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Le collectif artistique Troisième bureau oeuvre depuis plusieurs années à une diffusion 'critique' des nouvelles écritures théâtrales. Ce travail a pris sens dans la rencontre entre les auteurs, les acteurs et l'assistance (et pas seulement un public). Depuis 2001, chaque printemps, Troisième bureau organise Regards croisés, temps de rencontre avec les auteurs, fête artistique, intellectuelle, conviviale et événementielle, - consacrée successivement aux dramaturges autrichiens, français, algériens, irlandais, bosniaques, croates, macédoniens, serbes, roumains... -, venant relayer en fin de saison un travail de recherche, d'ateliers et de lectures publiques effectué par le collectif tout au long de l'année.
Regards croisés, c'est l'envie de faire s'interpeller les textes, les langues, les cultures. C'est le désir de croiser nos réflexions avec des auteurs, des acteurs et l'assistance. C'est concevoir le lieu théâtral comme un lieu de vie dans une continuité des espaces dévolus aux lectures, rencontres, café, librairie.
Après deux années de découverte des dramaturgies des Balkans, cette région située Au sud de l'Est de l'Europe, nous consacrons la saison 2006/2007 à l'exil, question d'une permanente actualité. Il sera donc question d'exil(s), et avant tout d'humanité, d'altérité, de l'Autre. Mettre des mots sur des trajectoires de femmes, d'hommes, d'enfants, quand il est trop souvent question de chiffres : chiffre des clandestins noyés au large des côtes africaines, en Méditerranée ou dans le Golfe d'Aden, chiffre des populations fuyant les massacres et la mort au Darfour et ailleurs, chiffre des reconduites à la frontière, chiffre de ce qu'il serait soi-disant possible d'accepter ou pas... Chiffres de la misère du monde et de la nôtre. À quoi sert le théâtre ? Sans doute à 'livrer une parole qui tienne compte de l'humain' et des devenirs individuels
Le collectif Troisième bureau invite à Grenoble durant une semaine des auteurs des quatre continents - Mustapha Benfodil (Algérie), René Bizac (Belgique), Motti Lerner (Israël), Mohamed Rouabhi (France), Naomi Wallace (Etats-Unis) - autour du thème de l'exil avec une question d'une salubre absurdité : Y a-t-il trop d'étrangers dans le monde ?
*'Y avait-il trop d'étrangers dans le monde ?' Question extraite de La Chute des graves, roman d'Arthur Bernard paru aux éditions de Minuit, 1991
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