Par où commencer?

Thursday 18 October 2012

Regards croisés

La question tombe, d’abord comme une tentative d’évaluer, de ré-évaluer ce que nous encart-biblio-coul-vectpossédons encore comme capacité pour affronter cette saloperie de monde qui nous entoure. Puis, elle prend la figure d’une injonction. Une injonction qui nous inviterait à charpenter avec souci, des stratégies nouvelles pour continuer à tenir, continuer à rêver de démesures avec démesure lors même que des coups sont sans cesse assénés sur nos têtes pour nous rappeler que nous ne devons regarder que ce qu’il y a au bout de notre nez.

Car, quelles sont les forces vives qui nous restent pour continuer à tenir, pour ne pas avoir peur d’entamer des opérations commandos, pour dynamiter ce qui nous asphyxie quotidiennement ?

Nous ne savons pas si nous répondrons à cette question. Nous ne savons si nous trouverons des solutions à ce PAR OÙ COMMENCER. Nous ne savons pas si d’ailleurs il faut tenter d’y répondre. Seule certitude, nous souhaitons qu’à nouveau les histoires nous saisissent à la nuque, lors même que l’on pense que le monde qui nous entoure n’a plus besoin de nous pour avancer.

Le théâtre est un des derniers lieux où nous pouvons encore nous questionner sur notre sort collectif en ré-interrogeant sans cesse notre place dans la société lors d’un rassemblement, le temps d’une (re)présentation. Faire théâtre. Nous avons encore envie de croire que c’est par cette drôle de localité que peuvent se mettre en branle des prémisses de luttes et de combats, que c’est à cet endroit que peuvent surgir du dissensus, de la confrontation et de la mésentente.

Oui, l’acte théâtral a ce pouvoir d’arrêter le temps, de le rétrécir ou de l’allonger, voire de le rassembler pour faire parler, dialoguer des espaces-temps mutilés et réunir des incompatibles en modifiant la cartographie du partage du sensible.

Nous interroger sur notre contemporanéité au monde qui nous entoure. Penser l’universel en repartant de l’intime, réparer symboliquement des failles, inscrire des corps dans la vie de la cité, venir à ce qui est laissé pour compte, à ces choses anodines, raconter ce que l’on croit sans histoire et / ou qu’on préférerait croire sans histoire, chercher à créer du sujet, là, où a priori il ne semble pas y en avoir, voilà le projet de cette édition de Regards croisés. Voici le mot d’ordre qui rassemble les auteurs et les textes que nous vous proposerons : fouiller ! ce que le monde nous dit qu’il (n’) est (pas) !

Magali Mougel

Edito

Le programme 12

mardi 22 mai

mercredi 23 mai

jeudi 24 mai

vendredi 25 mai

samedi 26 mai

Les auteurs de Regards croisés 12

coopérative éphémère

cabaret du samedi soir

de quel théâtre avons-nous besoin aujourd’hui?

La gazette de Regards croisés

lecture jeune public avec les Co-LecteurEs

Regards Lycéens

Université Buissonnière

Les Lundis des auteures

Lundi 30 janvier à 20h

Nina ? (épilogue)
de et par Sabine Tamisier
Édition Théâtrales, 2011
Ouvrage publié avec le concours du Centre national du Livre

L’auteure fait entendre ici la voix de Nina en guise d’épilogue ou de «lendemains» à La Mouette d’Anton Tchekhov. Nina est à Yelets et joue Ophélie dans Hamlet. Ce soir, le journal lui annonce la mort de Treplev qui l’a aimée et qu’elle a laissé. Il fait nuit, il neige. Nina part. Elle croise ceux qui l’ont connue : Arkadina, Trigorine, Medvedenko, Dorn… Nina est traversée par leurs voix. Fantômes ou rencontres ? Traverses. Elle marche, chute, se relève, à l’aube arrive et rage. Rend ce qu’elle doit à Treplev pour encore marcher, avancer, jouer et se tenir debout, longtemps.
C’est un hymne au théâtre qu’entonne Sabine Tamisier. Et c’est une déclaration d’amour à Nina, archétype du personnage tchekhovien et de l’actrice engagée. Une partition majeure et une écriture empathique qui laisse sourdre l’exaltation russe. (NdE)

NINA.—Je n’ai pas peur. J’avance, je marche, je n’ai pas peur.
Il fait noir. Ils m’ont dit
Ne pars pas Nina, ce froid. J’ai FROID.
Ils m’ont dit
Qu’est-ce que tu FAIS Nina, attends.
Qu’est-ce que tu fais?
Laisse-moi

Sabine Tamisier est née en 1973 à Pertuis (84) et vit actuellement à Aubagne. Après un parcours d’études théâtrales à l’Université d’Aix-en-Provence, elle travaille en tant que médiatrice du théâtre contemporain en milieu rural pour le Centre Culturel Cucuron-Vaugines (CCCV). Parallèlement à une pratique de comédienne amateur avec la troupe du CCCV, elle anime des ateliers de théâtre où elle met en scène des textes d’auteurs contemporains et suit les ateliers d’écriture théâtrale avec le Théâtre de Cavaillon-Scène Nationale et le CCCV. Elle intègre en 2003 la première promotion du département Écritures dramatiques de l’ENSATT (École Nationale Supérieure des Arts et Techniques du Théâtre / Lyon), créé et dirigé par Enzo Cormann. De 2006 à 2010 elle est travaille pour le Centre de Ressources de Montévidéo (Marseille).
Elle se consacre aujourd’hui entièrement à l’écriture et à son travail de comédienne. Elle a écrit pour le théâtre Casa Nostra paru aux éditions Le Mot et le Reste et Sad Lisa paru aux Éditions Théâtrales.



Lundi 27 février à 20h

Prodiges® de Mariette Navarro

Lecture en présence de l’auteure
avec Sarah Barrau-Roux, Léo Ferber, Sylvie Jobert et Laura Tirandaz

A l’heure où la culture et le marketing se rencontrent enfin dans une danse d’amour et de productivité qui saura faire progresser avec allégresse la dignité humaine (surtout la vôtre, Madame), Prodiges® avance à visage découvert et décomplexé son amour de la réussite, et milite pour la société du travail (dans une ambiance chaleureuse et toujours en lien avec nos chères traditions). Oui, Prodiges® l’affirme, chacune aujourd’hui peut gravir les échelons de notre merveilleuse civilisation et s’en mettre plein les poches entourée de ses amies, tout en papotant popote et poupons, toutes choses qui nous préoccupent avant toute chose, nous les femmes. Et que celle qui ne se sent pas l’âme d’une pionnière enlève ses doigts de notre plan de travail : notre mixeur broyeur idéologique vient à bout des viandes les plus dures.
Mariette Navarro

LA CONCESSIONNAIRE.– Nous sommes ici pour t’émouvoir
LA MONITRICE.– Te faire frémir
LA CONCESSIONNAIRE.– Te renvoyer ton image

LA MONITRICE.– En un peu plus grand
LA CONCESSIONNAIRE.– Nous sommes cette autre dimension
LA MONITRICE.– La dimension de toi que le monde oublie de te renvoyer
LA CONCESSIONNAIRE.– Ou que tu ne veux pas voir
LA MONITRICE.– Dans ta grande modestie
LA CONCESSIONNAIRE.– Nous sommes ton miroir brillant et lumineux/
LA DEBUTANTE.– Mais nous présenterons aussi les produits que nous vendons, non ?

Prodiges® est une commande de la Compagnie du Veilleur, lors d’une résidence à la Maison des Arts de Brioux-sur-Boutonne, en janvier 2012

Diplômée en dramaturgie de l’École Supérieure d’Art Dramatique du Théâtre National de Strasbourg, Mariette Navarro partage son activité professionnelle entre l’écriture et le travail dramaturgique dans différentes structures en lien avec l’écriture théâtrale contemporaine.
Son texte Alors Carcasse est paru chez Cheyne éditeur en mars 2011. Le second, Nous les vagues a obtenu les encouragements de la commission d’aide à la création du Centre National du Théâtre, il est paru chez Quartett éditions en mai 2011.

Samedi 31 mars à 19h

Bibliothèque municipale Centre Ville
À l’invitation du
Printemps du Livre de Grenoble
Troisième bureau propose la lecture, suivie d’une rencontre avec l’auteure, de

Erwin Motor / Dévotion
de Magali Mougel
Espaces 34 éditions, 2012
Ce texte a reçu l’aide à la création du Centre National du Théâtre

Avec Julien Anselmino, Cécile Corbery, Bernard Falconnet, Sophie Vaude et Dominique Laidet

Erwin Motor est une petite entreprise de sous-traitance automobile ; une petite entreprise familiale qui tente par tous les moyens de lutter contre la délocalisation en Pologne qui pèse sur elle.
Cécile Volanges est l’une des employées d’Erwin Motor et fière de l’être. Elle y travaille de nuit sans trop compter ses heures, au grand mépris de son mari. Mais Cécile s’en moque. Ce travail elle l’aime.
Là-bas, chez Erwin Motor, un homme veille sur les employées comme Cécile : Monsieur Talzberg. Il veille à ce que le travail soit bien fait, à ce que les ouvrières ne perdent pas la cadence et ce, en les stimulant par des moyens qui lui sont propres.
Une étrange relation va se nouer entre Monsieur Talzberg et Cécile Volanges sous l’œil de la directrice d’Erwin Motor, Madame Merteuil. Une liaison dangereuse qui ne sera pas sans mener à sa perte le couple Volanges.

lire un extrait

Magali Mougel, auteure, est chargée de cours à l’Université de Strasbourg. Elle anime régulièrement des ateliers de théâtre et d’écriture en milieu rural et carcéral. Elle a écrit notamment Varvara essai 1 et Waterlily essai 2, textes lauréats des Journées de Lyon des auteurs de Théâtre en 2007, édités à L’Act mem et Erwin motor / Dévotion, qui a reçu l’aide à la création du Centre national du Théâtre en 2011 et sera publié en avril 2012 chez Espaces 34.

Elle sera présente lors du Printemps du Livre pour rencontrer des élèves de classes de seconde du lycée technique et professionnel André Argouges à Grenoble, du lycée Marie Curie à Échirolles et du lycée polyvalent Ferdinand Buisson à Voiron.
Ces élèves ont travaillé sur le texte Erwin Motor / Dévotion avec Léo Ferber, Hélène Gratet, Bernard Garnier et Danièle Klein dans le cadre des ateliers de lecture à voix haute et comités de lecture lycéens proposés par Troisième bureau.

Entrée gratuite dans la limite des places disponibles.

Lundi 30 avril à 20h

ATTENTION cette lecture aura lieu au
Petit Angle

1 rue du président Carnot à Grenoble

Personnal Jesus
ou la nuit où Richey disparut sans laisser de trace

de Sabryna Pierre


Lecture en présence de l’auteure
avec Fabien Albanese, Julien Anselmino, Thierry Blanc, Hélène Gratet et Laura Tirandaz

Richey James Edwards qui appartenait au groupe britannique Maniac Street Preachers, disparut la nuit du 1er février 1995, au bord de la rivière Severn qui sépare l’Angleterre du pays de Galles. Son corps ne fut jamais retrouvé.
C’est sa dernière nuit qu’imagine l’auteure.
Nuit d’errance, de débauche, de rencontres réelles ou fantasmées. Dans une chambre d’hôtel il avoue à une groupie que sa guitare n’est pas branchée lors des concerts. Il ne se sait pas en jouer. Il doit partir le lendemain en tournée aux USA. La jeune fille a perdu sa médaille de baptême. Ils décident alors de la retrouver. Attiré par la voix du Chien Snoopy, Richey terminera cette nuit au fond d’un lac dans un cabaret-tribunal…
Sabryna Pierre peint le monde contemporain à travers un fait divers où elle décortique le mythe pour voir l’humain.

RICHEY.– je crois que vous êtes un peu trop pop pour moi
L’HOMME AU COSTUME À PAILLETTES ARGENTÉES.– il faudra t’y habituer car j’ai été désigné pour être ton guide dans cette quête
RICHEY.– la quête de la médaille?
L’HOMME AU COSTUME À PAILLETTES ARGENTÉES.– la quête intracérébrale
la quête de la réponse à l’ultime question
maintenant tu sais où nous devons chercher
RICHEY.– nous irons vraiment dans ma cervelle?

Née en 1982, Sabryna Pierre suit des études de littérature et d’arts plastiques, avant d’intégrer l’Ensatt (Ecole nationale supérieure des arts et techniques du théâtre). Elle écrit STE, son premier texte dramatique en 2007, Personal Jesus ou la nuit où Richey disparut sans laisser de trace en 2008 et Unity Walkyrie en 2009 pour lequel Sabryna Pierre est lauréate des Journées de Lyon des auteurs de théâtre 2010, et entre au catalogue des éditions Théâtrales. Elle travaille également comme assistante à la mise en scène avec David Mambouch et dramaturge avec Catherine Hargreaves.

Edito 2012

Thursday 19 April 2012

PAR OÙ COMMENCER ?

La question tombe, d’abord comme une tentative d’évaluer, de ré-évaluer ce que nous possédons encore comme capacité pour affronter cette saloperie de monde qui nous entoure. Puis, elle prend la figure d’une injonction. Une injonction qui nous inviterait à charpenter avec souci, des stratégies nouvelles pour continuer à tenir, continuer à rêver de démesures avec démesure lors même que des coups sont sans cesse assénés sur nos têtes pour nous rappeler que nous ne devons regarder que ce qu’il y a au bout de notre nez.

Car, quelles sont les forces vives qui nous restent pour continuer à tenir, pour ne pas avoir peur d’entamer des opérations commandos, pour dynamiter ce qui nous asphyxie quotidiennement ?

Nous ne savons pas si nous répondrons à cette question. Nous ne savons si nous trouverons des solutions à ce PAR OÙ COMMENCER. Nous ne savons pas si d’ailleurs il faut tenter d’y répondre. Seule certitude, nous souhaitons qu’à nouveau les histoires nous saisissent à la nuque, lors même que l’on pense que le monde qui nous entoure n’a plus besoin de nous pour avancer.

Le théâtre est un des derniers lieux où nous pouvons encore nous questionner sur notre sort collectif en ré-interrogeant sans cesse notre place dans la société lors d’un rassemblement, le temps d’une (re)présentation. Faire théâtre. Nous avons encore envie de croire que c’est par cette drôle de localité que peuvent se mettre en branle des prémisses de luttes et de combats, que c’est à cet endroit que peuvent surgir du dissensus, de la confrontation et de la mésentente.

Oui, l’acte théâtral a ce pouvoir d’arrêter le temps, de le rétrécir ou de l’allonger, voire de le rassembler pour faire parler, dialoguer des espaces-temps mutilés et réunir des incompatibles en modifiant la cartographie du partage du sensible.

Nous interroger sur notre contemporanéité au monde qui nous entoure. Penser l’universel en repartant de l’intime, réparer symboliquement des failles, inscrire des corps dans la vie de la cité, venir à ce qui est laissé pour compte, à ces choses anodines, raconter ce que l’on croit sans histoire et / ou qu’on préférerait croire sans histoire, chercher à créer du sujet, là, où a priori il ne semble pas y en avoir, voilà le projet de cette édition de Regards croisés. Voici le mot d’ordre qui rassemble les auteurs et les textes que nous vous proposerons : fouiller ! ce que le monde nous dit qu’il (n’) est (pas) !

Magali Mougel

Le programme 12

Thursday 19 April 2012


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calendrier

mardi 22 mai 2012

Wednesday 18 April 2012

14h Regards lycéens
19h      Inauguration
19h55  La chronique du jour
20h      Lecture
21h45 Café des auteurs
Pedro Eiras
22h30 Ma chanson 1

Une forte odeur de pomme

Um forte cheiro a maçã (2003)

de Pedro Eiras (Portugais)

Traduit du portugais par Alexandra Moreira da Silva
avec le soutien de la Maison Antoine Vitez (2004)

Un salon, meublé disons bourgeoisement mais sans étalage, avec au mur une reproduction bon marché de la Cène de Léonard de Vinci – cependant il est manifeste que le cadre est cher.
Ils sont treize, – père, mère, oncle, tante, frère, sœur, cousin, ami(e)s – à être réunis pour un dîner à la demande d’Elie, le fils, jeune dramaturge. Une soirée où l’on cause de tout et de rien, de son travail, des progrès du petit-fils… Une soirée de plus où des paroles s’échangent, banales ou incisives, dévoilant parfois blessures ou rancœurs, des paroles chargées de l’ennui et de la vacuité d’existences se voulant heureuses mais qui paraissent contrariées. Jusqu’à l’annonce par Elie d’une surprise… insolite.
Dix ans après sa parution au Portugal, le texte de Pedro Eiras semble avoir été écrit aujourd’hui, dans une Europe au bord du vide.

Avec
Elie / Sébastien Hoën-Mondin
Emmanuel / Bernard Garnier
Magdalena / Danièle Klein
Judas / Pierre David-Cavaz
Judith / Sylvie Jobert
Jessé / Thierry Blanc
Marthe / Emilie Geymond
Jacques / Philippe Saint-Pierre
Marie / Laura Tirandaz
Jean / Grégory Faive
Véronique / Chloé Schmutz
Simon / Stéphane Czopek
Anna / Sophie Vaude
Lecture accompagnée par Hélène Gratet et Laura Tirandaz

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21h45  Café des auteurs

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22h30  Ma chanson 1

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avec Didier Bouchet, Arash Sarkechik et Laura Tirandaz

les traductrices

Alexandra Moreira da Silva
Docteur en Études Théâtrales (Université de Paris III / Université de Porto), Alexandra Moreira da Silva est professeur à la Faculté de Lettres de l’Université de Porto. Chercheuse à l’Institut de Littérature comparée Margarida Losa (Porto) depuis 1997, elle participe au projet de recherche « Interculturalidades : escritores e outros criadores em deslocação ». Elle a traduit vers le portugais notamment Adel Hakim, Patrick Kermann, Bernard-Marie Koltès, Jean-Pierre Sarrazac, Dominique Pitoiset, Karin Serres, Ronan Chéneau, Jean-Luc Lagarce, Marguerite Yourcenar, Pierre Notte, Marguerite Duras, Alice Zeniter. Vers le français, elle a traduit Pedro Eiras, Abel Neves, Camilo Pellegrini, Miguel Castro Caldas, José Maria Vieira Mendes, Jacinto Lucas Pires et Jaime Rocha. Elle a co-organisé le volume nº 12/13 des Cadernos de Literatura Comparada consacré au théâtre et à la traduction ainsi que le colloque Traduire Lagarce (Besançon, 2007). Elle est membre de l’association Portugaise des Critiques de théâtre.

Ilda Mendes dos Santos
Universitaire, Ilda Mendes dos Santos travaille sur les voyages, les transferts culturels et la traduction. Elle a traduit des récits d’explorateurs, des poètes et prosateurs de langue portugaise (Hilda Hilst, Herberto Helder). Dans le domaine théâtral, elle a traduit des pièces de Pedro Eiras (Lettre à Cassandre
– en co-traduction avec l’auteur pour le théâtre de la Place, Belgique; Culture, en co-traduction avec Daniel Rodrigues, pour la Maison Antoine Vitez), de Mickael de Oliveira (de la compagnie Colectivo 84 de Lisbonne) ainsi que d’autres dramaturges portugais et brésiliens à l’occasion de festivals artistiques et/ou de cahiers spécifiquement dédiés à l’émergence de nouvelles écritures scéniques (par exemple, Grabuge de Jô Bilac, Maison Antoine Vitez, à paraître).




Ilda Mendes dos Santos assure la traduction des textes écrits par Pedro Eiras dans le cadre de la coopérative éphémère.

mercredi 23 mai 2012

Tuesday 17 April 2012

19h55 La chronique du jour

20h Lecture Choco Bé

21h45 Café des auteurs Laura Tirandaz

22h30 Ma chanson 2

CHOCO BÉ
2010

de Laura Tirandaz

Tapuscrit 126, Editions Théâtre Ouvert, avril 2012
Le texte a reçu l’aide à la création du Centre national du Théâtre

C’est la balle qui attend après la pluie. Chaque année à cette période ça me lance, je crois qu’elle rouille, cette balle, elle me gratte toujours avant la saison des pluies. Et dès qu’il y a la pluie, ça se calme. Quand se décidera-t-elle à tomber dans ce pays ? Quand est-ce qu’il pleuvra enfin qu’on en finisse ?

Saint-Laurent-du-Maroni, en Guyane française, se prépare à faire la fête pour l’élection de la miss locale. La nuit va être chaude, humide et étouffante. Ewa et Choco, et leurs deux jeunes enfants vivent de peu. Lui répare les moteurs et trafique un peu, pour vivre. L’argent manque et les disputes sont fréquentes. Mais ce soir-là, une vieille et sale histoire de compte mal réglé refait surface. Alors Choco retourne au quartier chinois, quartier de son enfance où Moa, sa mère, se prostituait…

Avec Mélanie Bourgeois, Jean-Christophe Folly, Nina Nkundwa, Marcel Mankita, Martine Maximin
Lecture accompagnée par Benjamin Moreau

Cette lecture est présentée avec le soutien du Centre national du Théâtre

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21h45 Café des auteurs Laura Tirandaz

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22h30 Ma chanson 2

>>Voir les photos de Ma Chanson 2<<
avec
Didier Bouchet, Pedro Eiras et Arash Sarkechik

jeudi 24 mai 2012

Monday 16 April 2012

19h55 La chronique du jour

20h Lecture La Ville d’à côté

21h45 Café des auteurs Marius Ivaškevičius, Akvilé Melkūnaitė

22h30 Ma chanson 3

La Ville d’à côté
Artimas miestas, 2005

de Marius Ivaškevičius
Traduit du lituanien par Akvilé Melk
ūnaitė
avec le soutien de la Maison Antoine Vitez (2011)

Il est beau de rêver. Il est peut-être même sain de rêver. C’est bon pour la circulation du sang. Mais vient un âge où rêver devient dangereux, et quiconque n’a pas appris à faire cohabiter ses rêves et la réalité risque d’avoir de gros problèmes.
Préface de
Marius Ivaškevičius

Anika Svantensson, mère de famille nombreuse et femme au foyer, a une phobie : la peur que ses jambes ne se collent ensemble. Elle et son mari, Svante, vivent à Malmö. Chaque week-end, Svante prend le bateau de Malmö pour Copenhague. Désireuse de comprendre ce qu‘il y trouve d‘intéressant, Anika décide de s’y rendre, maintenant qu’un pont relie les deux villes. Elle prend donc le train pour regarder les feux de sa propre ville de “l’autre rive”. Pendant le trajet, elle fait la connaissance de Birgit, suédoise comme elle, qui va à Copenhague se “distraire”. Elle y fait du tourisme sexuel. Elle propose à Anika de l’initier et lui fait rencontrer Lars, jeune prostitué qu’Anika prend l’habitude de visiter.

Le jour de leur quinzième anniversaire de mariage, Svante se doute de quelque chose : Anika a oublié leur fête. Il en accuse ses visites à Copenhague et assure qu‘il ne supportera pas “qu‘une ville étrangère s‘immisce dans leur vie et leur bonheur”…

Par intermittence entre ces courtes scènes apparaît Karlsson, personnage à hélice du conte d‘Astrid Lindgren. Assis dans le port de Malmö, il tente par de poignantes remarques sur lui, la vie, le couple, les rapports entre l‘homme et la femme, de distraire la Sirène, nue et dégoulinante, piégée dans les mailles d’un filet de pêche.

Avec Thierry Blanc, Stéphane Czopek, Bernard Garnier, Hélène Gratet, Sébastien Hoën-Mondin, Sylvie Jobert, Danièle Klein, Philippe Saint-Pierre…

Lecture accompagnée par Thierry Blanc

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21h45 Café des auteurs Marius Ivaškevičius, Akvilé Melkūnaitė

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22h30 Ma chanson 3

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avec Didier Bouchet, Arash Sarkechik et Laura Tirandaz


Akvilė Melkūnaitė est née en 1972 à Vilnius. En 1996, elle termine des études de langue et littérature françaises à l’Université de Vilnius. Elle travaille comme interprète au Centre Culturel Français de Vilnius, gère les droits des auteurs étrangers à la maison d’édition Tyto alba, est copywriter à l’agence de publicité Lukrecijos reklama. Depuis 1995, elle est traductrice pour le théâtre et réalise des surtitrages (Roberto Zucco, Le Maître et Marguerite, Visage du feu, Roméo et Juliette, Playing the Victim, Hamlet, Le pays lointain…). Depuis 2005, elle organise des lectures de pièces contemporaines françaises avec le groupe OKT, lors du festival de théâtre Sirenos. Elle traduit du lituanien au français en collaboration avec Laurent Muhleisen – Le Pays de verre, Hanka, La Réserve, Lucie platine, La Ville d’à côté –, et du français au lituanien – Darley, Duras, Melquiot, Dorin, Lagarce… Elle vit à Vilnius.



vendredi 25 mai 2012

Sunday 15 April 2012

18h Rencontre de quel théâtre avons-nous besoin aujourd’hui?
avec Olivier Neveux et Magali Mougel – Bibliothèque Centre Ville

20h Lecture Sweet Home Europa

SWEET HOME EUROPA
2005

de Davide Carnevali

Traduit de l’italien par Caroline Michel
pour le festival Regards croisés avec le soutien de la Maison Antoine Vitez (2012)

Personnes :
Un homme, plusieurs hommes.
Une femme, plusieurs femmes.
Un autre homme, et son père, son grand-père, son arrière-grand-père. Un fils.

Tous les hommes et toutes les femmes se ressemblent un peu.

“Un homme et une femme vivaient dans une grande maison avec un grand jardin, plein de fleurs et de plantes. Le ciel était bleu, le soleil brillait et les moineaux piaillaient gaiement. L’homme et la femme étaient contents, ils ne faisaient rien de tout le jour et ils n’avaient même pas à faire la cuisine, parce que la terre donnait spontanément ses fruits. Ils prenaient la vie comme elle venait et n’avaient pas de grandes préoccupations. Un jour un autre homme arriva et dit à l’homme et à la femme que cette maison n’était pas adaptée à eux, parce qu’ils n’étaient que deux et qu’est-ce qu’ils pouvaient bien faire dans une maison aussi grande puisqu’en plus ils n’avaient pas d’enfants ? L’homme et la femme furent moralement contraints de s’en aller. Au-delà du jardin, il y avait le désert, le soleil brillait même trop, la terre était sèche et ne donnait aucun fruit, pas même la moindre boîte de conserve, seuls des épines et des chardons. Au-dessus de leurs têtes volaient des rapaces, probablement saprophages. L’homme et la femme durent se mettre un peu à la diète, mais ils se multiplièrent quand même. Et ils continuèrent à perpétuer la diète de père en fils, et de fils en fils. L’autre en revanche vit encore dans le jardin.”

Avec Philippe Saint-Pierre, François Jaulin et Sophie Vaude

Lecture accompagnée par Grégory Faive

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Née à Marseille en 1972, Caroline Michel se forme en tant que comédienne au Conservatoire de Montpellier, puis à l’Esad de Paris. Elle fait ensuite des études de langue et littérature italiennes à Paris 3 et se spécialise dans la traduction littéraire. En 2001 elle obtient le prix italien P.P. Pasolini pour son mémoire de maîtrise Pasolini, problèmes de traduction. Parallèlement à son activité de comédienne, elle traduit des auteurs de théâtre italien contemporain tels que P.P. Pasolini, Fausto Paravidino, Letizia Russo, Antonio Tarantino, Francesco Silvestri, Stefano Massini, Angela Dematté… Plusieurs de ses traductions sont publiées aux éditions de l’Arche et des Solitaires Intempestifs. Elle a retraduit les pièces Orgie et Calderon de Pasolini à la demande des metteurs en scène Jean-Lambert-Wild et Laurent Fréchuret. Elle est membre du comité italien de la Maison Antoine Vitez qui lui a attribué deux bourses de traduction, dont La Maladie de la Famille M. de Fausto Paravidino, mise en scène par l’auteur au Théâtre du Vieux Colombier en 2011, où elle était assistante à la mise en scène. Avec AMDA Production, elle réalise également régulièrement le surtitrage français de pièces italiennes (Pippo del bono, Motus, Emma Dante…).

21h45 Café des auteurs Davide Carnevali et Caroline Michel

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22h30 Ma chanson 4

>>Voir les photos de Ma chanson 4<<
avec Marius Ivaškevičius, Didier Bouchet, Pedro Eiras, Cécile Corbery, Akvilé Melkūnaitė, Caroline Michel, Arash Sarkechik

samedi 26 mai 2012

Saturday 14 April 2012

SAMEDI 26 MAI

18h Lecture

SI BLEUE, SI BLEUE, LA MER
Das blaue blaue Meer, 2005

de Nis-Momme Stockmann

Traduit de l’allemand par Nils Haarmann et Olivier Martinaud (2010)
Le texte a reçu l’aide à la création du Centre national du Théâtre

Darko grandit dans un quartier où les gens n’ont pas de travail, peu d’éducation, et encore moins d’espoir. Ils passent leur temps à picoler, s’agresser ou bien à se jeter par les fenêtres. Le suicide ici est plutôt une question de vitesse : mettront-ils des mois, des années ou seulement quelques minutes à franchir le pas ? C’est une vision de l’Allemagne – et Darko a bien conscience qu’un monde comme cela, normalement, ça ne devrait pas exister. Dans ce paysage en béton, aucune place pour les étoiles dans le ciel. Pas d’étoiles. À moins que ce ne soit un effet de l’alcool. Jusqu’au jour où Motte arrive, belle comme un morceau de ciel, même si sa peau est marquée de cicatrices. Avec elle, tout va changer. Et, à la différence de Darko, Motte a un projet : mettre de l’ordre, pour une fois mettre tout en ordre et partir d’ici, très loin, là où la mer est si bleue.

Lecture accompagnée par Thibault Fayner

Avec la participation des étudiants de l’Ensatt
Joseph Barillon, Liza Blanchard, Pierre Cuq, Sophie Engel, Eloïse Hallauer, Simon Jouannot, Kayije Kagame, Noé Mercier, Mathieu Petit, Marion Petit, Louka Petit-Taborelli, Héléna Sadowy, département art dramatique

Adrien Dupuis-Hepner, Julie Guichard, Louise Vignaud, département mise en scène

Virginie Berthier, Adrien Cornaggia, Alison Cosson, Caroline Dumas de Rauly, Perrine Gérard, Alan Payon, Samuel Pivot, Guillaume Poix, Marylin Mattei, Pauline Noblecourt, Julie Rossello-Rochet, département écriture dramatique

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19h45 Lecture

L’HOMME QUI MANGEA LE MONDE
Der Mann der die Welt ass, 2005

de Nis-Momme Stockmann

Traduit de l’allemand par Nils Haarmann et Olivier Martinaud (2010)

Un homme habitué au succès découvre au milieu de sa vie la brutalité du destin. Lui qui mangeait le monde se fait à présent dévorer par lui. Licenciement, difficulté d’être père, séparation de la famille, incapacité à faire face à la maladie et au vieillissement de son père, alcoolisme…

Avec Louis Beyler, Thierry Blanc, Enzo Cormann, Hélène Gratet, Grégory Faive, Sébastien Hoën-Mondin, Sylvie Jobert, Philippe Saint-Pierre, Danièle Klein

Lecture accompagnée par Sylvie Jobert

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Nils Haarmann est né en 1983 à Essen (RFA). Fait des études de théâtre, cinéma et lettres comparées à Mayence, Bochum, Paris et New York. Son mémoire de Master porte sur Robert Wilson et Heiner Müller (dirigé par Jean Jourdheuil). Pendant ses études, il assiste en dramaturgie et mise en scène au Schauspiel Essen, Maxim Gorki Theater Berlin et au Robert Wilson Watermill Center, New York. Collaboration dramaturgique avec la troupe de Bernadete Alves (Sao Paulo) ainsi qu’avec la compagnie « Garçon pressé » d’Olivier Martinaud (Paris). (guillemet orphelin)
En 2009, il est assistant dramaturge, depuis 2010 dramaturge à la Schaubühne am Lehniner Platz. Il y travaille sur des textes d’Hélène Cixous, Rodrigo Garcia, Patricia Highsmith et Rainer Werner Fassbinder. Il est également traducteur de théâtre vers l’allemand et vers le français.

Né en 1978 à Montluçon, Olivier Martinaud entre au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique en 2001 où il se forme auprès de Joël Jouanneau, Éric Ruf, Jean-Marie Patte et Gérard Desarthe. Comédien, il tourne à la télévision et au cinéma, joue au théâtre et enregistre des textes pour France Culture et France Inter. Avec « Garçon pressé », sa compagnie, il travaille sur les écritures de Jon Fosse, Federica Iacobelli, Dea Loher et Christophe Pellet. Il met en scène Imbécile en 2008, une comédie musicale d’Olivier Libaux (Nouvelle Vague), au Café de la Danse à Paris et aux Francofolies de La Rochelle. Il met en espace en allemand Erich von Stroheim de Christophe Pellet (à Berlin et à Forbach) et joue La Conférence (Festival Paris en toutes lettres). Il prépare la création de L’Homme qui mangea le monde de Nis-Momme Stockmann qu’il met en espace en 2011 (Forbach, Bagnolet, Dijon), et qu’il va reprendre les 20 et 22 juillet 2012 au Festival NAVA, à l’abbaye de Saint-Hilaire (Aude).

21h30 Cabaret du samedi soir

ON ARRÊTE DE SE CALMER

Cabaret polyphonique, kaléidoscopique et polyglotte autour de considérations poélitiques, rythmé des chansons écoutées chaque soir à base d’air connus – chanson populaire, opérette…– ou de musiques improvisées.

Avec Pedro Eiras, Laura Tirandaz, Marius Ivaškevičius, Akvilé Melkūnaitė, Magali Mougel, Caroline Michel, Davide Carnevali, Sébastien Hoën-Mondin, Grégory Faive, Bernard Garnier, Arash Sarkechik, Didier Bouchet


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Les auteurs de Regards croisés 12

Friday 13 April 2012

mai-2009-012

Davide Carnevali (Italie)

Né à Milan en 1981, Davide Carnevali vit et travaille entre Buenos Aires, Berlin et Barcelone, où il fait actuellement une thèse en Théorie du Théâtre à l’Universitat Autònom, tout en suivant un cursus à l’Université Freie de Berlin. Il est également traducteur du catalan et du castillan, et éditeur pour Ubulibri, où il s’occupe de dramaturgie espagnole, catalane et latino-américaine. Il est membre du conseil de rédaction de la revue espagnole “Pausa” et écrit pour différentes revues italiennes telles que “Hystrio” et “Stratagemmi”. Il organise aussi des séminaires d’écriture théâtrale et de théorie du théâtre. En tant que dramaturge, il s’est formé en Italie avec Laura Curino, et en Espagne à La Sala Beckett de Barcelone. Variazioni sul modello di Kraepelin a été primé en 2009 par le Premio Riccione pour le théâtre et par le Theatertreffen de Berlin. Son texte Come fu che in Italia scoppiò la rivoluzione ma nessuno se ne accorse a reçu le Prix Scintille du Théâtre d’Asti 2010 et le Prix Borrello de la nouvelle dramaturgie 2011. Son dernier texte, Sweet Home Europa, a été présenté au Festival International de Littérature de Berlin. Ses œuvres ont été représentées dans différents festivals internationaux et sont traduites en allemand, français, espagnol, catalan, anglais, estonien.

Sweet Home Europa – 2011

Traduit de l’italien par Caroline Michel pour Regards croisés (2012)

Avec le soutien de la Maison Antoine VItez

Personnes :
Un homme, plusieurs hommes.
Une femme, plusieurs femmes.
Un autre homme, et son père, son grand-père, son arrière-grand-père. Un fils.
Tous les hommes et toutes les femmes se ressemblent un peu.

Un homme et une femme vivaient dans une grande maison avec un grand jardin, plein de fleurs et de plantes. Le ciel était bleu, le soleil brillait et les moineaux piaillaient gaiement. L’homme et la femme étaient contents, ils ne faisaient rien de tout le jour et ils n’avaient même pas à faire la cuisine, parce que la terre donnait spontanément ses fruits. Ils prenaient la vie comme elle venait et n’avaient pas de grandes préoccupations. Un jour un autre homme arriva et dit à l’homme et à la femme que cette maison n’était pas adaptée à eux, parce qu’ils n’étaient que deux et qu’est-ce qu’ils pouvaient bien faire dans une maison aussi grande puisqu’en plus ils n’avaient pas d’enfants ? L’homme et la femme furent moralement contraints de s’en aller. Au-delà du jardin, il y avait le désert, le soleil brillait même trop, la terre était sèche et ne donnait aucun fruit, pas même la moindre boîte de conserve, seuls des épines et des chardons. Au-dessus de leurs têtes volaient des rapaces, probablement saprophages. L’homme et la femme durent se mettre un peu à la diète, mais ils se multiplièrent quand même. Et ils continuèrent à perpétuer la diète de père en fils, et de fils en fils. L’autre en revanche vit encore dans le jardin.

Pedro Eiras (Portugal)

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Pedro Eiras est né à Porto en 1975. Il est professeur de littérature portugaise à l’Université des Lettres de Porto. Depuis 2001, il publie des pièces de théâtre, des fictions, de la poésie, de nombreux essais sur la littérature contemporaine. Ses pièces ont été traduites, lues ou mises en scène dans plusieurs pays : Belgique, Brésil, Bulgarie, Cap-Vert, Espagne, France, Grèce, Portugal, Slovaquie, Roumanie. Deux de ses pièces sont traduites en français – Une Lettre à Cassandre et Une forte odeur de pomme. Cette dernière a connu une mise en espace à La Mousson d’Eté, puis une mise en ondes sur France Culture, sous la direction de Claude Guerre. Elle est publiée en France aux Solitaires Intempestifs. Une Lettre à Cassandre sera mise en scène en Belgique en 2013.

Une forte odeur de pomme – 2003
Traduit du portugais par Alexandra Moreira da Silva
avec le soutien de la Maison Antoine Vitez (2004)
Éditions Les Solitaires Intempestifs, 2005

Un salon, meublé disons bourgeoisement mais sans étalage, avec au mur une reproduction bon marché de la Cène de Léonard de Vinci – cependant il est manifeste que le cadre est cher.
Ils sont treize, – père, mère, oncle, tante, frère, sœur, cousin, ami(e)s – à être réunis pour un dîner à la demande d’Elie, le fils, jeune dramaturge. Une soirée où l’on cause de tout et de rien, de son travail, des progrès du petit-fils… Une soirée de plus où des paroles s’échangent, banales ou incisives, dévoilant parfois blessures ou rancœurs, des paroles chargées de l’ennui et de la vacuité d’existences se voulant heureuses mais qui paraissent contrariées. Jusqu’à l’annonce par Elie d’une surprise… insolite.
Dix ans après sa parution au Portugal, le texte de Pedro Eiras semble avoir été écrit aujourd’hui, dans une Europe au bord du vide.

Je suis fatiguée d’être mère et épouse, d’être une femme et d’avoir un certain âge, de faire semblant, de faire semblant que je fais semblant, sans avoir un seul mot vrai à vous dire, un seul, je suis écrasée par ces murs plein de meubles, plein de bibelots, par ces vêtements, par ces mains que je lave chaque jour, par ces cheveux…


dsc_0448 Marius Ivaškevičius (Lituanie)

Marius Ivaškevičius, dramaturge, scénariste et écrivain lituanien, est né en 1973 à Molėtai. En 1991, il entre à la faculté de philologie de l’Université de Vilnius pour étudier la langue et la littérature lituaniennes et obtient sa maîtrise en 1997. Auteur de nouvelles et de romans, il écrit pour le théâtre Le Voisin, mis en scène au Théâtre de la Jeunesse à Vilnius en 2000 et publié en France aux Presses Universitaires de Caen, Le Petit, prix du jeune artiste du Ministère de la culture de Lituanie en 2002, Madagascar, prix de la publication lituanienne de l’année 2004 et prix au festival du théâtre de Riga, Mistras, La Ville d’à côté… Ses pièces ont toutes été mises en scène en Lituanie et pour certaines à l’étranger et sont traduites dans de nombreuses langues – anglais, français, polonais, finnois, letton, russe, slovène, italien, allemand. En mars 2012 “Les croix de la scène” décerne le prix de la meilleure mise en scène à sa pièce sur l’exil. Scénariste de courts et longs métrages – La Fumée pourpre, prix Eureka Audiovisual au Trans-Euro-Script d’Istanbul –, il est aussi réalisateur de documentaires. Il vit à Vilnius.

La Ville d’à côté – 2005
Traduit du lituanien par Akvilé Melk
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avec le soutien de la Maison Antoine Vitez (2011)

Il est beau de rêver. Il est peut-être même sain de rêver. C’est bon pour la circulation du sang. Mais vient un âge où rêver devient dangereux, et quiconque n’a pas appris à faire cohabiter ses rêves et la réalité risque d’avoir de gros problèmes.
Préface de
Marius Ivaškevičius

Anika Svantensson, mère de famille nombreuse et femme au foyer, a une phobie : la peur que ses jambes ne se collent ensemble. Elle et son mari, Svante, vivent à Malmö. Chaque week-end, Svante prend le bateau de Malmö pour Copenhague. Désireuse de comprendre ce qu‘il y trouve d‘intéressant, Anika décide de s’y rendre, maintenant qu’un pont relie les deux villes. Elle prend donc le train pour regarder les feux de sa propre ville de “l’autre rive”. Pendant le trajet, elle fait la connaissance de Birgit, suédoise comme elle, qui va à Copenhague se “distraire”. Elle y fait du tourisme sexuel. Elle propose à Anika de l’initier et lui fait rencontrer Lars, jeune prostitué qu’Anika prend l’habitude de visiter.
Le jour de leur quinzième anniversaire de mariage, Svante se doute de quelque chose : Anika a oublié leur fête. Il en accuse ses visites à Copenhague et assure qu‘il ne supportera pas “qu‘une ville étrangère s‘immisce dans leur vie et leur bonheur”…

Par intermittence entre ces courtes scènes apparaît Karlsson, personnage à hélice du conte d‘Astrid Lindgren. Assis dans le port de Malmö, il tente par de poignantes remarques sur lui, la vie, le couple, les rapports entre l‘homme et la femme, de distraire la Sirène, nue et dégoulinante, piégée dans les mailles d’un filet de pêche.

Magali Mougel (France)c2a9jp-angei-1

Magali Mougel enseigne à l’Université de Strasbourg et anime régulièrement des ateliers d’écriture en milieu rural et en milieu carcéral. Elle est auteure-associée à la Compagnie Actémobazar (Strasbourg), à la Compagnie des Choses (Lille) et à la structure Troisième bureau (Grenoble) dédiée aux écritures contemporaines. Elle a écrit plus d’une dizaine de textes pour le théâtre dont plusieurs ont fait l’objet de mises en scène. Avec son diptyque Varvara essai 1 et Waterlily essai 2 (Editions L’Act Mem, 2007) elle est lauréate des Journées de Lyon des auteurs de théâtre en 2007. Avec sa pièce Erwin Motor / Dévotion (Editions Espaces 34, 2012) traduite en allemand par Frank Weigand et en espagnol  (Mexique) par Humberto Perez Mortera, elle reçoit une bourse d’Aide à la Création du Centre national du Théâtre en 2011.


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Nis-Momme Stockmann (Allemagne)

Nis-Momme Stockmann est né en 1981 à Wyk sur l’île de Föhr. Sa famille appartient à la minorité de langue danoise du Schleswig-Holstein. Il étudie les “Langue et Civilisation du Tibet” à Hambourg, puis la “Médiologie” à Odense au Danemark, suit une formation de cuisinier avant de se consacrer à l’écriture théâtrale à l’Universität der Künste de Berlin. Depuis 2002 il travaille comme artiste indépendant dans les domaines de l’écriture, la photographie, la peinture, le cinéma. Il a remporté en 2005 le premier prix du Festival international de cinéma à Odense pour son court-métrage Ignorans. Lors du Marché aux Pièces 2009 de Heidelberg, il reçoit le Premier prix et le Prix du public pour la pièce Das blaue blaue Meer. Il écrit pour le Staatstheater de Stuttgart la pièce Kein Schiff wird kommen (Aucun bateau ne viendra), présentée en 2010 dans le programme parallèle des Rencontres Théâtrales. La pièce est invitée aux Journées théâtrales de Mülheim. La même année est créée Das blaue blaue Meer au Deutsches Theater à Berlin et la revue Theater heute le nomme “Auteur de l’année” 2010. En 2011, il reçoit le prix Friedrich Hebbel. Depuis 2009, Nis-Momme Stockmann est auteur en résidence au Schauspiel de Francfort.

Si bleue, si bleue, la mer (2005)
Traduit de l’allemand par Nils Haarmann et Olivier Martinaud (2010)
Le texte a reçu l’aide à la création du Centre national du Théâtre

Darko grandit dans un quartier où les gens n’ont pas de travail, peu d’éducation, et encore moins d’espoir. Ils passent leur temps à picoler, s’agresser ou bien à se jeter par les fenêtres. Le suicide ici est plutôt une question de vitesse : mettront-ils des mois, des années ou seulement quelques minutes à franchir le pas ? C’est une vision de l’Allemagne – et Darko a bien conscience qu’un monde comme cela, normalement, ça ne devrait pas exister. Dans ce paysage en béton, aucune place pour les étoiles dans le ciel. Pas d’étoiles. À moins que ce ne soit un effet de l’alcool. Jusqu’au jour où Motte arrive, belle comme un morceau de ciel, même si sa peau est marquée de cicatrices. Avec elle, tout va changer. Et, à la différence de Darko, Motte a un projet : mettre de l’ordre, pour une fois mettre tout en ordre et partir d’ici, très loin, là où la mer est si bleue.


L’Homme qui mangea le monde (2005)
Traduit de l’allemand par Nils Haarmann et Olivier Martinaud (2010)

Un homme habitué au succès découvre au milieu de sa vie la brutalité du destin. Lui qui mangeait le monde se fait à présent dévorer par lui. Licenciement, difficulté d’être père, séparation de la famille, incapacité à faire face à la maladie et au vieillissement de son père, alcoolisme…

Laura Tirandaz (France)tirandaz-foto-de-xing-wei

Auteure et comédienne, Laura Tirandaz, née en 1982, intègre la classe professionnelle du Conservatoire de Grenoble dirigée par Philippe Sire et joue sous la direction de Chantal Morel, Laurent Pelly et Jacques Vincey à la MC2. En 2007, elle écrit et met en scène son premier texte Variation I : Le Fils et joue sous la direction de Natacha Dubois puis de Fabien Palin. Diplômée du département Écriture dramatique de l’ENSATT dirigé par Enzo Cormann, elle est auteure invitée par le festival On n’arrive pas les mains vides à Villard Reculas. En 2012, elle réalise un documentaire sonore Phonurbaine avec le soutien du collectif Le Tricycle et participe à la conception d’une émission sur Arthur Adamov pour France Culture. Dans le cadre du festival Autour du Théâtre Contemporain de Nancy, elle répond à une commande d’écriture sur la thématique du Pouvoir. Sa pièce Choco Bé a reçu l’Aide à la création du Centre national du Théâtre en 2011 et a été sélectionnée par le comité Textes en paroles des écritures des Caraïbes. Enregistré pour France Culture, le texte est édité en avril 2012  en Tapuscrit chez Théâtre Ouvert. Auteure associée à Troisième bureau elle a mené d’octobre 2011 à mars 2012 un atelier d’écriture avec un groupe de femmes du quartier des Essarts à Echirolles.

Choco Bé (2010)

C’est la balle qui attend après la pluie. Chaque année à cette période ça me lance, je crois qu’elle rouille, cette balle, elle me gratte toujours avant la saison des pluies. Et dès qu’il y a la pluie, ça se calme. Quand se décidera-t-elle à tomber dans ce pays ? Quand est-ce qu’il pleuvra enfin qu’on en finisse ?

Saint-Laurent-du-Maroni, en Guyane française, se prépare à faire la fête pour l’élection de la miss locale. La nuit va être chaude, humide et étouffante. Ewa et Choco, et leurs deux jeunes enfants vivent de peu. Lui répare les moteurs et trafique un peu, pour vivre. L’argent manque et les disputes sont fréquentes. Mais ce soir-là, une vieille et sale histoire de compte mal réglé refait surface. Alors Choco retourne au quartier chinois, quartier de son enfance où Moa, sa mère, se prostituait…

coopérative éphémère cabaret du samedi soir

Thursday 15 March 2012

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de la coopérative éphémère

GÉOLOCALISER NOS DÉSIRS (D’ÉCRITURE)

Six lieux dispersés dans le territoire isérois – inconnus pour certains, plus familiers pour d’autres – lieux emblématiques, incontournables ou d’apparence anodine, lieux d’errance ou de rendez-vous, six lieux qui serviront de fil conducteur pour notre coopérative d’écriture. Nous serons six auteurs, d’Italie, de Lituanie, du Portugal, d’Allemagne et de France, à égrener sur notre route des échappées, des fictions, des brèves, des phrases éparses inspirées des lieux afin de faire dialoguer les espaces. Écrire à plusieurs, se rassembler pour tenter une approche géographique, cartographique de nos désirs d’écriture. Et imaginer autant d’approches stratégiques et poétiques d’un lieu. Chaque soir, un des auteurs écrira et interprétera une chanson, une mélodie à inventer et un refrain à retenir. Et le dernier soir du festival, nous présenterons un cabaret dramatique à six voix et deux instruments, accumulation de nos problèmes d’orientation et de notre sens du désordre. Trouver notre Nord, rêver de notre Sud et brouiller nos envies entre le grand Ouest et l’Est qui se lève pour finir par lâcher les boussoles et partir en écriture comme on part en errance. Débranchons les appareils ménagers et prenons le strict minimum, autant voyager léger.

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Samedi 26 à 22h30

ON ARRÊTE DE SE CALMER

Cabaret polyphonique, kaléidoscopique et polyglotte autour de considérations poélitiques, rythmé des chansons écoutées chaque soir à base d’air connus – chanson populaire, opérette…– ou de musiques improvisées.

Avec Davide Carnevali, Pedro Eiras, Marius Ivaškevičius, Caroline Michel, Akvilé Melkūnaitė, Magali Mougel, Laura Tirandaz, auteurs, les comédiennes et comédiens du festival et les musiciens Didier Bouchet, Arash Sarkechik.

Magali Mougel et Laura Tirandaz accompagnent le travail de la coopérative éphémère

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