La sélection 2021 du comité de lecture

LA CARGAISON de Souleymane BAH, 2020 I GUINÉE
Prix RFI Théâtre 2020
Par la voix des défunts eux-mêmes mais aussi par la voix du corbillard ou celle d’une des balles tueuses, ce texte polyphonique narre la mort de onze jeunes victimes tuées dans une répression policière, en référence aux manifestations sanglantes en octobre 2019 à Conakry.


LA MAUVAISE NUIT de Marco BALIANI, 2019 – traduction Olivier Favier et Frederica Martucci, 2020 I ITALIE
Avec le soutien de la Maison Antoine Vitez – Centre international de la traduction théâtrale
Et si Tano, ex-patient fragile d’un hôpital psychiatrique n’était pas sorti cette nuit-là promener son chien ? Et s’il n’avait pas croisé une patrouille de policiers contrariés d’avoir raté l’arrestation d’un migrant ? Un texte sur notre rapport à la violence et à l’exclusion, en écho aux violences policières dans l’actualité mondiale.


ANATOMIE D’UN SUICIDE de Alice BIRCH, 2017 – Traduction Séverine Magois, 2019 I U.K.
Avec le soutien de la Maison Antoine Vitez – Centre international de la traduction théâtrale
Une pièce écrite comme une composition musicale, dans laquelle nous suivons simultanément trois générations de femmes d’une même famille : Carol des années 1970 à 1990, Anna, sa fille, des années 1990 à 2000 et Bonnie, la petite-fille dans les années 2030. Anatomie d’un suicide aborde les problématiques de la transmission d’un traumatisme d’une génération à l’autre et du rapport à la maternité.


UMAMI, LA QUÊTE DE L’ULTIME SAVEUR de Myriam BOUDENIA, 2020 I FRANCE
Dans la culture japonaise, aux côtés du sucré, de l’amer, du salé et de l’acide existe une cinquième saveur appelée l’Umami et pouvant notamment être traduit comme délicieux. Une vieille femme à la mémoire éparse convoque ses souvenirs et ses fantômes pour donner corps à l’Umami dans un monde entre onirisme et réalité.


PAS MORTES de Svenja Viola BUNGARTEN, 2018 – Traduction Ruth Orthmann, 2020 I ALLEMAGNE
Avec le soutien de la Maison Antoine Vitez – Centre international de la traduction théâtrale
Deux femmes âgées et amantes, Beate et Ute K, rêvent de passer le reste de leurs jours sur l’île japonaise d’Okinawa. Pour réunir l’argent nécessaire au voyage, elles vendent la nuit les médicaments de Willi le mari d’Ute. Un texte plein d’humour et à l’énergie contagieuse qui nous interroge sur le rapport à la vieillesse et à la mort dans notre société moderne.


GLORIA GLORIA de Marcos CARAMÈS-BLANCO, 2019 I FRANCE
Aide à la création ARTCENA – automne 2019
Rita nous raconte vingt-quatre heures décisives dans la vie de sa meilleure amie Gloria. Il est 5h45 et comme tous les matins Gloria se lève pour une nouvelle journée dédiée à son compagnon au chômage et à une vieille femme exigeante dont il faut nettoyer sans se plaindre le domicile. Dans ce quotidien répétitif et aux fins de mois difficiles, un accident va faire basculer
son destin… Un road movie brûlant.


LA VIANDE de Anaïs de CLERCQ, 2019 I FRANCE
En attendant la fin des travaux de leur maison, Babette vit chez sa belle-mère, Anissa, avec Alexis son compagnon, et leur bébé. Alexis travaille beaucoup ; Babette, autrice de théâtre, se cherche. Les tensions sont fréquentes avec sa belle-mère qui lui reproche pêle-mêle de ne pas savoir élever son bébé, de mal s’occuper de son mari… Un huis-clos sur la confrontation des générations et des cultures.


LA SŒUR DE JÉSUS-CHRIST de Oscar DE SUMMA, 2015 – Traduction Frederica Martucci, 2019 I ITALIE
Avec le soutien de la Maison Antoine Vitez – Centre international de la traduction théâtrale
Dans un village du sud de l’Italie, la jeune Maria sort de chez elle un pistolet Smith & Wesson 9 mm à la main. Elle traverse son village sans un mot. Pas après pas, l’histoire se reconstitue à travers les portraits et les paroles des villageois sur son sillage. Une traversée haletante, dans une ambiance de western, où il est question du mythe de la virilité et de la violence inhérente à la nature humaine.


ABYSSES de Davide ENIA, 2017 – Traduction Olivier Favier, 2019 I ITALIE
Avec le soutien de la Cie Tandaim – NEST CDN transfrontalier de Thionville Grand-Est
Aide à la création ARTCENA – automne 2019
Un récit bouleversant où s’entremêle les drames humanitaires sur les rives de la Méditerranée à Lampedusa et l’histoire intime et familiale du narrateur. Un texte de théâtre-récit d’une grande sensibilité et porteur d’espoir en l’Humanité.


CINQ DANS LE NID de Cordelia LYNN, 2018 – Traduction Blandine Pélissier, 2019 I ANGLETERRE
Avec le soutien de la Maison Antoine Vitez, Centre international de la traduction théâtrale
Une maison bourgeoise d’une famille blanche. Des attentats ont lieu à Londres et Imogen, l’une des filles de la famille, a relayé l’hashtag #porteouverte sur les réseaux sociaux. Arrive John, d’origine pakistanaise. Toute la famille fait bonne figure pour l’accueillir. Mais quand, au fil de la nuit, il refuse d’ôter son manteau, de boire un verre de vin, d’ouvrir son sac à dos, tous se demandent qui est John…


LE DRAME DE MIRJANA ET DE CEUX QUI L’ENTOURENT de Ivor MARTINIĆ, 2007 – Traduction Karine Samardžija, 2019 I CROATIE
Avec le soutien de la Maison Antoine Vitez, Centre international de la traduction théâtrale
Aide à la création ARTCENA – automne 2019
Comme sortis du cours de ses pensées, Mirjana dialogue avec ses proches : sa fille Veronika, adolescente qui rêve d’Amérique, son amie Grozdana, qui planifie son suicide, Lucio l’amant d’un temps, Simon son ex-mari parti refaire sa vie en Allemagne, Jakov son patron, Ankica l’épouse bafouée de ce dernier, et Violeta sa mère insatisfaite. Un texte comme un carrousel de vies empêchées, sur les désillusions de l’amour et les menus plaisirs du quotidien, porté par l’écriture incisive de l’auteur.


X de Alistair MCDOWALL, 2016 – Traduction Vanassey Khamphommala, 2019 I U.K.
Avec le soutien de la Maison Antoine Vitez – Centre international de la traduction théâtrale
Une équipe scientifique en mission sur Pluton a perdu tout contact avec la Terre. Et conséquemment la notion du temps. Tout se brouille entre présent et souvenirs, rêves et réalité, et d’étranges visions troublent la vie de la base. Sur Terre, les arbres ont disparu et les oiseaux sont morts. La pièce sonne comme une équation dont les inconnues seraient le temps et l’identité.


CE QUE VIT LE RHINOCÉROS LORSQU’IL REGARDA DE L’AUTRE CÔTÉ DE LA CLÔTURE de Jens RASCHKE I 2013 – Traduction Antoine Palévody, 2019 I ALLEMAGNE
Avec le soutien de la Maison Antoine Vitez – Centre international de la traduction théâtrale
L’Ours, nouvel arrivant au zoo du camp de Buchenwald – zoo ayant véritablement existé – s’interroge sur les “rayés” et les “bottés” de l’autre côté de la clôture, la mort mystérieuse du rhinocéros, l’absence d’oiseaux aux alentours. Papa Babouin quant à lui préfère profiter des avantages qu’offre la situation en donnant le meilleur de lui-même lors de la visite des “bottés”. Une fable politique qui pose la question du rapport de l’individu au groupe et de l’engagement. Alors, Ours ou Babouin ?


CANNE À SEL et LE CORPS DES VIEUX de Anooradha RUGHOONUNDUN, 2017 et 2018 I FRANCE / MAURICE
Canne à sel est un récit initiatique : une femme apprend la mort de sa mère et rejoint Paris, où celle-ci va être incinérée “comme les blancs”. Le décès de sa mère est l’occasion pour la fille de revenir sur l’histoire de ses origines. Dans Le Corps des vieux, une aide à domicile raconte son contact quotidien avec le corps des personnages âgées pour lesquelles elle travaille et évoque en contrepoint ses nuits avec le corps pleins des hommes sur qui se reposer pour mieux supporter les corps creusés des vieux.
Deux courts textes, à la forme très poétique.


EMBROUILLEURS ! de Jan SOBRIE, 2018 – Traduction du néerlandais Esther Gouarné, 2020 I BELGIQUE
Avec le soutien de la Maison Antoine Vitez – Centre international de la traduction théâtrale
Ebenezer vient d’emménager avec ses parents dans un HLM et rencontre Sam qui y vit depuis sa petite enfance. Les deux enfants se nouent d’amitié et font preuve de solidarité face à l’adversité et la mise à l’écart qu’ils subissent. Ils ne rêvent pourtant que d’une chose : pouvoir participer à la classe de neige ! Un texte qui parle avec sensibilité des inégalités et de l’exclusion sociale.


LES ÉCHOS DE LA FORÊT de Mathilde SOUCHAUD, 2020 I FRANCE
Une maison de vacances, au bord de l’océan. Deux soeurs, Sophie et Elena, y organisent des retrouvailles familiales. Un chevreuil s’est encastré dans la baie vitrée et pas moyen de l’en retirer. Il sera donc là à l’arrivée de toute la famille. L’alcool aidant, on apprend que Sophie n’est pas la fille biologique de son père, ce que tout le monde sait, sauf le père. Les langues se délient. Mais Sophie et Elena veillent…

SAUVEZ LA DATE :
Nous espérons que la 21e édition du Festival Regards croisés – festival des nouvelles écritures théâtrales, pourra se tenir du 5 au 10 mai prochains au Théâtre 145 – TMG, Grenoble.