un quadrillage minutieux des villes, d’une séparation stricte entre les êtres. Que la peste soit une des métaphores célèbres du fascisme en dit assez sur le côté trouble et ambivalent de ce désir.

Et puis il y a celui qui saute à la corde dans les décombres. Qui chante les deux pieds dans la merde. Terriblement fier de vivre, il ne dit rien d’autre que sa profonde inadaptation à tout, voire la profonde inadaptation de tout à lui. Il ne se justifie pas, il est. Au milieu des lamentations, des débauches et des sauve-qui-peut hystériques, sa joie toute pure fait scandale. Ignorant ou refusant de considérer la soi-disante gravité des situations et les conséquences qu’elles impliquent, il acquiert par son refus actif du désespoir et de l’affliction un potentiel de résistance à la violence qu’il traverse. Idiot ? Clown ? Innocent ? Révolutionnaire ? Poète ? Le rire qu’il suscite, la force majeure qu’il revendique et exprime, deviennent non seulement des bouées de sauvetage mais des moyens de révélation. Il dénoue des conflits, dégage des forces et déclenche des possibilités.

Quelles seraient aujourd’hui les écritures qui viendraient appréhender ce motif de la catastrophe, de la grande épidémie rédemptrice, non plus pour se lamenter sur l’inanité actuelle, mais pour questionner peut-être, cette sensibilité catastrophiste, ce désir ambivalent d’apocalypse qui traverse la sensibilité contemporaine ? Des écritures qui viendraient révéler ce qui au cœur du désastre insiste, s’obstine à être et exige surtout d’être pensé ? Echappées belles et vivaces, contradictions motrices, pouvoir d’énonciations retrouvés ?

Samuel Gallet

Le Festival

Le programme

Les auteurs

Les traducteurs

les rencontres

La gazette

Le Prix des Lycéens

Le festival en images

Les lectures au café

Lundi 14 décembreg2-84260-068-11

La Ballade de l’escalope viennoise
de Georges Tabori
traduit de l’allemand par Maurice et Renate Tazman
Éditions Théâtrales, 2001

Le rire est la seule chose qui reste après la catastrophe.
George Tabori

Avec Léo Ferber, Grégory Faive, Bernard Garnier, Dominique Laidet, Sophie Vaude…

L’escalope viennoise n’est plus ce qu’elle était, elle s’est ratatinée tout comme l’empire austro-hongrois et Vienne n’est plus dans Vienne : Morgenstern voit des SS où il n’y en a pas, des émules de Freud le soignent dans une clinique vétérinaire parmi des gorilles et des ours polaires. Il ne lui reste plus qu’à invectiver Dieu, tout comme Job.

Auteur de théâtre, scénariste, romancier, nouvelliste, metteur en scène, acteur, George Tabori est né à Budapest en 1914 dans une famille d’intellectuels juifs. Il séjourne en Allemagne en 1932 et 1933, puis émigre à Londres en 1935. En 1945, il s’installe aux Etats-Unis, y rencontre Brecht, écrit ses premiers romans ainsi que des scénarios de films pour Hitchcock, Losey et Litvak. Il est décédé en juillet 2007. Ses pièces sont éditées chez Théâtrales et Actes-Sud.

Lundi 18 janvier

The Great disasterp259
de Patrick Kermann
Lansman Éditeur, 1999

café restaurant la Frise
150 cours Berriat à Grenoble

Avec Stéphane Czopek et Bernard Garnier

Vingt ans dans les montagnes, quinze ans à apprendre le français et l’allemand en cherchant travail et fortune, cinq jours à faire la vaisselle sur le Titanic, et l’éternité pour hanter les flancs du navire et raconter sans cesse la même histoire, son histoire… ainsi peut se résumer la vie de Giovanni Pastore qui n’aurait jamais dû quitter sa Mamma.
Passager clandestin à bord du monstrueux paquebot, chargé de nettoyer quotidiennement les trois mille cent soixante dix-sept cuillères à dessert destinées aux passagers de première classe, il ressasse son existence avec humour et tendresse, donnant vie à ses propres fantômes. (NdE)

moi Giovanni Pastore n’ai pas écouté la Mamma
faut respecter ses parents avait dit le curé
et les grands-parents j’avais demandé
et paf deux paires de claques
et les ricanement des copains

Patrick Kermann est né en 1959 à Strasbourg. Il écrit pour le théâtre et pour l’opéra dès le début des années 90. Il est l’auteur d’une dizaine de pièces. “Sur scène, dans une balance incessante entre incarnation et désincarnation, matériel et immatériel, visible et invisible, apparaissent des fantômes qui portent la parole des morts, pour nous encore et tout juste vivants“. Patrick Kermann est décédé en 2000.

Lundi 15 févrierMAYORGA_TORTUE:MOUSSON

La Tortue de Darwin

de Juan Mayorga
Éditions Les Solitaires Intempestifs, 2009
traduit de l’Espagnol par Yves Lebeau

Ouvrage traduit avec le concours de la Direction Générale du Livre,
des Archives et des Bibliothèques du Ministère de la Culture Espagnol
et de la Maison Antoine-Vitez – Centre international de latraduction théâtrale à Montpellier

Avec Léo Ferber, Sophie Vaude, Nicole Vautier, Grégory Faive, Dominique Laidet

Une vieille femme, Harriet, se présente dans le bureau d’un professeur en train de corriger les épreuves de son Histoire de l’Europe contemporaine. Harriet lui révèle quelques inexactitudes dans ses précédents écrits, comme dans l’affaire Dreyfus, la bataille de Verdun ou encore lors du bombardement de Guernica. Les sources de son savoir proviennent du fait qu’elle a été témoin, selon elle, de tous ces événements. Elle se présente comme la tortue de Darwin, devenue humaine à cause d’une évolution accélérée. À l’approche de ses deux cents ans, elle propose au professeur un marché : lui révéler la véritable histoire des deux siècles passés en échange d’un billet pour les Galapagos, où elle voudrait mourir…
Laurence Cazaux, Le Matricule des Anges

HARRIET _ Les tranchées, ce n’était pas ce que vous décrivez.
PROFESSEUR _ Ça, c’est énorme ! Et de quel droit dites-vous cela ?
HARRIET _ Du droit d’avoir été là. […] Sur la photo, entre les pattes du cheval emballé, c’est moi.
PROFESSEUR _ Enfin, d’où sortez-vous ? Bon Dieu, qui êtes-vous ?
HARRIET _ Je suis la tortue de Darwin

Né en 1965‚ Juan Mayorga est docteur en philosophie et enseigne à l’École Royale Supérieure d’Art Dramatique de Madrid. Il est l’auteur d’une trentaine de pièces‚ qui ont quasiment toutes été mises en scène‚ publiées et traduites en plusieurs langues. Son œuvre lui a valu de prestigieuses distinctions en Espagne‚ dont le Prix Max 2006 de la meilleure pièce pour Hamelin. (NdE)

Après des études universitaires à Nantes, Yves Lebeau entre au Conservatoire national supérieur d’art dramatique. Acteur, auteur, metteur en scène, conseiller littéraire à France-Culture en 95/97, il a obtenu le Grand prix Paul Gilson et le Prix Radio de la SACD. Il a traduit Hamelin, Copito, Les Insomniaques, Himmelweg de Juan Mayorga, éditées aux Solitaires Intempestifs.

Les auteurs du festival 10

Monday 10 May 2010

peter-barnescarreNé à Londres, Peter Barnes (1931-2004) grandit dans une station balnéaire populaire de la côte est, où ses parents tenaient des stands de jeu avant de gérer deux snack-bars en bord de mer, milieu qui eut une influence indéniable sur son œuvre. Amateur de cinéma, il commence par écrire des articles pour des revues ainsi que des scénarios. Il se tourne ensuite vers le théâtre, où il se fait un nom en 1968 avec The Ruling Class (traduit en français sous le titre Honni soit qui mal y pense a paru à L’Avant-Scène Théâtre), satire féroce de l’aristocratie britannique à la manière jacobéenne. Il écrit ensuite une série de pièces présentant des visions cauchemardesques de moments cruciaux de l’histoire dont Red Noses, Black Death. Ses pièces sont d’une audace et d’une invention linguistique remarquables. Ennemi juré du naturalisme, c’est un auteur vivifiant qui a toujours nagé à contre-courant, célébrant dans ses pièces le pouvoir subversif du rire. Reconnaissant sa dette envers Brecht et Artaud, il a été souvent salué comme un digne héritier contemporain de Ben Jonson dont il était un fervent admirateur.

Sebastian Barry est né en 1955 à Dublin. Il appartient à cette génération d’écrivains irlandais qui ne prennent pas les vérités historiques pour argent comptant et aiment explorer les zones d’ombre,barry-carre le passé méconnu, les petits secrets enfouis. Souvent inspirées par des histoires de sa propre famille, ses œuvres – romans, pièces de théâtre, recueils de poèmes, nouvelles, livres pour enfants – ont la plupart du temps pour décor l’Irlande des années de l’indépendance (1910-1920). Ses pièces sont jouées dans les plus prestigieux théâtres en Irlande et en Angleterre. À partir de 1996, il a occupé une chaire d’auteur au Trinity College de Dublin. Lauréat de nombreux prix dont le prix Costa en 2008 pour le roman Le Testament caché, à cinquante-cinq ans, il s’impose comme l’un des grands noms d’une nouvelle génération d’auteurs dramatiques irlandais.


imagesEnzo Cormann. Écrivain, metteur en scène, diseur, conseiller littéraire, enseignant… il est l’auteur d’une trentaine de pièces de théâtres et de textes destinés à la scène musicale, traduits et joués dans de nombreux pays. En France, la plupart de ses pièces sont publiées aux Éditions de Minuit, et chez divers éditeurs (Théâtrales, Actes Sud…). Également romancier, il a récemment publié Le testament de Vénus et Surfaces sensibles aux Éditions Gallimard. Plusieurs disques témoignent de son travail jazzistique, particulièrement en compagnie du saxophoniste Jean-Marc Padovani. Il a enregistré de nombreuses fictions radiophoniques pour France Culture, en tant qu’auteur, interprète ou co-réalisateur. Écrivain associé du Théâtre National de Strasbourg, puis du Centre national dramatique de Valence, conseiller littéraire des Célestins-Théâtre de Lyon, membre du collectif artistique Troisième Bureau jusqu’en 2007, Enzo Cormann fonde et dirige depuis 2003 le département Écriture dramatique de l’Ensatt à Lyon.


Marie Dilasser est née en 1980. Elle fait ses études à Brest avant d’intégrer le département d’écriture dramatique de l’Ensatt (Ecole nationale supérieure des arts et techniquemd3carres du théâtre) en 2003 sous la direction d’Enzo Cormann, faisant partie de la première promotion sortie en 2006. En 2005, Décomposition d’un déjeuner anglais est éditée aux Solitaires Intempestifs. En 2007, Michel Raskine met en scène “Me zo gwin ha te zo dour“ ou quoi être maintenant présenté à Lyon et à la Comédie de Valence, et publié aux Solitaires Intempestifs. En 2008, elle reçoit le Prix des Journées de Lyon des Auteurs de théâtre pour son texte Crash Test, édité aux éditions Act’Mem et mis en scène par Nicolas Ramon à Lyon. Marie Dilasser vit actuellement en Bretagne.


galletNé en 1981, Samuel Gallet intègre le département d’écriture dramatique de l’Ensatt en 2003, après des études de lettres et de théâtre à Paris. Il rejoint en 2007 le collectif Troisième Bureau. En 2008, il bénéficie d’une résidence au CEAD de Montréal. Il est auteur en compagnonnage auprès de Lardenois et Cie pour la saison 2008-2009. Ses textes ont été mis en scène par Philippe Delaigue, Marie-Pierre Bésanger, Guillaume Delaveau, et Oswald de nuit, poème rock, mis en musique par Baptiste Tanné. Trois de ses pièces ont été diffusées sur France Culture. Encore un jour sans, pièce finaliste du grand prix de littérature dramatique 2009, Autopsie du Gibier et Communiqué n°10 (à paraître début 2011) sont publiées aux éditions Espaces 34.


jouet

Jacques Jouet est né en 1947 dans la banlieue de Paris. Il se veut écrivain tout-terrain : poésie, nouvelle, roman, théâtre, essai. Ça ne lui fait pas peur qu’un poème puisse être imprimé sur un T-shirt. Il n’aime pas la pureté : la littérature n’est pas pure ; la langue n’est pas pure ; même les origines ne sont pas pures. De plus, à ses yeux, la littérature n’est pas une activité solitaire. C’est pour cela, peut-être, qu’il est si attiré par le théâtre. Depuis 1983, il est membre de l’Oulipo (Ouvroir de Littérature Potentielle fondé par François Le Lionnais et Raymond Queneau). Récemment, ont été publiés chez P.O.L. les romans L’amour comme on l’apprend à l’école hôtelière (2006), Une mauvaise maire (2007), Trois pontes (2008), Bodo (2009) et le poème MRM, prix Max Jacob en 2009.

juan-mayorgaDe la nouvelle génration d’auteurs dramatiques en Espagne, Juan Mayorga est sans doute le plus marquant. Né en 1965 à Madrid, il fait des études de philosophie (doctorat en 1997) et de mathématiques, mène des recherches autour des thèmes de la politique et de la mémoire chez Walter Benjamin, écrit de nombreux essais sur le rapport du théâtre et de la dramaturgie avec l’histoire, et enseigne la dramaturgie à l’Ecole Royale Supérieure d’Art Dramatique de Madrid. Ses questionnements se retrouvent dans son œuvre dramatique qui se compose aujourd’hui d’une trentaine de pièces, toutes mises en scène, publiées et traduites en plusieurs langues. Son œuvre lui a valu de prestigieuses distinctions en Espagne‚ dont le Prix Borne pour sa pièce Cartas de amor a Stalin (Lettres d’amour à Staline), le Prix Calderon de la Barca pour Mas ceniza (Plus de cendres) en 1992, le Prix Enrique Llovet 2003 pour Himmelweg et Max 2006 de la meilleure pièce pour Hamelin.


Les traducteurs du festival 10

Monday 10 May 2010

simon-diard1Après une maîtrise de lettres modernes à l’Université Paris IV, Simon Diard suit la formation du département Ecriture de l’ENSATT. En 2010, il est assistant à la mise en scène pour Le Vertige des animaux avant l’abattage de Dimitris Dimitriadis, mise en scène de Caterina Gozzi aux Ateliers Berthier (Odéon – Théâtre de l’Europe). Auteur dramatique, il écrit Tomas Borghi, Personne concrète et En combat singulier (dans le cadre de Disjecta membra, projet du département Ecriture de l’Ensatt, mise en scène en janvier 2011). Auparavant, il a publié dans des revues de poésie (Décharge, Diérèse, Verso) et dans l’ouvrage collectif « Paroles d’argile » (Prix de la présidence de l’Université Paris IV).

Isabelle Famchon est cofondatrice de la compagnie Roger Blin. Membre de longue date de la Maison Antoine-Vitez, elle effectue depuis plusieurs années des recherches sur le théâtre irlandais. famchon-copieTraductrice, dramaturge, auteur d’adaptations, d’articles sur l’histoire du théâtre et sur la traduction théâtrale, parfois metteur en scène, elle s’attache surtout à découvrir, traduire et faire connaître les dramaturgies contemporaines de langue anglaise. Elle a traduit notamment Tom Murphy, Franck McGuinness, Sebastian Barry, Vincent Woods, Chris Lee, Ursula Rani Sarma pour l’Irlande, James Stock, Howard Barker, John Retallack pour l’Angleterre… Pour l’Union des théâtres de l’Europe, elle co-traduit du gallois Trois de Meic Povey et, de l’irlandais, La colline aux fées a pris feu d’Eilis NiDhuibhne. Elle signe les surtitrages de plusieurs spectacles, notamment à la MC 93 de Bobigny.

gisele-joly-trois-quart_newComédienne, traductrice, membre du comité anglophone de traducteurs de la Maison Antoine Vitez, Centre international de traduction théâtrale. Gisèle Joly est née en 1951 à Salon-de-Provence. Après de premières armes dans le théâtre de marionnettes, la musique et le théâtre de rue, elle a surtout travaillé professionnellement comme comédienne au théâtre, dont sept années inspirantes et formatrices dans la troupe de Jean-Louis Hourdin. En 1995, s’étant découvert une passion irrépressible pour la traduction littéraire après avoir lu dans l’original The Dead de James Joyce, la dernière nouvelle de Dubliners (Les Gens de Dublin), elle s’est enthousiasmée pour le livre culte de Simon Callow qu’elle a traduit en français sous le titre Dans la peau d’un acteur (éd. Espaces 34), et grâce auquel elle a alors découvert la caverne d’Ali Baba du théâtre anglais contemporain. Nez rouges, Peste noire de Peter Barnes, un des trésors de ladite caverne, a été sa première traduction théâtrale, suivie depuis par La Dame au fourgon d’Alan Bennett et La Moisson de Richard Bean, toutes trois traduites avec le soutien de la Maison Antoine Vitez.

Après des études à l’Université de Nantes, Yves Lebeau entre au Conservatoire national supérieur d’art dramatique, en 68 (en même temps qu’Antoine Vitez). yl3-2Acteur, auteur, metteur en scène, il est également lecteur aux éditions Théâtrales, conseiller littéraire à France-Culture en 95/97 et membre du comité radio de la SACD. Il a obtenu le Grand prix Paul Gilson et en 1991 et le Prix Radio de la SACD. Il écrit sa première pièce Bibi le kid en 1979. Suivront Comptine, Homme avec femme, arbre et enfant (crées à l’Odéon par la Comédiens Français ) Lui (Théâtre de l’Odéon, mise en scène de l’auteur). Fraternité, Petites noces, Chair chérie, Dialogues à perte d’amour, Dessin d’une aube à l’encre noire (Festival d’Avignon 1995) La Crieuse… Le Chant de la baleine abandonnée est créée par Comédie Française, avec Denise Gence en 2000, et passe au cinéma. Dernière publication : Du temps que les arbres parlaient (Théâtrales Jeunesse) L’ensemble de ses pièces a été diffusé sur France- Culture. En 2002 : il rencontre Juan Mayorga. Il est traducteur de Himmelweg, Hamelin, Copito de Nieve, Les Insomniaques, La Tortue de Darwin, La Paix perpétuelle, Le songe de Guenièvre, Je saurais chanter je serais sauvé, Le Cartographe d’Urbineka.

Les rencontres 2010

Sunday 9 May 2010

15h Rencontre [Bibliothèque Centre ville]

Le théâtre de Juan Mayorga dans la littérature contemporaine de la mémoire

Opter pour un théâtre créateur de mémoire et de conscience constitue à présent une décision morale et politique préalable à tout autre, qui bénéficie d’une portée bien plus étendue que tout engagement. Juan Mayorga

Rencontre avec Simon Diard, Aurélie Deny, Yves Lebeau, Georges Tyras et Irène Sadowska-Guillon, animée par Thibault Fayner

En partenariat avec les Bibliothèques municipales de Grenoble

Les photos de la rencontre


15h Rencontre [Bibliothèque Centre ville]

Nez rouges, Peste noire de Peter Barnes dans le théâtre contemporain anglais

Le théâtre est un des arts archétypaux de la mémoire, et cela à plusieurs niveaux. Si nous le réduisons à un simple journal animé, nous concourons à la dérive par laquelle l’homme moderne en est venu à se sentir flotter dans l’histoire, sans branches ni racines.

Dans la peau d’un acteur de Simon Callow traduit de l’anglais par Gisèle Joly, Espaces 34

Rencontre avec Gisèle Joly, traductrice de la pièce et Séverine Ruset, maître de conférences à l’université Stendhal Grenoble 3.

En partenariat avec les Bibliothèques municipales de Grenoble

Vendredi 28 mai 2010

Sunday 9 May 2010



20 h Poème Rock

Oswald de nuit / L’Ennemi

de Samuel Gallet


… A la scène, un poème rock

La confrontation du texte avec un univers musical électrique sinueux crée un chant rageur, une longue dérive sonore et mélodique faite de ruptures, de reprises, d’accélérations et d’arrêts. A la croisée du théâtre et du concert, ce Dit poétique chanté et parlé, soutenu par une guitare et des percussions (vibraphone et/ou batterie), évolue entre le déclamation rock, l’adresse théâtrale et les passages totalement instrumentaux.

Au cours du poème, la figure d’Oswald, déserteur en puissance, est convoquée sous des formes différentes, surgissant tantôt au détour d’une évocation narrative, tantôt à la faveur d’une adresse imaginaire ou d’une situation dramatique incarnée.


lire un extrait

écouter un extrait

voir les photos


22h Café des auteurs

avec Samuel Gallet et la participation de Mélissa Acchiardi, Jean-Philippe Albizzati, Baptiste Tanné

Rencontre animée par Thierry Guichard

baptiste

Après avoir obtenu une licence de sciences physiques à Paris, Baptiste Tanné, diplômé de l’ENSATT (réalisation sonore) est ingénieur du son, musicien et guitariste. Il alterne aujourd’hui créations sonores pour le spectacle vivant (Compagnies Théâtre de l’Heure, Chiloé…) et régies de théâtre (Cartoun Sardines Théâtre, Premier acte…). Il travaille par ailleurs dans le domaine des musiques expérimentales (La muse en Circuit, Groupe de Recherches musicales) et comme régisseur général au Festival OFF d’Avignon (Espace Alya).

melieMélissa Acchiardi a étudié aux conservatoires de Dijon, Valence, Lyon, et a obtenu son Diplôme d’Etudes Musicales en percussions à l’Ecole Nationale de Musique de Villeurbanne. En parallèle, elle suit des études de musicologie à l’université et participe à différents projets (orchestre symphonique, musique de chambre, musique de films). Elle se tourne maintenant vers l’improvisation et la composition. Professeure de percussion, elle suit actuellement une formation au diplôme d’état d’enseignants de la musique.

Jean-Philippe Albizzati est auteur, comédien et metteur en scène. Il se forme au conservatoire municipal du 8ème arrondissement de Paris, puis à l’Ecole du Studio à Asnières sur seine. 0001-copieIl travaille avec Jean-Louis Martin, Benoit Seguin, Christophe Honoré avant d’intégrer en 2008 le département Mise en scène de l’ENSATT, sous la direction d’Alain Françon et de Christian Schiaretti.
Parallèlement à sa pratique du plateau, il poursuit son travail d’écriture : Mystique de la Rocaille
(poésie), Le Chant du Silence (théâtre), Les Larmes de Vénus (théâtre), Hier, j’ai eu 20 ans, (scénario sélectionné dans divers festivals internationaux), Petit Abou, fis de Dieu (théâtre).

Samedi 29 mai 2010

Sunday 9 May 2010

18h Lecture

Lettres d’amour à Staline
De Juan Mayorga (Espagne), inédit

Traduction de Simon Diard

La pièce s’ouvre dans l’URSS des années trente au moment où Mikhaïl Boulgakov, écrivain accablé par la censure, lit à sa femme, Boulgakova, une lettre où il demande au camarade Staline ou bien la liberté de publier et de faire jouer ses pièces ou bien la liberté de quitter l’URSS. La lettre restée sans réponse, comme les suivantes, plonge Boulgakov dans l’incompréhension et un dénuement de plus en plus critique. L’écriture de la lettre maîtresse qui saura conquérir le dictateur devient alors son obsession. Jusqu’au jour où Staline lui téléphone…

Lettres d’amour à Staline est une histoire d’amour à trois personnages : un homme, une femme et le diable.

lire un extrait

Avec Thierry Blanc, Stéphane Czopek, Anne Rauturier
Lecture dirigée par Grégory Faive

Voir les photos

20h30 Lecture

La Paix perpétuelle
De Juan Mayorga (Espagne), Solitaires Intempestifs, 2010

Ce texte a obtenu l’aide à la création du Centre national du Théâtre

Traduction de Yves Lebeau

L’unité d’élite antiterroriste K7 organise un concours pour intégrer un nouvel élément. Il reste trois épreuves pour les trois finalistes : Odin (Rottweiler), Emmanuel (Berger allemand) et John-John (croisé de plusieurs races) et un seul “collier blanc“, symbole d’excellence. Les chiens ne se font aucun cadeau, tous les coups sont permis d’autant que la rumeur court que les perdants seront “transformés en saucisse“. De ces épreuves, parfois violentes souvent cruelles qui posent des problèmes de morale, un seul s’en sortira.

Mêlant habilement humour et cynisme‚ Juan Mayorga utilise un procédé qu’il maîtrise à merveille : la métaphore animale, avec pour objectif de montrer ce que nous ne voulons pas voir : nous.

Lire un extrait

Avec Thierry Blanc, Enzo Cormann, Stéphane Czopek, Dominique Laidet, Claire Semet
Lecture dirigée par Enzo Cormann

Voir les photos

22h Café des auteurs

avec Enzo Cormann, Simon Diard, Georges Tyras
et Yves Lebeau

Rencontre animée par Thierry Guichard

Après une maîtrise de lettres modernes à l’Université Paris IV, Simon Diard suit la formation du département Ecriture dramatique de l’Ensatt. Il publie dans des revues de poésie et dans l’ouvrage collectif Paroles d’argile (Prix de la présidence de l’Université Paris IV). En 2010, il est l’assistant de Caterina Gozzi pour la mise en scène de Le Vertige des animaux avant l’abattage de Dimitris Dimitriadis aux Ateliers Berthier (Odéon-Théâtre de l’Europe). Auteur dramatique, il écrit Tomas Borghi, Personne concrète et En combat singulier dans le cadre de Disjecta membra, qui sera mis en scène en janvier 2011.

Après des études à l’Université de Nantes, Yves Lebeau entre au Conservatoire national supérieur d’art dramatique, en 68. Acteur, auteur, metteur en scène, il est également lecteur aux éditions Théâtrales, conseiller littéraire à France-Culture en 95/97 et membre du comité radio de la SACD. Il a obtenu le Grand prix Paul Gilson et le Prix Radio de la SACD. Il écrit sa première pièce Bibi le kid en 1979. Suivront Comptine, Homme avec femme, arbre et enfant créés à l’Odéon par les Comédiens Français, Lui mis en scène par l’auteur au Théâtre de l’Odéon. Fraternité, Petites noces, Chair chérie, Dialogues à perte d’amour, Dessin d’une aube à l’encre noire (Festival d’Avignon 1995), La Crieuse… Le Chant de la baleine abandonnée est créée par la Comédie Française, avec Denise Gence en 2000, et passe au cinéma. L’ensemble de ses pièces a été diffusé sur France Culture. Du temps que les arbres parlaient est sa dernière publication (Théâtrales Jeunesse). En 2002, il rencontre Juan Mayorga. Il est le traducteur de Himmelweg, Hamelin, Copito de Nieve, Les Insomniaques, La Tortue de Darwin, La Paix perpétuelle, Le songe de Guenièvre, Je saurais chanter je serais sauvé, Le Cartographe d’Urbineka.

Voir les photos


Mardi 1er juin 2010

Sunday 9 May 2010

20h Lecture / représentation


Echo-système

de Marie Dilasser, inédit


Echo-système se situe dans des paysages de collines sur lesquels vivent sept énergumènes. C’est l’automne et comme chaque année, ils prennent leurs fusils pour chasser la palombe.
Ils naviguent alors entre la ferme où ils habitent et la colline sur laquelle ils chassent, deux lieux où chacun y tient un rôle singulier. Cependant, cette année-là, le ciel est vide de palombes et le crieur public annonce l’arrivée de deux épouvantables représentants de la loi qui ont pour ordre d’expulser hors des frontières de l’Europe toutes les personnes qui sont sur la liste “des volontaires“ dressée par les préfets. Tiraillés entre le vide du ciel et l’arrivée des représentants de la loi, nos énergumènes se laissent aller à des hallucinations collectives qui les sauvent peut-être du vide et de la répression. 

Marie Dilasser

Lire un extrait

Avec Anne Castillo, Ali Djilali Bouzina, Sébastien Hoën-Mondin, Léo Ferber, Stéphane Czopek, Grégory Faive, Dominique Laidet, Philippe Saint-Pierre
Travail avec les acteurs  Sylvie Jobert et Claire Semet

Voir les photos

22h Café des Auteurs avec Marie Dilasser

Rencontre animée par Thierry Guichard

Note d’intention sur la lecture / représentation

La “lecture / représentation” de Echo-système
est le fruit d’un travail mené pendant deux semaines par des comédiens du collectif artistique. Ce travail est associé à un geste déterminant dans le parcours du collectif Troisième bureau : la mise en forme scénographiée des lectures autour de la table. Le pari est de privilégier la simplicité d’un dispositif de lecture devenant déclencheur de jeu. Il a fallu inventer un outil scénographique qui permette un passage de la table au plateau. C’est dans cette logique qu’ont été conçues par la scénographe Catherine Calixte les “tables-modules” qui assemblées forment la grande table, tout à la fois table des lectures et plateau de jeu, l’originalité du dispositif étant dans le rapport singulier que crée la présence des lecteurs à et sur la table.

Accompagnement d’écriture

Troisième bureau a proposé l’an dernier à Marie Dilasser d’accompagner son travail d’écriture en lui attribuant une “bourse d’écriture” pour son texte Echo-système puis sa mise en lecture dans le cadre du festival. C’est dans la continuité de cet accompagnement que nous lui proposons de travailler lors de cette dixième édition son texte de la “table au plateau“ en lecture / représentation.

Mercredi 2 juin 2010

Sunday 9 May 2010

20h Lecture

Entretiens d’embauche


de Jacques Jouet, inédit

Il s’agit de 20 pièces courtes explorant une situation récurrente, l’entretien d’embauche, relation entre l’offre et la demande. L’exploration passe par des situations plus ou moins banales, quotidiennes, impossibles, cocasses, terribles… Il s’agit aussi d’interroger notre relation au travail, au salaire, à la gratuité, à l’exploitation…

Jacques Jouet

Lire un extrait


Avec Stéphane Czopek, Grégory Faive, Léo Ferber, Sylvie Jobert, Philippe Saint-Pierre, Claire Semet
Lecture dirigée par Stéphane Czopek et Grégory Faive

Voir les photos

22h Café des Auteurs

avec Gérard Lorcy, metteur en scène

Rencontre animée par Thierry Guichard

D‘abord comédien pendant une dizaine d’années, Gérard Lorcy fonde La Compagnie ô Fantômes en 1992. De Privas au bassin Creillois en passant par Juvisy et Marseille, de Adamov à Salvayre en passant par Koltès et Kaiser, lorcyson travail de mise en scène se renouvelle en relation avec un théâtre, son directeur, une ville, ses habitants. Parallèlement, le partage de l’expérience théâtrale avec des détenus et des patients en institutions psychiatriques est pour lui essentiel. Actuellement en résidence à Villers-Saint-Paul (Oise) en partenariat avec La Faïencerie-Théâtre de Creil, et Jacques Jouet écrivain compagnon, son travail de création se nourrit autant d’écriture contemporaine que de rencontres actives avec les populations.

Jeudi 3 juin 2010

Sunday 9 May 2010

à 14h30

Prix des lycéens

Depuis 2004, dans le cadre du festival Regards croisés, des lycéens élisent leur texte dramatique préféré, parmi les pièces lues et discutées en séances de comité de lecture, et viennent défendre leur choix en public et en présence des invités du festival.

Voir les photos


20h lecture

La Fierté de Parnell Street

Voix Navigables, 2010

de Sebastian Barry (Irlande)


Texte français de Isabelle Famchon (version de lecture)


Ce texte a obtenu l’aide à la création du Centre national du Théâtre

Dublin, 1999. Amoureux depuis l’enfance, Janet et Joe Brady se sont mariés très jeunes et ont eu trois garçons. Vivant principalement d’expédients, portés par des rêves modestes, ils réussissent bon an mal an à rester soudés et à être heureux malgré l’accident imbécile qui coûte la vie à l’aîné des garçons. Mais un soir de défaite irlandaise au football, comme bon nombre d’hommes du quartier, Joe se venge sur sa femme et la tabasse. Elle le quitte avec les deux enfants et pendant des années refuse de le voir. Privé de son grand amour, Joe sombre dans la drogue et dans la criminalité. Condamné à une lourde peine, il ne sort de prison, que pour entrer à l’hôpital et y mourir du sida. Janet se décide à lui rendre une dernière visite, lui permettant de se rendre compte qu’elle n’a jamais cessé de l’aimer et de se sentir “l’homme le plus heureux de Dublin”.

Derrière cette histoire d’amour et d’héroïsme ordinaire racontée avec verve par des personnages qui ne se parlent directement qu’à la toute fin de la pièce, se dessine en filigrane une histoire plus vaste : celle de toute une ville irrémédiablementent transformée par la modernité en sorte que la pièce peut aussi se lire comme une promenade élégiaque dans un Dublin disparu.

Isabelle Famchon

Lire un extrait


Avec Léo Ferber et Philippe Saint-Pierre
Lecture dirigée par Stéphane Czopek et Grégory Faive

Voir les photos

Avec l’aimable autorisation d’Élisabeth Vitali et Patrick Catalifo

22h café des auteurs

avec Isabelle Famchon

Rencontre animée par Thierry Guichard

Les photos du 3 juin 2010 La Fierté de Parnell Street

Tuesday 4 May 2010

351rc_03_06_10c2a9jean-pierre-angei340rc_03_06_10c2a9jean-pierre-angei

352rc_03_06_10c2a9jean-pierre-angei 337rc_03_06_10c2a9jean-pierre-angei

374rc_03_06_10c2a9jean-pierre-angei

375rc_03_06_10c2a9jean-pierre-angei