LA BRECHE N°5
Vendredi 30 mai 2008EDITO
Moins de murs, plus de ponts, pourrait être une phrase gravée au couteau sur la frontière américano-mexicaine. Lorsqu’un mur disparaît l’autre côté tombe aussi, en est une autre, bombée en rouge sur une façade parisienne.
Phrases jetées par des poètes anonymes dans l’illégalité du graf, inscrites dans la nuit comme autant de signes de solidarité rêvée avec ceux qui partagent les mêmes espoirs. La lecture furtive de ces maximes et de multiples autres qui fleurissent dans les tunnels des RER, peuvent illuminer une seconde le marasme dans lequel l’indigence politique actuelle peut régulièrement nous plonger. Depuis quatre soirs, nous parlons des murs tout en nous cognant aux parois que nous essayons d’évoquer. L’existence des uns a une incidence dans la vie des autres. La misère d’un peuple, l’enfermement, l’exclusion a ses conséquences même chez celui qui s’imagine être l’abri, dans un bunker.
Si l’autre est enfermé, réduit, nié, je ne le rencontre plus, et ma vie sensible, intellectuelle est de fait réduite.
C’est sur notre contribution à l’édification des murs que s’interroge la grande majorité des auteurs, sur le trouble qui en découle et sur l’impuissance ressentie. Le texte que nous allons entendre ce soir, d’une grande diversité formelle, se débat avec ces questions complexes et délicates, ruse, fait le détour, multiplie les angles d’attaques. Il sera suivi d’un débat que nous espérons comme chaque soir, vif et passionnant.
L’impérialisme des Etats a mis en terre celui des peuples, chantait Armand Gatti.
































