Les Murs 07/08

Monday 15 September 2008

→Regards croisés 2007/2008les-murs

LES MURS. RASONS LES MURS

“La tentation du mur n’est pas nouvelle. Chaque fois qu’une culture ou qu’une civilisation n’a pas réussi à penser l’autre, à se penser avec l’autre, à penser l’autre en soi, ces raides préservations de pierres, de fer, de barbelés, de grillages électrifiés, ou d’idéologies closes, se sont élevées, effondrées, et nous reviennent encore avec de nouvelles stridences. […] Les murs qui se construisent aujourd’hui (au prétexte de terrorisme, d’immigration sauvage ou de dieu préférable) ne se dressent pas entre des civilisations, des cultures, ou des identités, mais entre des pauvretés et des surabondances, des ivresses opulentes mais inquiètes et des asphyxies sèches. […] Les murs menacent tout le monde de l’un et de l’autre côté de leur obscurité. Ils achèvent de tarir ce qui s’est desséché sur ce versant du dénuement, ils achèvent d’aigrir ce qui s’est angoissé sur l’autre versant de l’abondance. La relation à l’autre nous indique la part la plus haute, la plus honorable, la plus enrichissante de nous-mêmes. Que tombent les murs.”

Édouard Glissant, Patrick Chamoiseau

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Le programme : lundi 26

mardi 27

mercredi 28

jeudi 29

vendredi 30

samedi 31

Les auteurs invités

Les rencontres

La gazette

Festival temps de parole

Cinéma documentaire

→ Les lectures de la saison 2007/2008

Lundi 10 décembre 2007
Berlin, 9 novembre
de Pierre Bourgeade
L’Avant-Scène Théâtre, 2002

Lundi 14 janvier 2008
Sous un ciel de Chamaille de Daniel Danis
L’Arche Éditeur, 2007

Lundi 11 février 2008
Beyrouth Blues de Israël Horovitz
Adaptation Nathalie Gouillon

Lundi 10 mars 2008
Copito ou les derniers mots de Flocon de Neige, le singe blanc du zoo de Barcelone
de Juan Mayorga
Traduction Yves Lebeau Éditions Les Solitaires Intempestifs, 2008

→ l’atelier d’écriture

Avec le soutien de la Drac Rhône-Alpes, de la Région Rhône-Alpes, du Conseil général de l’Isère, des Services pénitentiaires d’insertion et de probation Centre pénitentiaire de Saint-Quentin-Fallavier / Isère / mars > mai 2008 L’atelier d’écriture comme pratique inventive et collective, comme approfondissement de son rapport à langue et au dire. Décomplexer l’accès au livre, présenter la littérature comme ayant plus de lien avec soi qu’on voulait le croire, comme une matière vivante et non muséale, aiguiser l’intérêt à s’y plonger et replonger, savoir s’orienter dans ses lectures, rendre une part du monde à ceux qui pouvaient en être privés. L’écriture du chœur théâtral La thématique du festival Regards Croisés 2008 est consacrée aux Murs. L’ensemble des propositions textuelles qui traverseront le festival – interrogations sur les frontières qu’elles soient physiques, mentales, géographiques, politiques, sociologiques –, et sur les moyens de les dépasser, nous interpelle d’avance quant à la condition particulière de l’individu incarcéré et aux possibilités de paroles issues de la prison. Les participants à l’atelier sont là pour écrire, pour exprimer leur singularité, singularité qui excède et dépasse largement leur condition circonstancielle de détenus. Comment un dialogue différé avec le festival peut-il se mettre en place ? Nous ne fixons pas un thème aux participants qui prédéfinirait les écritures mais la proposition d’une réflexion en pratique autour d’une forme. Le texte théâtral en l’occurrence, le texte ayant vocation à être dit à haute voix, à être adressé à autrui, et plus précisément le travail autour du chœur. Comment des paroles singulières peuvent-elles s’agencer pour composer une parole toujours multiple certes mais néanmoins commune ? Comment le théâtre devient à partir d’un geste personnel un horizon commun ?

Samuel Gallet

Photos 31 mai 2008

Tuesday 3 June 2008

Photos 30 mai 2008

Monday 2 June 2008

Photos 29 mai 2008

Monday 2 June 2008

LA BRECHE N°6

Saturday 31 May 2008

EDITO

Il y a quelques jours, Brice Hortefeux déclarait à propos de l’immigration en France qu’« il rêvait lui aussi ( ?!) d’une société où les citoyens seraient tous propres et honnêtes. »
La fermeture des frontières, le rejet de l’autre, autant de thématiques proches du thème du festival : l’édification de murs.
Hier, Jalila Baccar et Fadhel Jaïbi ont posé la question de la peur et de l’incompréhension des cultures orientales, inhérentes en Occident. C’est l’incompréhension qui engendre la peur nous dit Araberlin, où une jeune femme « plaque » sa vie occidentale pour se rallier à la cause de son peuple d’origine, devant un mari hébété. Lundi soir, les Ecritures Vagabondes avaient déjà mis en exergue la quantité d’amalgames ancrés dans les consciences occidentales (auxquels on veut nous faire croire…). La triste manie de confondre musulmans et islamistes étant le plus courant. Mardi soir, Elie Karam nous a remis face à ces problématiques de représentation avec Parle moi de la guerre pour que je t’aime… Ou comment le peuple occidental nourrit son imaginaire d’images de guerre sensationnelles et finit par tomber dans un besoin de sensations, de violence, sur fond d’immobilisme compatissant. Ces cinq textes font apparaître au-delà des murs physiques existants, l’immense mur symbolique qui sépare l’Orient et l’Occident. Comment ce dernier part du principe que les deux cultures sont inconciliables pour finalement contaminer l’Orient de cette thèse et mener à l’antagonisme actuel, extrêmement prononcé.
Mercredi et jeudi, les pièces Le Grenier de Yôji Sakate et Urbi de Marine Auriol ont abordé à deux niveaux le thème du mur comme enfermement. L’auteur japonais nous présente dans son texte des jeunes gens qui se privent du contact avec le monde extérieur en s’enfermant dans de minuscules « pièces portatives » appelés les greniers. Symbole du mur de l’incompréhension entre la société japonaise et sa jeunesse.
Dans sa pièce, sorte de fable d’anticipation, Marine Auriol met en scène une société totalitariste qui s’est développée suite à d’une catastrophe naturelle de grande ampleur. Les citoyens qui ont été jugés aptes à vivre à Urbi sont intra muros, les autres survivent comme ils peuvent à l’extérieur. La boucle semble bouclée avec la citation initiale de cet édito…
Ce soir, c’est Himmelweg de Juan Mayorga qui conclut le festival. Mise en abîme de l’acte théâtral en pleine Shoah, les murs auront encore une signification terrible, l’action se déroulant dans un camp de concentration. Lire la suite »

LA BRECHE N°5

Friday 30 May 2008

EDITO

Moins de murs, plus de ponts, pourrait être une phrase gravée au couteau sur la frontière américano-mexicaine. Lorsqu’un mur disparaît l’autre côté tombe aussi, en est une autre, bombée en rouge sur une façade parisienne.
Phrases jetées par des poètes anonymes dans l’illégalité du graf, inscrites dans la nuit comme autant de signes de solidarité rêvée avec ceux qui partagent les mêmes espoirs. La lecture furtive de ces maximes et de multiples autres qui fleurissent dans les tunnels des RER, peuvent illuminer une seconde le marasme dans lequel l’indigence politique actuelle peut régulièrement nous plonger. Depuis quatre soirs, nous parlons des murs tout en nous cognant aux parois que nous essayons d’évoquer. L’existence des uns a une incidence dans la vie des autres. La misère d’un peuple, l’enfermement, l’exclusion a ses conséquences même chez celui qui s’imagine être l’abri, dans un bunker.
Si l’autre est enfermé, réduit, nié, je ne le rencontre plus, et ma vie sensible, intellectuelle est de fait réduite.
C’est sur notre contribution à l’édification des murs que s’interroge la grande majorité des auteurs, sur le trouble qui en découle et sur l’impuissance ressentie. Le texte que nous allons entendre ce soir, d’une grande diversité formelle, se débat avec ces questions complexes et délicates, ruse, fait le détour, multiplie les angles d’attaques. Il sera suivi d’un débat que nous espérons comme chaque soir, vif et passionnant.
L’impérialisme des Etats a mis en terre celui des peuples, chantait Armand Gatti.

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LA BRECHE N°4

Thursday 29 May 2008

EDITO

from : lazgazette@.fr

A 2h, heure du méridien de Greenwich un mail est envoyé d’un motel pourri de Los Angeles où John s’abandonne dans la contemplation du jazz et des moquettes brunes→L’accusé de réception le confirme→Mail reçu dans la minute qui suit au Liban près d’une rivière calme et irradiée→Instantanément une secrétaire neurasthénique portant d’adorables chaussures roses qu’elle ne remettra plus, compose un numéro précédé de 00034 →la sonnerie résonne dans la banlieue de Sapporo, au Nord du Japon→ soudain, un site publie la nouvelle, transmise→Entre temps, le message est intercepté par la base aéronautique chilienne→immédiatement diffusé à l’ensemble des satellites en orbite au dessus de la planète→Brandon, 27 ans , Hacker, et adepte de jeux en réseau et d’onanisme naïf parvient à pirater l’information et en dévie la trajectoire→17h, heure française un signal sonore prévient les membres de Troisième bureau, ils ont reçu un nouveau message→ quelques secondes et quelques gestes plus tard, la gazette jaillit toute chaude de la CANON HP 341-11, elle prend le tramway dans nos sacoches, ballottée dans la foule orageuse, pour arriver dans vos mains curieuses, là, maintenant.
La complexité et l’immensité du réseau virtuel dans ce monde globalisé et glouton dépasse tout ce que l’on peut imaginer au quotidien.
A défaut du voyage, nous voilà pigeonnés.
Mais ce soir, Sakate est là.

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Photos 28 mai 2008

Thursday 29 May 2008

LA BRECHE N°3

Wednesday 28 May 2008

EDITO

Mesdames et Messieurs, nous sommes là pour vous ouvrir les yeux, appelés les relateurs nous sommes livreurs et collecteurs de nouvelles. Nous parcourons la Ville pour livrer la gazette, laissons traîner partout nos oreilles, connaissant tout et tout le monde. Ca c’est la réalité d’Urbi de Marine Auriol, une excursion en ville futuriste, une infiltration dans les fissures, les brèches d’une société dictatoriale.
Avant la pièce de Marine Auriol, détour par Utopie Provisoire, une pièce écrite par des détenus du centre pénitentiaire de Saint-Quentin-Fallavier, dans le cadre d’un atelier d’écritures mené par notre modèle à toutes et à tous, Samuel Gallet.
Embarquement immédiat ! Veuillez attacher vos ceintures et bien vous concentrer sur la gestuelle aérienne des hôtesses de l’air et steward (qui toute leur vie ont rêvé d’avoir les fesses en l’air). Atterrissage, saut en parachute, masque de sécurité, vous avez tout enregistré, vous êtes prêt à décoller. Vous avez le loisir de déguster sur place nos plateaux repas et boissons diverses, en feuilletant les magazines situé dans la pochette du siège avant (dont la célébrissime gazette « La Brèche »). L’infini, l’horizon est à vous, Mesdames et Messieurs. Bon voyage !

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Photos 27 mai 2008

Wednesday 28 May 2008