Programme et photo 2014

Monday 19 October 2015

Jeudi 15 maiBIENVEILLANCEde Fanny Britt [Québec]

Lu par Thierry Blanc, Gustave Akakpo, Danièle Klein, Hélène Gratet, Bernard Garnier, accompagnés par Thierry Blanc et Sarah Barrau

Les photos du 15 mai

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Vendredi 16 mai
THÉÂTRE ET RÉALITÉ
Lecture et conversation avec Olivier Neveux, Laura Tirandaz et Magali Mougel

Les photos de la conversation

LES REGRETTANTS de Marcus Lindeen, traduit du suédois par Esther Sermage

Lu par Dominique Laidet et Bernard Garnier, accompagnés par Sylvie Jobert et Léo Ferber

Les photos du 16 mai

Chronique n°2 : Le papillon et le projecteur – Laura Tirandaz

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Samedi 17 mai
Conversation avec HÉLÈNE CHÂTELAIN et Olivier Neveux

LA GORGE de Žanina Mirčevska, traduit du macédonien par Maria Béjanovska

Lu par Nicolas Cartier, Pierre David-Cavaz, Danièle Klein, Bernard Garnier, Hélène Gratet, Thierry Blanc, Mélanie Marinho, accompagnés par Benjamin Moreau et Sylvie Jobert.

Les photos du 17 mai

Chronique n°3 : Le vertige du multiple – Laura Tirandaz

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Dimanche 18 mai

SUZY STORCK de Magali Mougel

Lu par Martin Kipfer, Sarah Roux, Cécile Gérard, Nathan Gabily, Sylvie Jobert, Augustin de Dadelsen, accompagnés par Cécile Backès

Les photos du 18 mai

Chronique n°4 : La science de l’apiculture – Laura Tirandaz

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Mercredi 21 mai
ÉTONNANTES ÉCRITURES EUROPÉENNES POUR LA JEUNESSE
Sous la direction de Marianne Ségol-Samoy et Karin Serres
Les Cahiers de la Maison Antoine Vitez, Editions Théâtrales, 2013

Conversation avec Marianne Ségol-Samoy, Marianne Clévy, Sandrine Grataloup, Lucie Duriez, et Émilie Viossat

Les photos de la conversation

ROSE ROSE ROSE, texte suédois et français de Malin Axelsson, Karin Serres et Marianne Ségol-Samoy

Lu par Marie Bonnet et Marianne Ségol-Samoy, accompagnées par Benjamin Moreau

Journée organisée en collaboration avec les CoLecteurEs

Les photos du 21 mai

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Jeudi 22 mai
REGARDS LYCÉENS
Deux classes de 2nd du Lycée technique et professionnel André-Argouges et une classe de 1ère du Lycée Les Eaux-Claires de Grenoble, en conclusion d’un travail mené depuis janvier avec des comédiens de Troisième Bureau sur les pièces Tranche froide, Le Champ et Bienveillance, ont rencontré les auteurs Linda McLean et Pavel Priajko et échangé “à distance” avec Fanny Britt. Chaque classe a lu un extrait des textes et fait part de son “coup de cœur”.

Pavel Priajko a rencontré le vendredi 23 les élèves d’une classe de 2e du Lycée polyvalent Ferdinand Buisson à Voiron.

Les photos de Regards lycéens

ILLUSIONS de Ivan Viripaev, traduit du russe par Tania Moguilevskaia et Gilles Morel

Lu par Hélène Gratet, Léo Ferber, Thierry Blanc et Stéphane Czopek, accompagnés par Benjamin Moreau

Les photos du 22 mai

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Vendredi 23 mai
TEXTE ET MISE EN SCÈNE, DIVORCE À LA FRANÇAISE ?
Conversation avec Joseph Danan, Sylvain Diaz, Magali Mougel et Laura Tirandaz

Les photos de la conversation

LE CHAMP de Pavel Priajko, traduit du russe (Biélorussie) par Tania Moguilevskaia et Gilles Morel

Avec la participation des comédien/nes de l’ENSATT, Quentin Bardou, Vanessa Bile-Audouard, Théophile Dubus, Titouan Huitric, Evelyne Hotier, Héloïse Lecointre, Romain Nicolas, accompagnés par Thibault Fayner

Les photos du 23 mai

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Samedi 24 mai

TRANCHE FROIDE, de Linda McLean, traduit de l’anglais (Écosse) par Sarah Vermande et Blandine Pélissier

Lu par Stéphane Czopek, Émilie Geymond et Achille Piot, accompagnés par Léo Ferber

SEX & GOD, de Linda McLean, traduit de l’anglais (Écosse) par Sarah Vermande et Blandine Pélissier

Lu par Léo Ferber, Sarah Roux, Hélène Gratet, accompagnées par Thierry Blanc

Jeudi 15 maiBIENVEILLANCEde Fanny Britt [Québec]

Lu par Thierry Blanc, Gustave Akakpo, Danièle Klein, Hélène Gratet, Bernard Garnier, accompagnés par Thierry Blanc et Sarah Barrau

Les photos du 15 mai

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Vendredi 16 mai
THÉÂTRE ET RÉALITÉ
Lecture et conversation avec Olivier Neveux, Laura Tirandaz et Magali Mougel

Les photos de la conversation

LES REGRETTANTS de Marcus Lindeen, traduit du suédois par Esther Sermage

Lu par Dominique Laidet et Bernard Garnier, accompagnés par Sylvie Jobert et Léo Ferber

Les photos du 16 mai

Chronique n°2 : Le papillon et le projecteur – Laura Tirandaz

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Samedi 17 mai
Conversation avec HÉLÈNE CHÂTELAIN et Olivier Neveux

LA GORGE de Žanina Mirčevska, traduit du macédonien par Maria Béjanovska

Lu par Nicolas Cartier, Pierre David-Cavaz, Danièle Klein, Bernard Garnier, Hélène Gratet, Thierry Blanc, Mélanie Marinho, accompagnés par Benjamin Moreau et Sylvie Jobert.

Les photos du 17 mai

Chronique n°3 : Le vertige du multiple – Laura Tirandaz

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Dimanche 18 mai

SUZY STORCK de Magali Mougel

Lu par Martin Kipfer, Sarah Roux, Cécile Gérard, Nathan Gabily, Sylvie Jobert, Augustin de Dadelsen, accompagnés par Cécile Backès

Les photos du 18 mai

Chronique n°4 : La science de l’apiculture – Laura Tirandaz

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Mercredi 21 mai
ÉTONNANTES ÉCRITURES EUROPÉENNES POUR LA JEUNESSE
Sous la direction de Marianne Ségol-Samoy et Karin Serres
Les Cahiers de la Maison Antoine Vitez, Editions Théâtrales, 2013

Conversation avec Marianne Ségol-Samoy, Marianne Clévy, Sandrine Grataloup, Lucie Duriez, et Émilie Viossat

Les photos de la conversation

ROSE ROSE ROSE, texte suédois et français de Malin Axelsson, Karin Serres et Marianne Ségol-Samoy

Lu par Marie Bonnet et Marianne Ségol-Samoy, accompagnées par Benjamin Moreau

Journée organisée en collaboration avec les CoLecteurEs

Les photos du 21 mai

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Jeudi 22 mai
REGARDS LYCÉENS
Deux classes de 2nd du Lycée technique et professionnel André-Argouges et une classe de 1ère du Lycée Les Eaux-Claires de Grenoble, en conclusion d’un travail mené depuis janvier avec des comédiens de Troisième Bureau sur les pièces Tranche froide, Le Champ et Bienveillance, ont rencontré les auteurs Linda McLean et Pavel Priajko et échangé “à distance” avec Fanny Britt. Chaque classe a lu un extrait des textes et fait part de son “coup de cœur”.

Pavel Priajko a rencontré le vendredi 23 les élèves d’une classe de 2e du Lycée polyvalent Ferdinand Buisson à Voiron.

Les photos de Regards lycéens

ILLUSIONS de Ivan Viripaev, traduit du russe par Tania Moguilevskaia et Gilles Morel

Lu par Hélène Gratet, Léo Ferber, Thierry Blanc et Stéphane Czopek, accompagnés par Benjamin Moreau

Les photos du 22 mai

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Vendredi 23 mai
TEXTE ET MISE EN SCÈNE, DIVORCE À LA FRANÇAISE ?
Conversation avec Joseph Danan, Sylvain Diaz, Magali Mougel et Laura Tirandaz

Les photos de la conversation

LE CHAMP de Pavel Priajko, traduit du russe (Biélorussie) par Tania Moguilevskaia et Gilles Morel

Avec la participation des comédien/nes de l’ENSATT, Quentin Bardou, Vanessa Bile-Audouard, Théophile Dubus, Titouan Huitric, Evelyne Hotier, Héloïse Lecointre, Romain Nicolas, accompagnés par Thibault Fayner

Les photos du 23 mai

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Samedi 24 mai

TRANCHE FROIDE, de Linda McLean, traduit de l’anglais (Écosse) par Sarah Vermande et Blandine Pélissier

Lu par Stéphane Czopek, Émilie Geymond et Achille Piot, accompagnés par Léo Ferber

SEX & GOD, de Linda McLean, traduit de l’anglais (Écosse) par Sarah Vermande et Blandine Pélissier

Lu par Léo Ferber, Sarah Roux, Hélène Gratet, accompagnées par Thierry Blanc

Les photos du 24 mai

Les traducteurs 2014

Monday 19 October 2015

© Jean-Pierre Angei

ESTHER SERMAGE

La traductrice de LES REGRETTANTS, Marcus Lindeen

Née en 1969, Esther Sermage commence la traduction du suédois en français dès l’âge de dix-sept ans. Elle n’a pas cessé de traduire depuis, délaissant bientôt les traductions scientifiques pour l’audiovisuel, puis pour la littérature et le théâtre. Elle a fait des études de lettres, de cinéma et de linguistique à Paris, Stockholm, San Francisco et Mexico, et travaillé en tant que monteuse de cinéma et de télévision. Elle traduit aujourd’hui des romans (Aris Fioretos, Håkan Nesser), du théâtre (Lars Norén, Marcus Lindeen, Christina Ouzounidis), des nouvelles écritures poétiques (Ida Börjel, Nathalie Quintane), de la poésie classique (Andrew Marvell), des nouvelles (Hjalmar Söderberg), des contes et des scénarios de fiction.

 

 

 

 

 

Maria Béjanovska - © Jean-Pierre AngeiMARIA BÉJANOVSKA

La traductrice de LA GORGE, Žanina Mirevska

Née en Macédoine, Maria Béjanovska, est ancienne journaliste de Radio France Internationale où elle a dirigé le magazine L’autre Europe. Parallèlement à son travail de journaliste, Maria Béjanovska se consacre à la traduction littéraire chaque fois qu’elle découvre une œuvre d’un auteur des Balkans qui la séduit. Elle a traduit en français des romans, de la poésie et du théâtre d’auteurs macédoniens et serbes, ainsi que des auteurs français dans sa langue natale. Côté théâtre, elle a traduit Le démon de Debarmaalo et Cernodrinski revient à la maison de Goran Stefanovski, Cunégonde en Carlaland de Venko Andonovski et plusieurs pièces de Žanina Mirevska telles que Esperanza, Effeuillage, Werther & Werther et La Gorge toutes quatre éditées à L’Espace d’un Instant.

© Jean-Pierre Angei

TANIA MOGUILEVSKAIA et GILLES MOREL

Les traducteurs de ILLUSIONS, Ivan Viripaev et de LE CHAMP, Pavel Priajko.

Tania Moguilevskaia est née à Moscou, docteure en Etudes Théâtrales (Paris 3), chercheuse spécialisée en dramaturgie russe et écritures théâtrales documentaires du XXIe.
Gilles Morel est comédien, directeur d’acteur, chargé de production.
Passionnés d’écriture et soucieux d’émergence, c’est par leur entremise que, dès 2001, le public francophone a pu suivre les créations d’une génération de jeunes metteurs en scène et auteurs russophones (parmi lesquels Ivan Viripaev et Pavel Priajko). Depuis 2005, ils animent le site THEATRE-RUSSE.INFO dédié aux créations les plus récentes. Ils ont conjointement traduit près de 25 pièces dont une large part a été publiée et mise en scène. Afin d’accélérer leur accès au plateau, ils lancent en 2009 l’édition électronique (gratuite) NOVAIA-RUSSE dont le catalogue ne cesse d’augmenter.

c2a9jp-angei_mg_6100BLANDINE PÉLISSIER

Traductrice deSEX & GOD et TRANCHE FROIDE, Linda Mclean

Blandine Pélissier est comédienne pour le cinéma, la télévision et le théâtre, metteuse en scène et traductrice, spécialisée dans le théâtre contemporain anglo-saxon (y compris le surtitrage). Féministe convaincue, elle est membre fondatrice du Mouvement HF qui milite pour l’égalité femmes-hommes dans l’art et la culture. Membre de la Maison Antoine-Vitez depuis 1997, elle a traduit une cinquantaine de pièces d’autrices et d’auteurs reconnues ou émergentes dont un certain nombre sont publiées chez Théâtrales ou à L’Avant-Scène. À la demande de Magali Léris elle propose une nouvelle traduction de Roméo et Juliette en 2010. Elle traduit, avec Sarah Vermande, toute l’œuvre de Linda McLean et va mettre en scène une de ses pièces, Un Jour ou l’autre, à la saison 2015/16.

© Jean-Pierre Angei

SARAH VERMANDE

Traductrice de SEX & GOD et TRANCHE FROIDE, Linda Mclean

Sarah Vermande est traductrice et comédienne. De 1997 à 2000, elle se forme au Drama Centre London, puis travaille en Angleterre, en France et en Autriche. Elle est venue à la traduction théâtrale, de l’anglais au français, par la scène. Aujourd’hui, elle traduit aussi des romans et de la non-fiction. En 2006, elle obtient son Master de Traduction Littéraire à l’Institut Charles V (Paris). Elle coordonne actuellement le comité anglais de la Maison Antoine Vitez avec Sophie Magnaud. Elle traduit, avec Blandine Pélissier, toute l’œuvre de Linda McLean. Elle collabore également avec l’auteur britannique Matthew Hurt à des traductions du français à l’anglais, dont plusieurs surtitrages pour le Festival d’Avignon.

Les invités et partenaires 2014

Monday 19 October 2015

JEAN-PIERRE ANGEI
Photographe franco-italien, Jean-Pierre Angei est né à Marseille en 1968. Après des études en génie civil, il s’oriente vers sa passion en 1993, et suit une formation photographique. Son travail s’inscrit dans une démarche documentaire à la frontière du courant humaniste et photographie d’art. Ses projets photographiques ont fait l’objet de plusieurs expositions dont celles aux rencontres internationales de photographie d’Arles en 2009 et Le Bal à Paris en 2011.

>Photographe de Regards croisés

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SYLVAIN DIAZ
Maître de conférences en études théâtrales à l’Université de Strasbourg, Sylvain Diaz est l’auteur d’une thèse consacrée aux Poétiques de la crise dans les dramaturgies européennes des XXe et XXIe siècles (2009) et co-auteur de De quoi la dramaturgie est-elle le nom ? (L’Harmattan, 2014). Ses travaux les plus récents, publiés dans de nombreuses revues, portent principalement sur les dramaturgies contemporaines. En collaboration avec Sandrine Le Pors, il a organisé le colloque À l’écoute des écritures théâtrales depuis 2000 – Poétiques et conditions d’émergence (Arras, 2014 / Strasbourg, 2015).

>”Texte et mise en scène, un divorce à la française?” conversation avec Joseph Danan, Sylvain Diaz, Magali Mougel et Laura Tirandaz

LUCIE DURIEZ
Directrice de L’Espace 600, Scène Rhône-Alpes théâtre jeune public, membre des CoLecteurEs

>”Étonnantes écritures européennes pour la jeunesse”, Conversation avec Marianne Ségol-Samoy [LABO07], Sadrine Gartaloup [SACD], Marianne Clévy [Maison Antoine Vitez], Lucie Duriez [Espaces 600] et les CoLecteurEs

JOSEPH DANAN
_mg_5755Joseph Danan est auteur dramatique et professeur à l’Institut d’Études Théâtrales. Plusieurs de ses pièces ont été créées par Alain Bézu, avec qui il collabore régulièrement comme dramaturge, mais aussi par Jacques Kraemer, Joël Jouanneau, Jacques Bonnaffé et bien d’autres… Lui-même a mis en scène deux d’entre elles, Roaming Monde (La Mousson d’été, 2005) et Police Machine (Mexico, 2009). Parmi ses dernières publications, chez Actes Sud-Papiers : À la poursuite de l’oiseau du sommeil (coll. Heyoka jeunesse), Qu’est-ce que la dramaturgie ?, L’Atelier d’écriture théâtrale (avec Jean-Pierre Sarrazac) et Entre théâtre et performance : la question du texte.

>”Texte et mise en scène, un divorce à la française?” conversation avec Joseph Danan, Sylvain Diaz, Magali Mougel et Laura Tirandaz

GUILLAUME CAYET
Guillaume Cayet, en Master2 d’études théâtrales à l’université Lyon2, intègre en 2012 le département Écrivains dramaturges de l’ENSATT sous la direction d’Enzo Cormann et Mathieu Bertholet. Il participe à différents projets dont l’écriture d’une performance pour le centenaire de la Comédie de Genève, celle d’un texte pour le festival A.T.C de Nancy, ainsi que différents écrits pour les comédiens de l’École de la Comédie de Saint-Etienne. Il a travaillé sous la direction de Vincent Goethals (Caillasses de Laurent Gaudé), celle de Michel Didym sur le projet Confessions, et a été l’assistant d’Hubert Colas (Gratte-Ciel de Sonia Chiambretto).

>Coordinateurs du Dindon, la gazette de Regards croisés

MARIANNE CLÉVY
Secretaire générale de la Maison Antoine Vitez, centre international de la traduction théâtrale

>”Étonnantes écritures européennes pour la jeunesse”, Conversation avec Marianne Ségol-Samoy [LABO07], Sadrine Gartaloup [SACD], Marianne Clévy [Maison Antoine Vitez], Lucie Duriez [Espaces 600] et les CoLecteurEs

SANDRINE GRATALOUP
Sandrine Grataloup assure la promotion des œuvres auprès des correspondants étrangers et dirige les rubriques internationales du site Entr’Actes pour la Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques (SACD).

>”Étonnantes écritures européennes pour la jeunesse”, Conversation avec Marianne Ségol-Samoy [LABO07], Sadrine Gartaloup [SACD], Marianne Clévy [Maison Antoine Vitez], Lucie Duriez [Espaces 600] et les CoLecteurEs

MAGALI MOUGEL© Jean-Pierre Angei
Après avoir suivi le cursus proposé par le département d’Écriture dramatique de l’ENSATT, Magali Mougel est aujourd’hui auteure, rédactrice pour le Théâtre national de Strasbourg, enseignante en Arts à l’Université de Strasbourg. Elle répond régulièrement à des commandes d’écriture (Cie des Choses à Lille en 2008 et 2012, CDR de Basse-Normandie de Vire en 2012-2013, Théâtre de la Manufacture – CDN à Nancy en 2013, Théâtre Jean Vilar à Montpellier en 2013-2014, etc.). Elle est auteure-associée à la compagnie Actémobazar (Strasbourg) depuis 2007 et à la compagnie Kali d’Or (Les Lilas) depuis 2013. Ses textes sont édités aux Editions Espaces 34. Elle est associée à Troisième bureau depuis 2011.

>”Théâtre et réalité” conversation avec Olivier Neveux, Magali Mougel et Laura Tirandaz
>”Texte et mise en scène, un divorce à la française?” conversation avec Joseph Danan, Sylvain Diaz, Magali Mougel et Laura Tirandaz

© Jean-Pierre Angei

OLIVIER NEVEUX
Olivier Neveux est professeur d’histoire et d’esthétique du théâtre à l’Université de Lyon 2 ; il enseigne à l’ENSATT (section écritures) et à l’École de la Comédie de Saint-Étienne. Il est l’auteur, en 2013, aux éditions La Découverte, de Politiques du spectateur, Les enjeux du théâtre politique aujourd’hui. Il a codirigé, en 2014, avec Christophe Triau le n°212 de la revue Théâtre / Public : “États de la scène actuelle” et, avec Catherine Brun, le numéro 4 de AG, Cahiers Armand Gatti : “Du journalisme”.

>”Théâtre et réalité” conversation avec Olivier Neveux, Magali Mougel et Laura Tirandaz
>Conversation avec Hélène Châtelain

© Jean-Pierre AngeiSAMUEL PIVO
Samuel Pivo est auteur de théâtre (entre autre). Venu de Toulouse, il est entré à l’ENSATT en 2011, dans la section écriture dramatique. Depuis, il vit et/ou travaille surtout entre Lyon, Toulouse et Paris. Il est auteur associé de la compagnie JUSTE ICI (Toulouse) et travaille actuellement avec la compagnie S’En Revient (Paris). Il aime beaucoup Grenoble.

>Coordinateurs du Dindon, la gazette de Regards croisés

© Jean-Pierre Angei

MARIANNE SÉGOL –SAMOY
Titulaire d’une double maîtrise de français langue étrangère et de lettres scandinaves, elle se lance dans la traduction de pièces de théâtre et de littératures suédoise après plusieurs années passées sur scènes en tant que comédienne. Elle a ainsi traduit une trentaine de pièces dont une dizaine pour le jeune public et une trentaine de romans dont une vingtaine pour la jeunesse. Depuis 2013 elle coordonne le comité nordique de la maison Antoine Vitez

>”Étonnantes écritures européennes pour la jeunesse”, Conversation avec Marianne Ségol-Samoy [LABO07], Sadrine Gartaloup [SACD], Marianne Clévy [Maison Antoine Vitez], Lucie Duriez [Espaces 600] et les CoLecteurEs

© Jean-Pierre AngeiLAURA TIRANDAZ
Après son cursus à l’ENSATT, Laura Tirandaz travaille comme dramaturge pour la compagnie Le Bouc sur le toit (Projet Henry 5). Elle travaille sur un cycle d’émissions consacrées à Arthur Adamov pour France-Culture et réalise en 2012 un documentaire sonore, Phonurbaine, diffusé au Tricycle, sur Radio Campus Besançon et Radio Grenouille. Elle écrit Hôtel Resort mis en scène par Hélène Gratet et son texte Choco Bé, édité chez Théâtre Ouvert, sera mis en scène par Benjamin Moreau la saison prochaine.

>”Théâtre et réalité” conversation avec Olivier Neveux, Magali Mougel et Laura Tirandaz
>”Texte et mise en scène, un divorce à la française?” conversation avec Joseph Danan, Sylvain Diaz et Magali Mougel
>Chaque soir les chroniques de Laura Tirandaz

Les auteurs 2014

Monday 19 October 2015

fanny-britt-petitFANNY BRITT

L’autrice de BIENVEILLANCE

Originaire d’Amos (Québec), Fanny Britt grandit à Montréal. Autrice et traductrice, diplômée de l’École Nationale de Théâtre du Canada, elle est très impliquée dans la promotion des nouvelles écritures dramatiques. Elle a écrit une dizaine de pièces dont Chaque jour, éditée au Canada en 2011, et Couche avec moi (c’est l’hiver) mise en scène par Geoffrey Gaquère. En 2008, avec ce dernier et Johanne Haberlin, qui mettra en scène deux de ses pièces, elle fonde le Théâtre Debout. Elle a traduit une quinzaine de pièces du répertoire contemporain, telles que Le Pillowman de Martin McDonagh et Après la fin de Dennis Kelly, produites au Théâtre de La Licorne (Montréal). Avec Bienveillance, en tournée au Québec début 2014, elle reçoit le Prix Littéraire du Gouverneur général.

marcuslindeen4MARCUS LINDEEN

L’auteur des REGRETTANTS

Né en 1980 en Suède, Marcus Lindeen est auteur de théâtre, réalisateur et metteur en scène. Il a travaillé comme journaliste avant de se former à l’Institut Dramatique de Stockholm. En 2006, s’inspirant d’un entretien effectué pour la radio, il écrit et met en scène Ångrarna (Les Regrettants) au Théâtre de la Ville de Stockholm. La pièce est rapidement traduite en plusieurs langues. En 2010, il choisit de l’adapter en réalisant son premier documentaire. Celui-ci remporte de nombreux prix, dont le Prix Europa de Berlin. En 2011, il réalise Accidentes Gloriosos présenté au Festival Hors-pistes au Centre Pompidou. En 2013, sa pièce En förlorad generation (Générations perdues) est produite pour le Dramaten (Théâtre National de Suède).

zanina-mircevskaŽANINA MIREVSKA

L’autrice de LA GORGE

Née en 1967 en Macédoine, Žanina Mirčevska, après avoir étudié et enseigné à la faculté d’art dramatique de Skopje, s’installe en Slovénie où elle enseigne à l’Académie pour le théâtre de Ljubljana. Autrice et dramaturge, elle a écrit une ving- taine de pièces, dont la plupart primées ou nominées pour le Prix Slavko Grum du meilleur texte dramatique de l’année en Slovénie. Nombre de ses pièces ont été présentées en Russie, aux États- Unis et en Europe. Esperanza, mise en scène en 2013 au Tarmac, et en 2014 au Vingtième théâtre, par Patrick Verschuren, a été lue pour la première fois en France en 2006 au festival Regards croisés à la MC2 et a fait l’objet d’une création sur France Culture en 2012. En 2014, Werther & Werther est mise en scène par Clara Schwarzenberg au théâtre de Guyencourt.

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MAGALI MOUGEL

L’auteure de SUZY STORCK

Après avoir suivi le cursus proposé par le département d’Écriture dramatique de l’ENSATT, Magali Mougel est aujourd’hui auteure, rédactrice pour le Théâtre national de Strasbourg, enseignante en Arts à l’Université de Strasbourg. Elle répond régulièrement à des commandes d’écriture (Cie des Choses à Lille en 2008 et 2012, CDR de Basse-Normandie de Vire en 2012-2013, Théâtre de la Manufacture – CDN à Nancy en 2013, Théâtre Jean Vilar à Montpellier en 2013-2014, etc.). Elle est auteure-associée à la compagnie Actémobazar (Strasbourg) depuis 2007 et à la compagnie Kali d’Or (Les Lilas) depuis 2013. Ses textes sont édités aux Editions Espaces 34. Elle est associée à Troisième bureau depuis 2011.

© Jean-Pierre Angei

MALIN AXELSSON

Auteure de ROSE ROSE ROSE

Autrice et metteuse en scène suédoise, elle est depuis 2010 directrice artistique du théâtre Ung Scen/Öst dédié à l’écriture dramatique contemporaine pour le jeune public. Elle mène des recherches en étroite collaboration avec le public. Son écriture est influencée par le mélodrame, la tragédie, le cabaret, la culture pop, la théorie féministe, et tourne autour d’un monde surréaliste et exubérant.

© Jean-Pierre Angei

MARIANNE SÉGOL –SAMOY

Auteure de ROSE ROSE ROSE

Titulaire d’une double maîtrise de français langue étrangère et de lettres scandinaves, elle se lance dans la traduction de pièces de théâtre et de littératures suédoise après plusieurs années passées sur scènes en tant que comédienne. Elle a ainsi traduit une trentaine de pièces dont une dizaine pour le jeune public et une trentaine de romans dont une vingtaine pour la jeunesse. Depuis 2013 elle coordonne le comité nordique de la maison Antoine Vitez.

karinserresKARIN SERRES

Auteure de ROSE ROSE ROSE

Après un BTS de scénographie à l’Ensatt, elle travaille comme décoratrice, costumière, metteuse en scène, traductrice et autrice de théâtre. Depuis 1991, elle a écrit une soixantaine de pièces, dont plus de la moitié en direction des enfants ou des adolescents. Traductrice de théâtre ou de romans jeunesse, de l’allemand et de l’anglais vers le français, elle traduit aussi en duo avec Marianne Ségol-Samoy du suédois vers le français.

viripaev01IVAN VIRIPAEV

L’auteur de ILLUSIONS

Auteur, metteur en scène, comédien, scénariste, réalisateur, Ivan Viripaev, né à Irkoutsk (Sibérie) en 1974, s’installe à Moscou en 2001. Dès 2002, l’originalité de son écriture s’impose en Russie et sur les scènes internationales notamment en Allemagne et Pologne où il travaille régulièrement depuis 2009. Depuis 2013, il dirige le Théâtre Praktika Moscou. Après Euphoria, Kislorod et Tanets Deli adaptés de ses pièces, il réalise actuellement son quatrième long-métrage cinéma. Découvert en France en 2002, il est aujourd’hui l’auteur vivant russe le plus joué dans l’espace francophone, où ses textes ont été traduits et largement diffusés au fil de leur écriture : Les rêves, Le jour de Valentin, Oxygène, Genèse n°2, Juillet, Danse « Delhi », Illusions, Les guêpes de l’été, les Enivrés.

pavelPAVEL PRIAJKO

L’auteur de LE CHAMP

Né en 1975 à Minsk (Biélorussie), Pavel Priajko est l’une des figures importantes de la scène russophone actuelle. Auteur prolifique, il rencontre un succès immédiat avec l’écriture de sa première pièce, Le Serpentin (2004), qui reçoit le Prix spécial du jury au Concours International de dramaturgie Eurasia à Ekaterinbourg (Russie). Ses pièces obtiennent de nombreux Prix et son régulièrement mises en scène en Russie. La reconnaissance de son travail s’étend au delà des frontières comme en témoigne Bellywood traduite en plusieurs langues et publiée dans le recueil Générations Jeans (L’Espace d’un instant, 2007). En 2010, une lecture de sa pièce Le Champ est donnée en sa présence au festival Temps de Paroles à Valence

lindamcleanLINDA McLEAN

L’autrice de TRANCHE FROIDE et SEX & GOD

Née a Glasgow, Linda McLean a vécu et travaillé à l’étranger avant d’écrire pour le théâtre à partir de 1994. Elle signe une vingtaine de pièces traduites et jouées en plusieurs langues. En France, Blandine Pélissier et Sarah Vermande ont déjà traduit sept de ses pièces, parmi lesquelles Uncertainty Files (Dossier Incertitudes), lue au Théâtre de la Ville et retransmise sur France Culture en 2011, Strangers, babies (Fractures, Théâtre Ouvert, 2011), créée par Stuart Seide en 2013 et publiée en Tapuscrit, et Every Five Minutes (Toutes les cinq minutes) qui a fait l’objet d’une résidence de traduction avec l’autrice à la Chartreuse (CNES), en janvier 2013. Linda McLean est actuellement présidente du Playwrights’ Studio, Scotland, et autrice associée au Magic Theatre à San Francisco.

Edito2014 – C’est quoi le problème ?

Monday 19 October 2015

visuel-rc-2014petitPOURQUOI SE RASSEMBLER TOUT AU LONG DE L’ANNÉE  ?

Nous savons tous que l’histoire littéraire est faite de ratés, de loupés, que telle maison d’édition s’est ridiculisée en refusant un auteur, que tel homme de lettre a méprisé un jeune poète alors qu’aujourd’hui ce dernier (enfin mort !) se voit coiffé de tous les éloges. Continuer depuis tant d’années ce travail de lecture et de collecte de textes à Troisième Bureau, c’est refuser de mépriser le présent au nom des grandes œuvres du passé, c’est penser qu’ici ou là, en quelques lieux, existent encore des hommes en quête de poésie. C’est aussi croire, à l’instar de Borges, qu’on n’écrit pas, on ne fait que ré-écrire, et de main en main, de bouche en bouche, s’écrit la littérature et peut-être l’histoire des hommes. Se pourrait-il alors que notre époque ne puisse plus prolonger ce geste ? Qu’elle n’ait rien d’autre à proposer que des résultats de comptes et des essais d’économistes ?

Lire et relire des textes contemporains est un acte qui nous engage, c’est croire encore que dans un monde où l’étouffement des désirs sert l’ordre établi, un monde où la fatalité et le cynisme empêchent tout élan, notre avenir ne réside ni dans les lumières aveuglantes des rêves préfabriqués ni dans la nostalgie stérile d’un Eden perdu. Non, les œuvres ne surgissent pas dans la nuit toutes étincelantes de leur superbe évidence, il faut des chercheurs, des mineurs ou des astronomes pour guetter ces poèmes, car comme la littérature, « L’étoile n’éclaire pas, mais à chaque œil tourné vers elle, elle envoie son rayon »1.

Projeter son regard critique sur les œuvres du présent, c’est tenter de développer une pensée singulière, c’est se confronter à d’autres perceptions, c’est être seul face à l’œuvre, sans experts, sans a priori. Dans La littérature à l’estomac, Julien Gracq se moque d’un certain esprit français qui adore parler de littérature, quitte à répéter les propos des autres plutôt que de demeurer coi. Ne pas répondre en matière de goût littéraire, ce serait aussi absurde que

de ne pas pouvoir répondre à la plus simple question concernant le temps qu’il fait. Et bien, s’asseoir autour des tables jaunes de Troisième Bureau et lire des textes inédits, c’est risquer d’être dérouté, d’être en désaccord, de revenir sur un avis à l’emporte-pièce, c’est avoir le plaisir de ne plus savoir – certains jours – le temps qu’il fait.

Laura Tirandaz

1 / Ecuador, Henri Michaux, L’imaginaire Gallimard, p111

Comité de lecture lycéens 2014

Monday 19 October 2015

Comité de lecture lycéens 2014.

Cette année les lycéens travaillent sur trois textes :

Tranche froide de Linda Mclean traduit par Blandine Pélissier et Sarah Vernet.
Le champ de Pavel Priajko traduit par Gilles Morel et Tatiana Moguilevskaia.
Bienveillance de Fanny Britt.

Dans le cadre du Festival Regards Croisés intitulé “C’est quoi le problème”, Les regards Lycéens réunissent l’ensemble des élèves, leurs enseignants et les documentalistes avec les auteurs des pièces et les traducteurs/trices. Les élèves lisent des extraits de chacun des textes avant de révéler laquelle des trois pièces il ont préférée.

En partenarait avec :

Lycée technique et professionnel André-Argouge / Grenoble , Natalie Etienne-Maupouet, Eleonora Politano, enseignantes, Carine Milleto, Claire Lachaise, documentalistes.

Lycée des Eaux-Claires / Grenoble, Laure Castell, enseignante, Elisabeth Delmas, documentaliste.

Lycée Polyvalent Ferdinand Buisson / Voiron , Emmanuelle Desmarets, enseignante, Paule Kuffler, documentaliste.

Les Photos de Regards Lycéens 2014

Chronique 4 – C’est quoi le problème?

Monday 19 October 2015

Théâtre et réalité

 

La science de l’apiculture

Dans son livre La vie des abeilles, Maeterlinck parle d’une expérience d’un naturaliste souhaitant prouver la supériorité de l’intelligence des mouches sur celle des abeilles. Enfermant les deux espèces dans une bouteille, il observe que les mouches parviennent à trouver la sortie tandis que les abeilles s’obstinent à cogner le cul de la bouteille. Re-faisant la même expérience, Maeterlinck observe que selon la manière dont la bouteille est positionnée par rapport à la lumière, la conclusion change. En effet, si la bouteille a le goulot tourné vers la fenêtre, les abeilles trouvent sans problème la sortie, mais si le goulot est tourné vers le mur, elles ne parviendront pas à s’extraire du flacon. Maeterlinck en conclue que les abeilles, insectes d’une grande intelligence, ne comprennent pas la nature du verre qui laisse passer la lumière, là où elle voient une source lumineuse doit se trouver la sortie, l’issue du problème tandis que les mouches, ne s’embarrassant pas de ces finasseries cognent la bouteille dans tous les sens et trouvent la sortie à force de s’activer sans relâche ni logique. Maeterlinck les compare à ces idiots qui ont plus de chance que les autres, n’ayant aucune idée du problème, ils foncent et parfois – heureux hasard – trouvent la solution là où une plus grande intelligence aurait éliminé cette possibilité a priori absurde.

Ne serions-nous pas nous aussi des abeilles qui ont sous les yeux une substance que notre intelligence ne peut concevoir – comme ce verre qui les piège – une matière qui recouvre la réalité qui nous entoure ? Ne sommes-nous pas nous aussi trompés par notre amour des lumières, croyant que l’issue se trouve de leur côté ?

Notre perception ne peut se concevoir qu’au travers des conventions de notre époque et non avec une certitude soi-disant objective. Des historiens se sont penchés sur l’histoire de la perception qu’il s’agisse des sons, des odeurs ou des couleurs comme Michel Pastoureau, nous apprenons ainsi que ce que nous appelons aujourd’hui bleu, a pu pour les grecs de l’Antiquité être la même couleur que ce que nous appelons aujourd’hui le vert, les couleurs étant classées à l’époque par d’autres critères, couleurs lisses, couleurs sèches, humides, rugueuses…

Une question de convention et quelques pré-supposés sont en jeu. Le peintre Dubuffet parlait d’une « traduction codée »1, d’une « grille »2 au travers de laquelle nous percevons telle représentation et nous sommes en mesure de la concilier au réel. Le degré de réalisme d’une œuvre ne serait-il pas la manière dont cette dernière colle plus ou moins avec les conventions de son époque ?

Si nous croyons qu’il est une vérité de la perception, comment pourrions-nous expliquer que certains visiteurs de l’exposition de 1872 n’aient vu dans les tableaux de Monet que des tâches absurdement réparties sur une toile quand notre époque reproduit cette image dans tous les cabinets de dentistes pour ce qu’elle représente aujourd’hui à nos yeux : un soleil levant sur la mer. « Le motif est pour moi chose secondaire. Ce que je veux reproduire, c’est ce qu’il y a entre le motif et moi. » disait Claude Monet.

Peut-être que la poésie se loge dans cet écart entre ce qu’on perçoit et ce qui est, d’où une tension permanente, une quête sans relâche, afin de sculpter autrement qu’avec les codes convenus de l’époque, ce qu’on pourrait appeler la beauté. Car il vient un jour où nous en avons assez de bourdonner en vain, de cogner sans cesse le cul des bouteilles.

1Cité in Claude Simon, Quatre Conférences, Edition de Minuit

2ibid

Chronique 3 – C’est quoi le problème?

Monday 19 October 2015

Théâtre et réalité

Le vertige du multiple

En 1935, on trouva à Lisbonne dans une malle poussiéreuse plus de 27 000 textes ayant été écrits par Bernardo Soares, Alberto Caeiro, Alvaro de Campos, Ricardo Reis, qui consentirent à être regroupés par les biographes sous le nom d’un employé d’un bureau comptable de la rue des Douradores, Fernando Pessoa.

Il est toujours tentant de relier l’œuvre à la vie de l’auteur – du moins aux traces qui nous restent ou qui nous parviennent. Que sait-on réellement de la vie d’un individu au travers de ses courriers, photos, ou bien du témoignage d’une logeuse ou d’un membre de sa famille qui l’a vu grandir depuis sa plus tendre enfance… Bien-sûr quelque chose échappe toujours, la complexité de l’individu apparaît bien plus évidente – en tout cas effective – quand l’auteur se choisit des hétéronymes et assume dans son œuvre la pluralité de ses fantasmes.

Multiplicité que certains puristes ou moralistes voudraient confondre avec le mensonge, comme si la vérité d’un être devait / pouvait coller à sa réalité. « J’ai dit que je vivais double. (…) Qu’il m’arrive réellement ceci ou cela, qu’importe puisqu’en même temps, il m’arrive autre chose. (…) Et vivre ne m’est supportable qu’à ce prix. J’ai ce privilège depuis ma plus tendre jeunesse. »1 disait Desnos, prenant plaisir à décevoir les biographes et les historiens. Peu importe alors la réalité historique d’ailleurs, car l’histoire, tout autant que la mémoire ne constitue qu’une laine que l’auteur tisse, plus ou moins consciemment, avec le langage et la sensibilité qui sont les siennes. A nous de nous moquer de la réalité d’une vie et de croire davantage à ce que l’auteur est au moment où il écrit, à l’univers qu’il agrège en écrivant.

Je voudrais pour finir parler d’un poème qui me plaît beaucoup intitulé Chasse à l’éléphant de Blaise Cendrars publié en 1924. J’éprouve beaucoup de plaisir à lire ce qu’il raconte de ce safari, de sa maladresse, du bruit strident des branches cassées, du rideau de la brousse qui se referme, des ronces qui sont des murailles. Je sais que Cendrars me ment, qu’il a à peine posé le pied en Afrique et qu’il n’a ainsi jamais participé à une chasse. Mais le poème me plaît, et cela me plaît aussi d’imaginer ce poète mythomane en train d’écrire les soubresauts de l’animal à terre, cela me plaît de le savoir en train de respirer l’odeur de la savane, de mesurer le cœur énorme de l’animal qu’il vient de tuer et d’écouter le bruit des intestins des bêtes, tout cela pour revenir à sa table et poser enfin son stylo, une fois le poème écrit, les éléphants se taisent, la savane s’éloigne et Cendrars redevient ce manchot qui a perdu son bras dans cette guerre qui déchirait l’Europe il y a tout juste 100 ans.

Nous voici donc rassurés : dans ce temps linéaire qui nous envoie de jour en jour plus près de la tombe – en lisant, en écrivant, au moins aurons-nous eu – l’espace d’un instant – d’autres vies, d’autres yeux pour contempler, d’autres cœurs pour éprouver, et au cours de cette triste ligne droite, au moins aurons-nous eu le plaisir de quelques arabesques.

1 Robert Desnos, Nouvelles Hébrides, Coll. Quarto, Gallimard

Chronique 2 – c’est quoi le problème?

Monday 19 October 2015

Théâtre et réalité
Le papillon et le projecteur

 

L’Art imite la nature disaient les Anciens… l’art entendu comme toute chose produite par l’homme découle ainsi d’une imitation et force est de constater que nous avons en effet su emprunter ça et là de quoi parfaire notre humanité. Ne pas se contenter de ce que cette fameuse nature nous avait donné. Nos avions ont des ailes comme celles des oiseaux que nous voyons s’élever dans le ciel alors que nous étions condamnés à rester sur le sol. La faune et la flore nous ont appris beaucoup de choses dont l’art du paraître, nous ont donné le goût du travestissement, nous qui n’avons ni plumes, ni écailles et pas de crinière pour nos patriarches.

Heureusement que nous avons su emprunter, peut-être que c’est la chose que nous savons le mieux faire, nous avons vu les reflets qui donnent l’impression de ciels renversés, nous avons alors compris la symétrie dans le miroir des lacs et nous avons saisi l’anarchie dans la fantaisie des mauvaises herbes, le vertige dans les falaises abruptes qui coupent leur ligne sans prévenir. Autant d’emprunts pour inventer l’art, l’art du camouflage grâce aux grenouilles qui ont la couleur de la vase ou des plantes d’eau, l’art des calligraphies dans les lignes du pelage des tigres, toutes ces poupées-gigogne, tous ces emboîtements nous ont appris la multiplicité – la dissolution de l’infiniment petit dans l’infiniment grand.

Oui nous avons su observer, nous avons su regarder les couleurs éclatantes de certains papillons, qui préfèrent la parade amoureuse à la discrétion de la survie, regarder les feuilles qui ont une teinte pour chaque saison, les arbres qui ont une silhouette en hiver, une autre en été, alors que nous sommes si terriblement semblables, la même peau, la même figure.
Nous nous transformons, nous soulignons nos yeux de khôl pour « donne(r) à l’œil une apparence plus décidée de fenêtre ouverte sur l’infini »1 disait Baudelaire. Nous nous maquillons pour être moins hommes et plus masques, images cyclopéennes, antiques. Inventer un paysage autre sur nos visages, une humanité non réduite à ce petit camaïeu de couleurs que nous osons appeler différence, où est l’homme-chat, l’homme-tige, l’homme-liane, l’homme qui sera magie, fumée ou brouillard ?

Mais saurions-nous nous contenter d’être des imitateurs, aussi virtuoses et savants soient-ils ? Ou n’y a-t-il pas des correspondances que la nature même n’a pas su inventer, des alliages qu’elle n’a pas su fomenter ? Cette possibilité de déranger l’œil, de troubler la voix, l’ouïe et le toucher jusqu’à faire qu’un son devienne une couleur et une matière un cri, tout cela nous permet une autre orchestration de ce qu’on appelle communément le réel. La nature est ainsi bouleversée : « Manier savamment une langue, c’est pratiquer une espèce de sorcellerie évocatoire. »2. Comment parler dès lors de vérité ou de véracité quand le temps et l’espace sont mis sans dessus-dessous, jusqu’à troubler nos sens et notre intelligence afin d’atteindre une autre manière d’être au monde ?

A la poésie alors de re-brasser les cartes du monde, de faire feu de tous les symboles et les mystères, de combiner d’autres hiéroglyphes, de créer des pays inexplorés, comme ceux de Michaux :

« Icebergs, sans garde-fou, sans ceinture, où de vieux cormorans abattus et les âmes des matelots morts récemment viennent s’accouder aux nuits enchanteresses de l`hyperboréal.

 

Icebergs, Icebergs, cathédrales sans religion de l’hiver éternel, enrobés dans la calotte glaciaire de la planète Terre.
Combien hauts, combien purs sont tes bords enfantés par le froid.

Icebergs, Icebergs, dos du Nord-Atlantique, augustes Bouddhas gelés sur des mers incontemplées. Phares scintillants de la Mort sans issue, le cri éperdu du silence dure des siècles.

 

Icebergs, Icebergs, Solitaires sans besoin, des pays bouchés, distants, et libres de vermine. Parents des îles, parents des sources, comme je vous vois, comme vous m’êtes familiers… » 3

Que la nature imite – si elle le peut – un si bel art…

1 Charles Baudelaire, Écrits sur l’art

2 Charles Baudelaire, Écrits sur la littérature

3 Henri Michaux, L’espace du dedans, Poésie/Gallimard

Chronique 1 – C’est quoi le problème?

Monday 19 October 2015

Théâtre et Réalité
Ça commence

Cette année, le festival Regards Croisés se déroule sur deux semaines et invite des auteurs d’Angleterre, de Macédoine, du Québec, de Russie, de Biélorussie, de Suède et de France. Chaque soir des textes seront lus en présence de l’auteur puis discutés et cette semaine, jalonnée de différentes rencontres, sera consacrée aux liens entre théâtre, art et réalité. Vaste programme me direz-vous ! Ces quatre chroniques tenteront de poser quelques jalons, d’avancer à tâtons dans ce labyrinthe et éventuellement de s’y perdre. Quand nos horizons semblent de plus en plus bouchés par un fatalisme sous couvert de réalisme, peut-être que cette question du réel hante d’autant plus – avec joie ou désespoir – les expressions artistiques et plus largement nos vies.

Surréalisme, infra-réalisme, réalisme-magique, où que ce tourne notre regard sur les différents mouvements picturaux ou littéraires du siècle dernier, le réalisme semble être la grande question qui agitait ces artistes. Le théâtre a bien-sûr et peut-être plus que tout autre été traversé par cette problématique, la mise en scène posant doublement cette question. Et notre époque ne déroge pas à la règle, si ce n’est qu’aujourd’hui l’authenticité semble être le garant de la qualité. Comme tout bon produit AOC me direz-vous. Il s’agit donc d’être authentique, de dire la vérité, celle du réel, sans que l’on sache bien ce qui se cache sous ce mot. Mais on l’agite, voici un bel argument de vente, tel spectacle dirait le réel, sans fard et sans chichis, le texte étant issu de vrais témoignages, avec de vraies personnes.

Ce serait naïf et triste de dédramatiser l’importance des images et des représentations dans notre société, dans notre histoire et notre réel, naïf car ce serait oublier ce que les images ont gravé dans nos inconscients et nos âmes. « Une image, ce n’est pas bien méchant. C’est pourtant la pire forme d’oppression que l’homme ait inventée »1 disait Jean Cohen parlant de l’image des algériens pervers et corrompus véhiculée afin de justifier la colonisation. Combien d’images avalons-nous chaque jour, images de l’amour, de la réussite, du bien-être, comment ces images tentent-elles de nous influencer, d’orienter notre désir, ne s’agit-il pas d’une lutte de tous les instants ?

Lutte, bataille des images que Jean Genêt mettait en scène dans ses pièces faisant tenir à ses personnages – lieutenants de l’armée française – des propos sur la beauté des soldats, qu’ils meurent en étant beaux, peu importe l’issue de la guerre, la bataille se tient ailleurs, peut-être dans les dorures des galons ou dans l’éclat des bottes. Le lieutenant s’adressant à ses soldats : « Que les profils se renvoient des profils et que l’image que vous offrirez aux rebelles soit d’une si grande beauté, que leur image qu’ils ont d’eux ne pourra pas résister. Vaincue. Elle tombera en morceaux. Cassée… Ou comme la glace : fondue. Victoire sur l’ennemi : morale. »2

Nier que les images – les récits – les fables participent et surgissent du réel autant que les documentaires, c’est refuser de mener bataille. Ne pas inventer d’autres représentations, ne pas troubler les clichés, ne pas chercher à « déchirer tous les rires banania sur les murs de France » (comme disait Senghor), ne pas répondre aux arguments publicitaires de l’authenticité par la vérité de nos désirs, par le scandale de nos corps et de nos imaginaires, c’est déserter les lambeaux même de nos rêves.

Laura Tirandaz